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Biographie

Irepress

Groupe formé en 1997, Irepress ne fait pas partie des formations les plus prolifiques du monde, en témoigne leur discographie des plus réduites. La quantité ne fait cependant pas la qualité, c'est bien connu et, malgré leur grande discretion, les américains font désormais sans conteste partie des ténors de la scène progressive entre Metal et Postcore, aux cotés de Pelican ou encore Isis. Ce statut est confirmé par leur troisième album, Sol Eye Sea I, qui sort début 2009.

Chronique

17 / 20
3 commentaires (17.5/20).
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Sol Eye Sea I ( 2009 )

Irepress aura pris son temps pour sortir ce disque… les amateurs de la première heure ont du se poser des questions quand à l’orientation que ces américains un peu insaisissables allaient bien pouvoir prendre après un Samus Octology déjà réussi. Les autres auront eu la chance d’échapper à cette attente interminable et se retrouvent ici servis comme des rois à l’occasion de cette nouvelle sortie. A table je vous prie.

Si votre œil parcoure actuellement ces lignes, il y a de fortes chances que la pochette fluo de Sol Eye Sea I en soit une des principales raisons. Libre à chacun de la trouver de bon gout ou non. Toujours est-il que ça fait un point pour Irepress : le groupe a de quoi interpeler.
Et effectivement, si l’étiquette collée à leur son vous parle aussi, Irepress pourrait bien forcer du monde à ralentir quelques instants sa marche sur l’autoroute des découvertes musicales pour les prendre en stop. Les quelques curieux qui auront pris la peine d’aller tâter de leur espace le comprendront d’ailleurs probablement assez vite que ce sont finalement eux qui se feront embarquer.
Une fois la démarche entamée, la pochette qui pique les yeux trouve très rapidement une justification probable dans ce qu’est la musique du quintet car une évidence tombe à peine le premier titre bouclé : Irepress est « autre », haut en couleurs et préfère prendre des chemins détournés. Cqfd : pif paf pouf on fout un visuel sorti d’ailleurs, ça colle plutôt bien au délire. Forcément, la route est plus longue - on aura pu le constater ces dernières années - mais elle est aussi autrement plus passionnante une fois que l’on s’éloigne des boulevards balisés du rock progressif. Sol Eye Sea I, c’est ça en somme.
La musique d’Irepress est plombée et légère à la fois, propose un patchwork ensoleillé, plein de riffs changeants et de breaks variés, repoussant au loin les poncifs usés jusqu’à la corde par une armée de groupes dont l’originalité n’arrive pas toujours au niveau de leur envie manifeste de (trop) bien jouer une musique aérienne.

Irepress c’est votre voisin de palier extravagant. Vous le connaissez mais il vous intriguera toujours par sa manière d’être: simple, enjouée et décalée. Groupe polymorphe, la formation du Massachusetts navigue entre deux (et bien plus) eaux que décrire en détail reviendrait à perdre son temps. L’essentiel est ailleurs. Du métal progressif ? Ils en jouent assurément, et du très bon, aéré de piques Electro et/où Post rock éclatant comme des bulles de savon parfumées et assurant la transition entre deux plans ou deux titres (les interludes Daniel Sen et Billy). Mais Sol Eye Sea I est avant tout un album qui coule tout seul, très riche sans pour autant se répéter une seule seconde, varié dans ses émotions et sonorités, intégralement chaleureux, lumineux sans tomber dans la béatitude niaise. On trouve de tout ici : guitares féroces et Post Rock remuant ala ASIWYFA (Entanglement), cuivres jazzy (Cyette phiur), délires électro-hybrides ala 65daysofstatic (Fletchie), riffs intenables, et même du chant (féminin ou masculin), utilisé avec une grande parcimonie et à des moments choisis comme un renfort supplémentaire. Et pourtant l’impression de surenchère ne se fait pas sentir un seul instant, la faute surement à une réelle recherche de spontanéité dans les enchainements. Le remplissage et les compositions lourdes à digérer collant à la tradition? Très peu pour eux, merci. Tant mieux, on n'en voulait pas non plus.

Sol Eye Sea I est une sortie des plus modernes et raffinées sous ses airs de grosse sucrerie et pourrait bien devenir un des ingrédients de base de la dose sonore quotidienne des amateurs de musique aérienne un brin alambiquée. Ca tombe bien, l’abus de disques fluo (mention spéciale à l'édition double vinyle) n’est à priori pas dangereux pour la santé. En espérant que la mise en bouche aura fait son effet… je vous laisse à votre festin.

A écouter : non, dguster.
Irepress

Style : Metal Progressif / Post / Electro
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