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Biographie

Insanity Alert

Insanity Alert voit le jour en 2011 au milieu des Alpes, à Innsbruck, alors que Heavy Devy (chant / The Apers), d'origine néerlandaise, s'installe pour raisons personnelles dans le Tyrol. Délivrant un Crossover Thrash très humoristique, autant dans les textes que sur scène ou dans leurs clips, le groupe met en avant sa passion pour le foot, le skate et la weed. Après un premier album éponyme reprenant une bonne partie des titres de leur démo et de leur EP (dont la reprise de Run To The Hills d'Iron Maiden retransformée en Run To The Pit) accompagnés de nouvelles compos telles que Macaroni Maniac ou The Claw (Of All That Is Evil), le quatuor vient d'annoncer pour l'automne 2016 la sortie de leur deuxième album, Moshburger, enregistré et mixé par Andy Classen (ex-Holy Moses) et masterisé par Joel Grind (Toxic Holocaust).

17 / 20
1 commentaire (16/20).
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Moshburger ( 2016 )

Qui va à la chasse perd sa place, et à passer trop de temps à braconner avec Iron Reagan, les petits gars de Municipal Waste pourrait bien perdre leur trône de leader de la nouvelle scène Crossover Thrash. Bon, ce n'est pas encore le cas mais il y a quand même un très sérieux challenger en approche avec Insanity Alert. D’autant plus que les Autrichiens ont tourné tout l’été avec les deux groupes de Tony Foresta. Mais peut-être y-a-t’il de la place pour deux dans le coeur des skaters ?

Après un premier album éponyme composé en partie de chansons issues des deux premiers EP et en partie de nouveaux titres, Insanity Alert nous livre ici une production à 90% fraîche (March of the Mentally Ill et Slimer's Revenge, réenregistrées pour l'occasion, se trouvaient déjà sur l'EP Second Opinion), et propose une petite demie heure ultra speedée qui fera à coup sûr l’unanimité dans votre voisinage. Imaginez vous en train de faire un combat de catch à l’intérieur du tambour d’une machine à laver géante remplie de ballons de basketball, réglée sur "essorage 1200 tours minutes"... Voila, vous y êtes ! Ah non, mais pas loin : vous êtes en train de vous faire broyer par la machoire d’un burger géant à tête de mort.

Moshburger partage un point commun avec Reign In Blood de Slayer de par sa courte durée, et du coup ce cri à la Angel of Death en intro de Disco Demolition ne peut pas être une simple coïncidence. Lord Kill-A-Lot avec ses voix de petite fille pourra aussi faire penser à une version rigolarde de Dead Skin Mask. Mais hormis ces clins d'oeil, c'est vers les classiques du genre, dont se revendiquent le quatuor, qu'il faut se tourner : S.O.D., Nuclear Assault, Suicidal Tendencies, D.R.I.. Si le chant est très facétieux, la musique, elle, ne rigole pas un instant (hormis le petit gimmick en conclusion de Metal Punx Never Dies) : les riffs sont affutés comme des lames de rasoir, bourrés de petites modulations ou variations (Made A Pact With Satan) leur donnant par moment un côté épique, la batterie et la basse burinent derrière sans relâche (Desinfektor, Life's Too Short For Longboards) et quelques solos à la Suicidal Tendencies (période Lights… Camera… Revolution) viennent ponctuer Wake&Bake ou Pact With Satan. Les accélérations sont nombreuses mais ne sont jamais forcées, n’ont jamais besoin de gros breaks lourdauds pour assurer les transitions, comme si elles coulaient de sources (le refrain de Pact With Satan, les fins de March of the Mentally Ill ou de  Mushroom Cloud). Les quinze compos ne laissent pas une seconde de répit et c'est à se demander comment Heavy Kevy arrive à reprendre son souffle entre deux phrasé, tellement le chant va vite, comme sur Gonna Rip Your Head Off, qui ne sera pas sans rappeler You're Cut Off dans l'esprit.

