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Biographie

Kampfar

Né des cendres de Mock, Kampfar est le projet d’un homme : Dolk. Initié en 1994, le groupe sort rapidement une tape aussi exclusive que dégueulasse mais qui décide Season Of Mist à les signer pour un ep éponyme. C'est en 1997 que la véritable œuvre du groupe voit le jour, chez Malicious Records. Mellom Skogkledde Aaser offre l’un des premiers véritables disques de Pagan Black Metal norvégien et devient dès lors culte pour beaucoup. L’année suivante, ils quittent une nouvelle fois le label qui l’accueille pour rejoindre les rangs de Hammerheart pour la parution d’un rp (Norse) et du deuxième album du groupe Fra Underverdenen. Pas vraiment doué pour les relations avec les labels, Dolk quitte une nouvelle fois en 1999 la maison qui l’accueille et s’en suivent de nombreuses et obscures joutes entre le norvégiens et ses trois labels successifs pour de sombres histoires de droits d’auteur.
C’est finalement en 2003 que les histoires s’éclaircissent et que Kampfar peut enfin reprendre ses activités avec un line-up stable. En 2006 voit le jour Kvass, troisième album du combo, qui renoue avec les racines norvégiennes du groupe et sort chez Napalm Records. Les norvégiens y sortent Heimgang en 2008, ainsi que Mare en 2011 avant de signer chez Indie Recordings qui édite coup sur coup Djevelmakt en 2014 et Profan en 2015.

Chronique

13.5 / 20
4 commentaires (17.5/20).

Kvass ( 2006 )

Kampfar fait partie de ces groupes de black metal considérés comme cultes, mais dont la renommée reste somme toutes très limitée, surtout dans des contrées éloignées de la norvège. Tapis dans l’ombre, les admirateurs de la discrète personnalité qu’est Dolk espéraient pourtant secrètement que l’entité norvégienne renaisse de ses cendres, et il ne tenait qu’à lui de reconstituer un line-up solide et de sortir un nouvel album. Napalm Records, label autrichien, a offert sa chance au groupe, et on les comprend tant le groupe bénéficie toujours de l’aura qu’il a su se créer à une époque presque lointaine. Kvass est le nouvel opus d’un groupe regretté mais dont peu espéraient encore quelque chose, tant les groupes de black vont et viennent, mais aussi à cause des déboires du norvégien.

Pas de doute possible pourtant, Kvass est bien l’œuvre de Kampfar. Il offre un black metal pure et classieux, dans l’immaculée tradition norvégienne pagan, dont le groupe est d’ailleurs l’un des précurseurs, tant au niveau de l’ambiance que du son. Sans tomber dans de ridicules  clichés, la musique des norvégiens semble pourtant tout droit jouée du haut de cimes enneigées, où le froid et le blizzard ont repoussé toute présence humaine durant les longs mois de l’hiver. Là pourtant, Dolk et ses sbires, torses nus, les cheveux au vent, sous le traître soleil, crient leur amour de la nature et des traditions ancestrales. Leurs complaintes sont faites de mélodies belles et glaciales, sorties par des guitares entremêlées entre arpèges et accords massifs et ambiants. Le chant du mentor se fait abrasif, éraillé comme jamais, nous délectant pourtant distinctement de chaque syllabe de ses textes norvégiens et offrant même un semblant de mélodie à ses hurlements infernaux. Pourtant, Kvass n’est pas l’un de ces disques de black à la brutalité et à la haine abjectes, la musique qu’il contient est déversée presque avec calme et volupté. La batterie soutient l’ensemble de manière lancinante, malgré quelques passades plus virulentes, mais l’ensemble laisse indéniablement une impression de sérénité (Til Siste Mann). Kampfar crée son univers, développe ses lamentations esthétiques et uniques sur ses longs titres, et l’on se laisse prendre au fil d’un album qui fait retrouver (ou découvrir, c’est selon) une atmosphère propre au groupe. A l’instar d’un Windir ou d’un Drudkh, la musique orchestrée par Dolk est le fruit d’une alchimie connue de lui seul, aux frontières de voyages épiques, de mélancolie et d’esthétisme, qui donne un résultat unique et reconnaissable entre tous parmi l’incroyable quantité de groupes de black metal norvégiens encore vivants.
Le seul reproche que l’on pourra faire à ce Kvass, encore qu’il soit totalement subjectif selon la manière dont on aborde la scène black metal, c’est d’être « un album de plus ». Kampfar renaît des enfers, mais Kampfar n’apporte rien. Sa nouvelle offrande sonne fatalement très old school et l’on peut s’en lasser, tant le genre a été exploré au cours des années. Et cela parait contradictoire puisque je l’ai dit, le groupe sonne comme nul autre, possède son univers unique. Seulement voilà, des tas d’autres formations sont passées par là depuis toutes ces années, copiant ou non, mais approchant fortement la recette, et elle n’a certainement plus la même saveur. Kvass peut même se révéler lassant, malgré sa richesse, mais son concept même y conduit.

En définitive, Kvass plaira à tous les trves blackeux sans le moindre doute, et en particulier à ceux qui regrettaient le groupe. Les aficionados de l’underground grouillant et de l’esprit norvégiens dégusteront avec plaisir ce nouveau disque de Kampfar qui révèlera son âme pourtant trop vue après quelques écoutes. Dans le cas contraire, pour les simples « amateurs » de black, il sera difficille de ne pas voir en Kvass autre chose qu'une sortie parmi d’autres, pas dégueulasse mais pas exceptionnelle, sur lequel on passera malheureusement bien vite.

 

Pour écouter : Myspace

A écouter : pourquoi pas?