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Biographie

Immortal

L’histoire d'Immortal, groupe emblématique de la deuxième vague Black Metal créé par Abbath (Chant / Basse) et Demonaz Doom Occulta (Guitare), débute en 1991. Après un premier ep éponyme, le groupe sort Diabolical Fullmoon Mysticism l’année suivante. Fortement influencé par Bathory, cet opus permet au groupe de faire ses premières armes. Ce n’est qu’un an plus tard avec la sortie de Pure Holocaust, puis de Battles In The North en 1995 que le groupe développe clairement sa propre personnalité en composant un Black-Metal glacial, ultra véloce et sans concessions. C’est d’ailleurs à cette époque que le groupe se démarque des clichés habituels du genre en créant cet univers mystique qu’est celui de Blashyrkh monde imaginaire possédé par un hiver éternel.

Après la sortie de Blizzard Beasts en 1997 le destin du combo prend un tournant inattendu. Outre l’arrivée d’un batteur régulier et talentueux portant le doux nom de Horgh, le sort s’abbat sur Demonaz. Ce dernier, touché au niveau de son bras droit, se voit contraint d’arrêter toute activité "guitaristique" soutenue, sous peine de perdre l’usage de son membre. Cette perte marque la fin d’une époque pour Immortal.

Abbath reprenant la guitare (Demonaz restant pour autant dans le groupe, notamment à la création de textes), la musique du groupe prend une toute autre direction. Le tempo descend d’un cran, les titres se voient accompagnés de gros riffs très Heavy, le tout enveloppé d'une production glaciale de qualité assurée par Peter Tägtgren (Hypocrisy). C’est donc à cela que ressemble At The Heart Of Winter, cinquième disque des norvégiens qui ne peut  laisser indifférent tant il a alors redéfini une partie des limites du genre. A peine un an plus tard, déboule Damned In Black  (2000) qui se voit le témoin du retour d’une partie de la hargne d’antan. Et c’est en 2002 que sort l’ultime album du groupe, Sons Of Northern Darkness, synthèse parfaite de ce qu’Immortal a produit durant sa deuxième période.

C’est en 2003, après sept albums et une grande influence sur toute la scène Black-Metal, que le groupe se sépare, pourtant trois ans plus tard Immortal se reforme pour quelques festival dont le Wacken Open Air et le Hellfest en 2007. Sept ans après Sons Of Nothern Darkness, un nouvel opus est sur les rails intitulé : All Shall Fall qui sort en 2009, il est le huitième album studio du groupe. Il est enregistré à l'issue de la tournée qui prit fin en octobre 2007, et c’est à nouveau Peter Tagtgren (Hypocrisy, Pain, Bloodbath) qui est aux manettes de sa production. En 2010 sort un live intitulé The 7th Date of Blashyrkh qui comprend douze morceaux enregistrés lors de la tournée européenne qui précéda la sortie de All Shall Fall. Il est édité en version DVD et CD, et les titres sont issus de l'ensemble de la discographie du groupe, de Pure Holocaust à Sons of The Northern Darkness et sont représentatifs de l'histoire d'Immortal. Depuis c’est un peu peu l’imbroglio, Abbath part faire une carrière solo et forme en 2015… Abbath (très recherché), il signe avec Season of Mist et prévoit la sortie d’un album éponyme pour début 2016. Pour ce qui est de Immortal, Demonaz reprend les rennes (guitare/chant), secondé par Peter Tägtgren en bassiste studio et Horgh toujours à la batterie. Le groupe accouche de Northern Chaos Gods qui voit le jour en 2018 chez Nuclear Blast Records. 

10.5 / 20
5 commentaires (14/20).
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Northern Chaos Gods ( 2018 )

Un beau jour il nous évite, il devient étrange, instable, et rien n’est plus comme avant. Qu'est-ce que ça veut dire ça, qu'il a le droit d'aller s'amuser de son côté pendant qu'on attend gentiment son retour ? Les limites sont floues. Et puis il se rend compte qu'il se sent mieux seul, que c'était une belle histoire mais que ça s'arrête là. Non mais quoi encore ? Alors qu’on a rongé notre frein pendant des années pour sauver au moins les apparences, si ce n’est notre relation ? Forcément ça vire à l'engueulade, on se balance les vieux dossiers à la figure  et on se quitte en mauvais termes. Mais impossible de ne pas l’épier de loin tout en essayant de marcher la tête haute, et pour la maison et la garde du chien, c’est le juge qui tranchera. 

