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Biographie

June Paik

June Paik (nom emprunté au créateur de l'Art vidéo) est un groupe formé à Donauwörth en Allemagne, composé de Daniel, Patrick, Ulli et Sebastian. Inspiré de l'emo violence d'outre atlantique (Orchid, Union Of Uranus), June Paik a d'abord présenté à ses débuts une musique gorgée de violence avant d'intégrer au fil du temps une dose d'expérimantation et de romantisme musical. En 2003, c'est donc un premier 7" qui sort chez React With Protest (Comadre, La Quiete) appelant 3 ans plus tard un 12". Entre temps, le combo aura fait deux apparitions sur des compilations: Emo Armageddon et Emo Apocalyspe. Aujourd'hui June Paik est considéré comme un des fers de lance de la scène screamo allemande.

14.5 / 20
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June Paik ( 2013 )

Cela faisait 5 ans que June Paik avait plongé dans le silence. Mis à part l'excellent "Glenzwert" sur le split partagé avec Battle of Wolf 359 en 2010, les Allemands n'osaient plus éclater l'abîme. Soudain, toujours plus repliés sur eux-mêmes, groggys, ils émergent timidement cette année avec un nouvel EP, éponyme. Une marche supplémentaire dans leur discographie. Oh, pas vers le haut, non. Regardez plutôt vers le vide.

"Elmsfeuer", en ouverture, sonne comme la charge d'un nouveau combat sans illusion. Les dernières forces sont déjà jetées, et l'on sait que le disque ne sera qu'un long glissement dans le noir. La recette éprouvée par June Paik est connue, alternant les barrières sonores menaçantes et les terrains mélodieux illuminés d'une triste clarté, ces rares échappées qui se brisent sur des rythmiques définitives aux notes acérées. Il y a dans ces ruptures des fragments d'art éparpillés.

Sincère, le groupe continue de jouer la carte du dépouillement, abandonnant tout mastering pour laisser parler la poudre. Le jusqu'au-boutisme exigeant du quintette revêt désormais la forme d'un Black Metal chaotique qui ne dit pas son nom. C'est le côté abrasif du son qui enflamme la passion, c'est le raclement des instruments qui vrille l'esprit, comme un vertige sans nom prenant son auditeur à corps défendant. D'où provient cette voix, fendue par le tourment, noyée dans la tempête? J'ai mal de l'entendre se déchirer ainsi.
A peine avait-on auparavant senti chez June Paik cette désolation, comme sur "Mit Abstand", qui précède l'effondrement des convictions. Encore une fois, il n'y a pas d'échappatoire.

L'écoute de June Paik est profondément solitaire; cet EP ne dérogera pas à la règle et nous renvoie ce constat en pleine face. Les années passent, mais nous errons tous à l'aveugle.

A écouter : 4 titres

Split avec Battle Of Wolf 359 ( 2010 )

Assurément deux bourrins bien placés dans le quintet de tête des groupes les plus intéressants du moment. Deux formations pour trois titres. Les allemands tout en longueur avec un morceau peut-être moins personnel que ceux auxquels ils nous ont habitués. "Grenzwert" est une longue fresque mélancolique où June Paik alterne entre l'épique et l'obscur, parfois puissant et malsain comme Alpinist, parfois atmosphérique comme Fall Of Efrafa. Pas des plus original à l'heure où se multiplient les groupes se réclamant des deux formations pré-citées (Minuala, Downfall of Gaia...) mais un titre qui fonctionne à merveille, nous achevant avec un final renversant.

A t-on besoin de rajouter quelque chose sur Bow359 ? A Metalorgie on adore les anglais et on surveille de très prés toute nouvelle production émanant de Samantha et de sa bande. Depuis la première démo, les anglais accumulent les perles, nous surprennent à chaque voyage par leur inspiration, leur sens de l'équilibre reposant sur la puissance du tomahawk et la finesse du crin-crin. Leur contribution au split ne déroge pas à la règle. Une production toujours à l'arrache - mastering es-tu là ? -  pour deux titres gorgés de jus à tomber avec mention spéciale pour l'aventureux et catchy "We Can't Go On Like This". Resistance is still futile.  

