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Biographie

Infernal Coil

Infernal Coil est à l'origine un duo venu de Boise, Idaho et fondé en 2014. Rejoint par un second guitariste, le groupe évolue dans un Black/Death porté sur les atmosphères, déjà présent sur la démo Burning Prayer Of Infinite Hatred sortie en 2016. Deux ans plus tard, c'est Within A World Forgotten, sorti chez Profound Lore Records et illustré par Adam Burke, qui voit le jour. Le groupe se retrouve alors sur scène aux côtés de Celeste, Primitive Man, Dälek ou encore Sumac pour défendre ce premier album. 

Chronique

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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Within A World Forgotten ( 2018 )

Il y a des disques que l’on écoute, Within a World Forgotten est de ceux que l'on affronte. Reste à savoir qui de l'auditeur ou des musiciens aura raison de l’autre. 

Infernal Coil pratique un Black/Death qui ne rigole mais alors pas du tout, lorgnant dangereusement vers un War Metal dans lequel on aurait injecté plus d’atmosphères. On remarque immédiatement cette batterie vengeresse, hyper en avant dans le mix et au jeu passablement agressif. Elle n’aura de cesse de tournoyer au dessus des têtes, masquant des riffs qui partent piocher dans la lourdeur Death et la sournoiserie Black. Within A World Forgotten est d’ailleurs hanté par de grandes figures de l'extrême tarabiscoté :  Gorguts, Portal, Aevangelist, Aosoth, tous mus par cette volonté de tordre les accords et les notes trop traditionnels. 

Cet album peut d’ailleurs paraître imbitable à première vue. A cause d'une production cryptique (qui devient en réalité un atout), à cause de ce mur de son qu'il faudra franchir avant de pleinement comprendre ce qui se passe. Une démarche peut-être exigeante, mais Within A World Forgotten ne livre vraiment ses secrets que lorsque l’on s’est enfoui dans son aura suffocante. Le batteur a beau frapper comme un damné, la musique d’Infernal Coil a une dynamique lente, envahissant doucement l’esprit une fois celui-ci contaminé. 

Et il y a ce truc en plus. A l’heure où tout semble avoir été dit, joué, martelé c'est peut être difficile à concevoir, mais Infernal Coil parvient à se montrer franchement effrayant. Tantôt labyrinthes, tantôt masses destructrices, les titres sonnent comme des échos hallucinés. En témoigne l’angoissant 49 Suns et ses lignes de gratte oppressantes où les notes aiguës se jettent sur nous, tapissent notre cerveau de formes indéchiffrables et de couleurs entremêlées. Les Américains font vraiment peser une menace constante sur ce disque, avec cette furie renouvelée à chaque break (Bodies Set In Ashen Death), cette ambiance générale de traque cauchemardesque qui te file la boule au ventre. On pourrait déplorer la courte durée de ce premier méfait (35 minutes) mais il faut plutôt s’en réjouir, car le silence prend des airs rassurants après ces longues minutes de terreur.

Il n’y a qu’à regarder les autres colocataires de la maison Profound Lore Records pour se convaincre que Infernal Coil fait partie de cette frange extrême à part, celle qui expérimente, qui regarde au-delà de ses influences pour défricher de nouvelles voies. Les gars de l’Idaho eux ont ouvert un chemin hostile, où la folie guette ceux qui oseront s’y aventurer. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenus.