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Biographie

Joe Satriani

Joe Satriani fait partie de ces guitaristes que l'on surnomme « Guitar Hero » en raison de leur virtuosité. Né en 1956 à Long Island, il fait ses premières armes à 9 ans sur une Fender Stratocaster. La mort de Jimi Hendrix en 1970 le touche énormément et lui donne alors l'irrémédiable envie d'exceller dans son art. Il devint très vite doué, et enseigna la guitare à Berkley un bref instant, et parmi ses élèves on retrouve notamment Steve Vaï, Kirk Hammett (Metallica), Alex Skolnick (Testament) et Larry Lalonde (Primus).

Après quelques expériences infructueuses dans le milieu musical (Squares, le label Rubina Records...), il sort son premier album solo en 1986 : Not of This Earth, qui fit un bide retentissant. Il faut attendre 1987 et le fameux Surfing With The Alien pour que Joe Satriani se révèle au monde entier. Il a depuis lors cartonné avec tous ces albums, dont on retiendra principalement The Extremist, Time Machine et Crystal Planet. Outre son niveau technique exceptionnel (utilisation du taping, du switch...), la carrière de Satriani est marquée par un profond éclectisme puisqu'il se plait à varier les styles, en passant par le Rock, le Jazz, le Boogie, le Blues...

En 1997 il prend tout le monde à contre-courant en sortant avec Eric Caudieux un album électro très controversé : Engines of Creations. Cette expérimentation ne dura qu'un temps puisque Satch retourna vite vers la musique qu'on lui connaissait, et ce dès son album suivant, Strange Beautiful Music, puis Is There Is Love In Space confirma en 2004 son retour sur la scène Rock.

En 2006, après une tournée en Inde pour la première fois de sa carrière, Joe Satriani sort l'album Super Colossal, qui sera suivi par un double live sobrement intitulé Satriani Live!. En 2008, rebelote : il sort un nouvel album studio Professor Satchafunkilus and the Musterion of Rock et un autre live en DVD Live In Paris : I Just Wanna Rock.C'est à cette période qu'il fonde le groupe Chickenfoot avec deux anciens membres de Van Halen, Sammy Hagar au chant et Mickaël Anthony à la basse, et le batteur des Red Hot Chili Peppers, Chad Smith. Pour le moment, ce side-project n'a sorti qu'un seul album, éponyme, en 2009.

En 2008 toujours, Joe Satriani poursuit en justice le groupe Coldplay, les accusant d'avoir plagié sans autorisation sa chanson If I Could Fly (tirée de l'album Is There Love In Space?) pour leur chanson Viva la Vida (la mélodie de la guitare chez Satriani et la mélodie du chant chez Coldplay se ressemblent un peu il est vrai). Coldplay se serait défendu en affirmant que la chanson de Satriani manquait d'originalité et qu'elle ne devrait même pas être protégée par les droits d'auteur. On ne sait pas précisément comment cette histoire s'est terminée, un accord transactionnel ayant apparemment été signé entre les parties. Plus tard, Cat Stevens (alias Yusuf Islam) a déclaré que Coldplay avait en fait copié sa chanson Foreigner Suite, pas celle de Satriani...

En 2010, le Satch participera au Experience Hendrix Tribute Tour, et il prêtera sa voix (avec les autres membres de Chickenfoot) au dessin-animé Aqua Teen Hunger Force. En fin d'année, il sort son treizième album studio, Black Swans and Wormhole Wizards, qui, après l'épisode Chickenfoot, marque une sorte de retour aux sources pour lui, avec un album plus prog, avec des influences jazz-rock, et qui pourra rappeller Surfing With The Alien.

2012 sera marqué par la sortie d'un DVD/Blu-ray live en 3D : Satchurated: Live in Montreal. Et en mai 2013 sortait son dernier album studio en date, Unstoppable Momentum.


:: Le G3 ::