 

Tracklist : 1. Grenzwert, 2. We Can't Go On Like This, 3. Eclipse Chasing

A écouter : Grenzwert (JP), We Can't Go On Like This (BOW359)
15 / 20
1 commentaire (17/20).
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June Paik ( 2008 )

Lorsqu’on souhaite qu’un corps touche le fond et s’incruste dans la vase, l’habitude veut qu’on le leste avec une corde et une pierre. Désireux de racler les abysses et de boire à son obscurité, June Paik utilise à présent pareil procédé pour parler à son auditeur.
June Paik 10’ est enchaîné aux profondeurs par des sacs de pierre.

L’artwork magnifique signé Daniel Danger est éloquent. June Paik a ce quelque chose de Van Gogh dans son approche de l’art, ce quelque chose de déréglé, de vertigineux, de fou.
Nuit noire, étoiles nébuleuses et hommes décharnés : voici l’allégorie de l’existence, l’errance jusqu’au gouffre. Par ce tableau, June Paik illustre sa musicalité, composée de nausée et de cris fracturés. Les mots ne sont plus distincts. Ils sont recouverts par l’amas de cordes qui p(r)end l’espace et le condamne. I, II, III, IV. Aucun titre, aucun nom, aucune lumière. June Paik ne croit plus aux prières. Le Ep revêt alors un aspect quasi étouffant, maladif jusqu’à la perte, bruitiste jusqu’à l’assourdissement. La formation allemande prouve ici une nouvelle fois sa capacité à faire défiler les tombés d’instrument dans un martèlement à la sauvagerie effrayante (I, II), tout en relevant en fin de bataille, la tête de sa dépouille, pour lui donner un baiser céleste (la touche screamo/post du groupe déjà entrevue par le passé s’exprime dans ces moments de manière monumentale : Cf. les impérieuses et majestueuses 8 minutes de IV).
La mort lui va si bien.

Plus sombre encore que ses précédents efforts, June Paik confirme, en bon chef de file de l’école screamo allemande moderne, son statut de groupe à la silhouette racée et abrasive, capable de jouer avec des braises dans la bouche et de donner au screamo sa forme si belle et si unique : quelque part entre la rage et l’extase.

En écoute sur myspace.

A écouter : I, II, III, IV
16 / 20
1 commentaire (17/20).
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June Paik ( 2006 )

Micro recouvert de ronces, batterie chargée de dicter la sentence, le screamo de June Paik martèle l’azur et noie les espérances au milieu d’une atmosphère musicale calcinée. Le tragique est là, brûlant, sous une pluie d’acide mélo-sulfurique, offrant une décharge émotionnelle d’une rare intensité. Ecorché, condamné, enfermé dans un espace qu’il pulvérise en rampant, JP (s’)assassine en 6 titres, au milieu des coulées de riffs et des écumes de lave.

Si le groupe de Donauwörth, dans ses premiers pas, avaient pris la trace de la scène canadienne des années 90 (Union Of Uranus, One Eyed God Prophecy ), la tendance avec ce EP de 2006 est moins à la saturation sonore. Le hurlement, en arrière fond, luttant contre les éléments, rappel toujours cette filiation mais les structures, elles, font désormais une large place aux intrusions postcore. Inévitablement, l’impact de cette ambivalence fait songer aux ouragans d’Envy, tant par la teneur abrasive des apoplexies vocales que pour les intrusions dans les drapés mélodieux et crépusculaires ("Und Wieder" ou "Recherche" et ce roulement de batterie caractéristique des japonais). Au jeu des similitudes, "Grobes Rund" va même jusqu’à explorer sans le savoir l’effet pédale sur guitare qu’on retrouve sur "A Warm Room" sorti à la même époque (Insomniac Doze étant également paru en 2006).

Mais qu’on n’en doute pas un seul instant, June Paik n’est pas un clo(w)ne. Les allemands dégoulinent de ce gris désespéré, passé par le conduit des viscères, mêlé à la boue de l’existence et recraché en bloc. La nausée au bord des lèvres, la mélancolie perlée aux bouts des accords ("Grobes Rund", "Schmelzpunkt"), June Paik possède ce don capable d’élever la rage au rang d’œuvre d’art.
Le silence a désormais une réponse.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Und Wieder", "Grobes Rund" ou "Recherche"