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Biographie

JMPZ

Quatuor originaire de Mâcon, JMPZ sévit depuis plusieurs années sur les scènes à grands coups d’une fusion à géométrie variable séduisant toujours plus d’amateurs de métissage sonore. Après un premier album en 2001 et un second particulièrement bien accueilli en 2004, le groupe revient en 2008 avec Sound Asylum, annonçant un lineup partiellement renouvelé et une bonne dose d’idées fraîches en réserve. Un album qui devrait définitivement les imposer comme un groupe avec lequel il faut compter, si ce n’est déjà le cas.

Chronique

16.5 / 20
3 commentaires (17.17/20).
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Sound Asylum ( 2008 )

JMPZ vient tout droit de Mâcon. JMPZ fait de la musique depuis le début du siècle. Et surtout, JMPZ est complètement infoutu de se caler sur un style bien précis. Alors à défaut on parlera de Fusion. Rappelez vous, JMPZ, ce sont déjà eux qui ont commis Cyclothymique et surtout un terrible Subsonic suivi d'une tournée non moins superbe. Non? Vous ne vous rappelez pas? Bon, et si je vous parle d'Inuendo (non, pas le titre de Queen!)... Ah, déjà certains semblent enfin commencer à réagir, en bons accrocs de Metalorgie qu'ils sont. Inuendo, on vous en avait parlé il y a un bout de temps déjà: Fusion made in France avec du membre de JMPZ un peu à tous les étages. Un fort bel album témoin de l'inspiration prolifique des gars. Mais en attendant, on ne vous avait toujours pas parlé d'avantage de JMPZ, qui sévit pourtant depuis un bail sur la scène alternative française. Erreur réparée à l'occasion de la sortie de leur troisième album Sound Asylum en ce début 2008.

Afin de finir de bien planter le décor, continuons par une revue des forces en présence: Une batterie, deux (!) basses, quelques samples, un Didgeridoo, des racines Dub, Metal, Tribales, Rock, Electro, Indus... et une classification possible aux cotés des Tambours du Bronx, Ez3kielKaophonic Tribu, Hlight Tribe, Prajna, La Phaze, Domb ou encore No One Is Innocent. On aurait pu continuer encore longtemps à vrai dire... JMPZ est un peu à la musique ce qu'un trou noir est à l'Espace tant ils semblent aspirer tout ce qui passe à leur portée.

Cet album voit l'arrivée d'un petit nouveau au poste de Didgeridoo: Rudy, aka Zalem, remplace Steph qui aura sûrement marqué quiconque ayant vu le groupe sur scène par la sa prestance. Premières craintes pour un premier changement majeur. Néanmoins il prouvera vite ses qualités au cours de terribles envolées. La promo nous annonce aussi la participation de Reuno (Lofofora), Sir Jean (Meï Teï Shö), Zed (ex-Spicy Box), de Yasmina et Nadia (Lo'Jo) et de Gilles (Missing). Encore une nouveauté. Jamais le groupe n'avait eu autant d’invités sur une des ses productions et si on ajoute le graphisme de l'album composé par Iradian (Ez3kiel) et une production confiée à Nicolas Matagrin (Le Peuple de L'Herbe, High Tone...) ça commence à faire vraiment beaucoup de nouveautés et de (beau) monde.

Et force est de dire que la les premières écoutes s'en ressentiront indéniablement pour tout fan de l'époque Subsonic. Les mélodies se veulent plus saccadées, les basses plus abrasives et le chant puissant de Steph a disparu au profit d’intervenants multiples tels que Reuno (Bizarre) ou Sir Jean (la tubesque Man is a man) par exemple. Cependant un petit quelque chose nous empêche de vouloir en rester là. JMPZ est plus abrupt, et moins directement transcendant qu'auparavant mais quelques détails notables accrochent déjà l'oreille un peu partout. Le groupe est loin d'être mort.
Schizophonic nous rapelle No One Is Innocent. Dur de ne pas penser un instant à Nine Inch Nails à l'écoute d’Extinction need. Les sonorités de Freedom, nourri aux samples d'un discours de Martin Luther King Jr, les rapprocherait, elles, d'avantage du Dub-rock de Guns Of Brixton. Et bien évidemment Bizarre, interprétée avec Reuno, fait appel à la case Lofofora de notre cerveau... Grand écart sans forcer  pour un groupe qui explose allègrement les barrières stylistiques. Oubliez vos repères habituels sans quoi cet album risque de vous échapper. Accessible, celui ci n'en est pas pour le moins assez déroutant, le groupe alliant toujours plus sonorités exotiques et tribales à d'autres, d’avantage métalliques et électroniques. Spoken word et rythmique drum'n bass sur Ici Nous sommes ou Gun is not an argument et ses lignes de basses (qui doivent passer en revue à peu près tout ce qu'il se fait d'énergique et groovy), soulignés par un le Didgeridoo et un Muduri (sauf erreur de ma part) illustrent à merveille ce melting pot remuant.

JMPZ trace son chemin, osant tout mais sûrement pas n'importe quoi, se fait plaisir et encore une fois et nous fait plaisir en pratiquant sa musique au style intégralement libre. Moins évident que la discographie l'ayant précédé Sound Asylum déroute et envoûte cependant toujours autant par son énergie positive. Tout et rien n'a changé à la fois. JMPZ vient peut être de nous sortir un des meilleurs albums de fusion de la scène française depuis longtemps. JMPZ a encore frappé.

A écouter : Beaucoup!