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Noir sur Blanc, A Titre Posthume ( 2009 )

Noir sur Blanc, A Titre Posthume livre les 3 dernières productions d'Inys. Après [enkrateia] et un morceau sur la compilation Falling Down, le quatuor s'en va, abandonne ses instruments au détour d'un chemin, mais offre néanmoins les 3 balbutiements du groupe.

Les compos sont sombres, angoissantes et oppressantes. Toujours teintée d'Amen Ra, la musique d'Inys se veut pourtant moins massive, plus torturée à l'image de L'Ombre et le Reflet. Le chant crache sa douleur, transformant les mots en cris malsains (Emboite Le Pas), porté par un flot de riffs souffrants le martyr. Inys tente de donner un son au concept d'agonie mentale, piétine la joie et assassine vos tympans. Le packaging est en noir et blanc, la musique est Noire, enchevêtrée dans un voile brumeux et maladif.
Sur [enkrateia], les compos d'Inys assommaient, tels les leaders du mouvement postcore (Amen Ra, Neurosis, Cult Of Luna). Sur Noir sur Blanc, A Titre Posthume, les musiciens prennent un chemin différent, moins accessible mais sincère, offrant à pleine mains les larmes d'adieu. La fragilité qui entoure Noir sur Blanc, A Titre Posthume se ressent autant dans le chant, comme décrit plus haut, que dans les instruments, mélancoliques et enregistrés en "live". L'Ep possède ses quelques petits défauts, mais ceux-ci passent rapidement en arrière plan tant le choc causé par le 3 titres laisse anéanti.

Inys se meurt, agonisant jusqu'à l'oubli total des sensations sur cet Ep posthume. 3 derniers mots, livrés dans un couffin noir. L'écoute de cet Ep ne laissera pas froid, détruit la volonté durant 20 minutes, mais Inys a déjà disparu... Dommage...

A écouter :

[enkrateia] ( 2008 )

Sous un packaging mettant en avant le produit final et non seulement la musique (à savoir pochette en papier recyclé et disques sérigraphiés à la main) se cache la première démo du groupe de post-hardcore Inys, au nom énigmatique d’Enkrateia, qui désigne le rapport à soi, l'attitude qui permet le bon usage des plaisirs.
40 minutes pour 4 morceaux. C’est ainsi que se décompose enkrateia, avec des titres tels De L’Angoisse à L’Ecchymose ou Derrière Ces Murs, L’orage. A l’image de ces noms, les compositions se veulent sombres, de même que les paroles. Dénuées d’espoir, elles frôlent le conflit intérieur, cet abandon du désir de vie, d’accepter une existence heureuse, et cette volonté de partir…
La musique, quant à elle, se rapproche fortement d’Amen Ra, avec ce chant hurlé, presque noyé dans la masse des instruments et avec cette même rage, cette manière semblable dont vibrent les cordes vocales. On retrouve ce côté très lourd et massif (Notre Immersion), soutenant les quelques parties plus aériennes (De L’Angoisse à L’Ecchymose, dont le nom illustre parfaitement la progression musicale). La production, loin d’être excellente (le sentiment d’emplissage de l’espace n’est pas assez marqué) permet cependant à Inys d’offrir un bon rendu quand à la qualité des morceaux interprétés par le groupe. On remarquera l’excellente Que La Lumière, qui du long de ses 14 minutes, où les passages se succèdent sans réelle rupture, mais avec un glissement discret, lent mais audible. Même lorsque le groupe éclairci sa musique (à partir de 9 minutes), un brin de mélancolie touche l’auditeur.
Malgré le fait de n’être, au premier abord, qu’un clone d’Amen Ra, Inys distille sa musique avec une sincérité poignante, ajoutant son désespoir et sa touche personnelle aux compositions proches d’un Mass III. On ne pourra que regretter cependant de n’avoir « que » ces 4 morceaux pour découvrir la personnalité du groupe, trop proche encore des belges d’Amen Ra pour frôler les nuages du plaisir musical intense…

A écouter :