Le G3 est une tournée intégrant trois « Guitar Hero » et vit le jour en 1996 sur l'initiative de Joe Satriani. Chaque guitariste joue quelques uns de ses titres, puis les trois se retrouvent ensemble sur scène en fin de concert pour jammer sur divers titres. La première édition comptait en son sein Joe Satriani, son ami et ancien élève Steve Vaï, et Eric Johnson. L'année suivante se passa avec Steve Vaï et Adrian Legg aux States, et avec Kenny Wayne Shepherd et Robert Fripp en Europe. Le G3 de 1998 n'eut lieu qu'en Europe, et y figuraient Michael Schenker et Uli Jon Roth. 2000 marqua la reformation du line-up original du G3 pour un concert spécial en Malaisie.
John Petrucci (Dream Theater) rejoignit Vaï et Satriani en 2001 pour ce qui est considéré comme le meilleur G3 à ce jour ! L'édition suivante en 2003 fut moins appréciée en raison de la présence de Yngwie Malsmsteen, guitariste exceptionnel d'un point de vue technique, mais ô combien froid dans son jeu. Ce G3 déboucha néanmoins sur une sortie CD/DVD : Rockin' in the Free World. John Petrucci se joignit de nouveau à Satriani et Vaï pour la tournée de 2005, qui fit également l'objet d'un enregistrement, à Tokyo. Deux tournées G3 ont eu lieu en 2006 : Joe Satriani, John Petrucci et Eric Johnson (Amérique du Sud) et Joe Satriani, John Petrucci et Steve Vai (Australie). Joe Satriani et John Petrucci remirent le couvert en 2007, cette fois accompagné par Paul Gilbert. Les dernières tournées G3 en date se sont déroulées en 2012 avec au programme Joe Satriani, Steve Vai et Steve Morse pour l'Europe, Joe Satriani, Steve Vai et Steve Lukather pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et Joe Satriani, John Petrucci et Steve Morse pour l'Amérique du Sud.

Chronique

Shockwave Supernova ( 2015 )

On pourrait croire que tout est acquis pour un virtuose de la trempe de Joe Satriani, il n’en est rien. La cinquantaine passée et pas moins de 15 disques, la carrière du “maestro” fait partie des plus prolifiques du paysage musical actuel. Satch revient avec Shockwave Supernova, du nom de son alter ego développé sur scène, un album centré sur les pensées et transformations de ce dernier. On y retrouve, entre autres, les musiciens de The Aristocrats Bryan Beller et Marco Minnemann, ainsi que Mike Keneally qui l’accompagnent en live depuis plusieurs années. Avec des créations intégralement instrumentales, expliquer un concept est un défi à la hauteur de ce génie de la 6 cordes.

Le premier élément notable est l’évolution stylistique le long des 15 morceaux. La tendance beaucoup plus boogie vers le début dans Crazy Joey ou In My Pocket, nous montre que "Shockwave Supernova" est un avatar excentrique et une part intégrante de l’homme. Cataclysmic marque un point de rupture par sa tonalité plus grave et son rythme saccadé. Après A Phase I’m Going Through, l’artiste semble tourner une page et transformer ce personnage en une autre entité avec laquelle il est plus en accord. Cette progression montre une remise en question profonde de la musique et de son influence psychologique. Traduite avec brio, on ressent la volonté qui anime Satriani au travers des différentes variations qui aboutissent à un équilibre lors de l’outro.

Le style de Satch a toujours été très varié, passant d’un solo où les notes cascadent avec fluidité au blues groovy, le succès du guitariste passe par sa versatilité et sa faculté à réinventer son jeu tout en gardant une signature propre. On ne sera donc pas surpris d’entendre San Francisco Blue sonner blues et There Is No Heaven pop des années 80. La capacité du maître à créer des refrains forts avec seulement quelques notes est toujours aussi impressionnante : il n’a pas besoin d’enchaîner des plans techniques pour faire des mélodies mémorables permettant d’identifier clairement chaque composition. On pourra regretter néanmoins son caractère prévisible et sans réelle prise de risques : Satriani fait ce qu’il sait faire de mieux et ne cherche pas à être en rupture avec le reste de sa discographie en proposant des constructions simples déjà entendues auparavant.

Le changement majeur vient de la section rythmique. Jouer en live avec le même line-up depuis plusieurs années créé une dynamique de groupe, ici soutenue, pour quelques morceaux, par trois musiciens de session. Cette synergie permet au backing band de dépasser son rôle d’accompagnement et de vivre indépendamment. Bien plus dans la nuance et la finesse auparavant, il apporte une réelle plus-value à l’image du jeu de cymbales de Marco Minnemann dans Stars Race Across the Sky. Les arrangements et la production de John Cuniberti et Satriani viennent habiller avec brio les compositions, dans Goodbye Supernova une guitare sèche s’est glissée pendant seulement quelques secondes en arrière-plan lors d’une transition. Le sens du détail pourrait échapper à l’auditeur au premier abord mais il est poussé à l’extrême et donne un caractère complet à l’œuvre.

Lorsque l’on appréhende pour la première fois Shockwave Supernova, il n’est pas évident de deviner qu’il s’agit d’un concept album. Il est nécessaire de le réécouter plusieurs fois et connaître l’actualité de l’artiste pour en saisir toutes les subtilités. Il n’en demeure pas moins de bonne facture, et même s’il ne marquera pas l’histoire au même titre qu’un Surfing With The Alien ou un Cristal Planet c’est un tournant vers une autre manière de composer et de jouer sur scène.

A écouter : Shockwave Supernova - Crazy Joey - Goodbye Supernova