Insanity Alert moque le Malin ("Made a Pact With Satan and he told me to skate...") et les religions, prône l'usage immodéré de substances psychotropes, raconte des histoires "vraies" et Heavy Kevy en profite aussi pour régler ses comptes avec ceux qui l'énervent : les gens indécis (Make Up Your Mind Or Die) ou les pseudos skaters en longboards qu'il considère comme un cancer de la société ! Mais par dessus tout, c’est la musique électronique qui semble foutre le plus les boules aux Insanity Alert, en témoigne Disco Demolition, véritable fatwa à l'encontre de tous les styles de musique non saturée, et surtout le bref mais intense Why Is David Guetta Still Alive ? qui servira très certainement de catharsis en live. Il est également beaucoup question de meurtres avec un tueur en série, des malades mentaux, un homme crabe, un dératiseur et un enfant slime laissent derrière eux un paquet de victimes.

On aurait bien fait une chronique de 26 mots, mais ces 26 minutes en méritaient bien plus qu'un tweet et demi. Ce Moshburger est explosif, jusqu’au final de Mushroom Cloud, et il devient vite impossible de décrocher vu la haute tenue de l'ensemble, le soin apporté aux riffs notamment et la performance vocale et réussi à mettre la barre un poil plus haut que son premier album. Vous ne devriez donc pas tarder à l'écouter en boucle. C'est tout le mal que l'on vous souhaite !

A écouter : foncedé !

Insanity Alert ( 2014 )

Rejeton Autrichien des S.O.D., Municipal WasteToxic Holocaust et autres D.R.I., Insanity Alert n’y est pas allé de main morte en expulsant son premier mollard Thrash en « longue durée » courant 2014, qui ne souffre d’aucune espèce d’ambiguïté : décontracté du gland, tempo à blinde, vestes en jean, visuel de série Z et typo-type associée. Même pas de quoi trembloter de honte face aux premiers de cordée de la discipline.

Glorious Thrash affiche d’emblée son absence totale de flou artistique. Après tout le quartet est missionné pour cracher des hymnes à la gloire du Thrash, fumer des pétards, boire des bières, pratiquer la planche à roulettes et mater le foot à la téloche. Des objectifs de vie qui transpirent allègrement à travers les quinze titres de ce premier album, si l’on omet la justesse technique malgré la relative simplicité de l’écriture.

Insanity Alert va effectivement droit au but, mais ne fait pas n’importe quoi pour y arriver. Parmi d’autres le central et terriblement long (3’12) Blunt In/Blunt Out est là pour témoigner de l’inventivité des Autrichiens, osant ralentir la cadence et coller le Blues originel au Thrash de la vieille école. Par ailleurs les mandales se succèdent, à coups de guitares ultra mordantes, prédatrices, d’un batteur sous amphétamines qui conserve néanmoins un feeling insolent, et d’une basse pas si discrète capable de claquer quelques lignes véloces et virtuoses en plein déluge de riffs ou de solos incandescents. La voix quant à elle impressionne par ses variations, bien que le socle soit identique à celui d’un Tom Araya (Slayer) des débuts, en mesure d’illustrer la dérision omniprésente via une certaine démence (insanité ?) qui pourrait être extraite du cerveau d’un Jello Biafra (Dead Kennedys) par exemple. La fibre punk à nez rouge des Alpins finit justement de s’exprimer par un Run to the Pit taquin, qui devrait évoquer des choses aux vieilles peaux quarantenaires et autres curieux paléontologues.

Un premier album qui pose des bases pleinement structurées, travaillées malgré la déconne permanente, qui se confirmeront de manière tout à fait probante avec Moshburger et des planches enflammées ici ou ailleurs. Certes Insanity Alert tape dans le Thrash à papa mais apporte une dose de fraîcheur bienvenue et d’humour brut nécessaire, voire libérateur en ces temps sérieusement rongés par la connerie politique généralisée. Deux albums d’utilité publique en somme.

Insanity Bandcamp.

A écouter : pour gagner en espérance de vie.
Insanity Alert

Style : Crossover Thrash
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Origine : Autriche
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