Orphelin de son célèbre clown blanc (et noir), Immortal revient d’entre les limbes en proposant un tour de piste...assez terne. Northern Chaos Gods opte pour deux formules, la première consiste à lâcher la batterie toutes voiles dehors sur une guitare qui bricole sa tambouille sur trois accords très convenus. La deuxième renoue davantage avec des paysages sonores plus évocateurs des montagnes enneigées, le batteur prend soin d’aérer le propos et laisse s'exprimer des six cordes plus froides, mais pas très élaborées pour autant. La tracklist oscille entre ces deux caps fixés par les musiciens, et même après avoir parcouru ces huit titres plusieurs fois pas facile d'en retirer beaucoup de pépites, certains faisant heureusement exception. 
La désillusion n’est pas forcément immédiate. Lorsque l’on se fait assaillir par Northern Chaos Gods et Into Battle Ride pour commencer la galette, il y a de quoi être surpris par la violence dégagée à première vue. Ça débite de la batterie à fond la caisse sur des grattes Thrashy, et si l’électrochoc peut fonctionner sur une oreille distraite, on ne peut que noter une pauvreté d’écriture en y revenant. Les riffs à deux notes en deviennent rapidement agaçants et très vite les fûts semblent revêtir un rôle de cache misère. Un Black Metal « bourrin » et pas malin à peine digne de Marduk, que l’on retrouvera dans une moindre mesure sur Blacker Of Worlds également. Allez, peut-être que les accalmies valent le détour ? Pas de quoi s’en relever la nuit, mais Gates To Blashyrkh et Mighty Ravendark fonctionnent plutôt bien et renouent avec les penchants épiques d’Immortal. Mais pour ce qui est de Called To Ice et Grim And Dark, on peut seulement se raccrocher à une trouvaille correcte par morceau, répétée abusivement et entourée de moments purement anecdotiques. 

Au-delà de l’inspiration mélodique souvent au ras des pâquerettes (amusez-vous à comparer le final de Where Mountains Rise et Blacker Of Worlds), nos pandas du Nord affichent un problème de rythme vraiment irritant. Où sont les variations, les montées, les cassures de tempo ?  Une large part de ce cru 2018 s’englue dans la monotonie, le « tout à fond » trop creux sans les arrangements ingénieux que l’on pouvait attribuer à la formation. 
L'album donne l'impression d'avoir été composé en urgence, histoire de dire qu'Immortal mérite son nom et que les années n'y changent rien. Alors qu'est ce qu'on fait ? Bien sûr les plus mordus de la clique norvégienne pourront toujours de glisser ces quelques pistes sous la dent, mais force est de constater que Northern Chaos Gods est à ranger dans le ventre mou discographique d'Immortal (au moins la moitié de l’oeuvre file aux oubliettes). En ce qui concerne les non initiés, autant se reporter bien entendu sur l'excellent At The Heart Of Winter, et même sur All Shall Fall pour se donner une idée plus récente du groupe.

On en est au stade où les gars ont mis neuf ans pour sortir cet album. Bien sûr il y a eu des délais (l’irrégularité d’Abbath et par la suite son départ), des déconvenues (l'album solo du même Abbath), mais entre temps les Norvégiens se sont faits dépasser sur leur propre terrain (Death Fortress) et peinent à proposer un disque franchement intéressant. Les seigneurs de Blashyrkh (moins un) reviendront on l’espère avec plus d’idées neuves et dignes de leur passé glorieux. 

13.5 / 20
19 commentaires (14.89/20).
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All Shall Fall ( 2009 )

C'était par une sombre journée d'été 2003, l'un des groupes cultes de Black-Metal si ce n'est LE groupe culte de Black-Metal, déposait les armes. Une pause assez courte quant on y repense puisqu'Immortal revenait trois ans plus tard pour plusieurs concerts à travers le monde, mais sept ans nous séparent tout de même de Sons Of Northern Darkness et cette nouvelle sortie des norvégiens. Voyons donc ce que ce All Shall Fall a dans le ventre!

Les premières minutes du disque vous le ferons comprendre tout de suite, Immortal reprend là où ils s'étaient arrêtés avec Sons Of Northern Darkness, n'en déplaisent à ceux qui attendaient un retour à la Pure Holocaust. Cet Immortal là est bel et bien enterré et l'on ne pourra pas leur reprocher d'avancer... tout doucement cela dit, car All Shall Fall n'est surement pas le disque le plus innovant de 2009, loin s'en faut.
Les norvégiens reprennent donc les éléments qui ont fait leur succès avant leur séparation, par cette touche spéciale de Black-Metal teinté de Heavy/Thrash. Le son reste globalement le même (merci Peter Tagtgren, encore une fois derrière les consoles) et la dynamique ainsi que la structure des morceaux est également semblable avec des titres de 5/6 minutes en moyenne. On retrouve bien sûr la voix typique d'Abbath toujours aussi âcre et grinçante, puis ce riffing bien Heavy avec ses arpèges mélodiques gelés et soli rapides (All Shall Fall) et les rythmiques qui alternent mid-tempo (Mount North) et titres plus rapides (The Rise Of Darkness).
Seulement, si tous les éléments sont là, ce qui satisfera sans doute les fans, Immortal manque quand même un peu d'inspiration à défaut d'apporter du sang neuf dans leur discographie. Aucun titre ne se démarque réellement de l'album en dehors peut-être de Norden On Fire qui rappelle la période At The Heart Of Winter. Attention, ces sept titres ne sont pas mal composés, juste qu'ils retiennent moins l'oreille que ce qu'a fait Immortal dans le passé, car All Shall Fall est un disque un peu trop lisse, lustré, sans aspérités sur lesquelles l'on pourrait s'accrocher et c'est fort dommage. En outre, nos célèbres blackeux war-paintés ne sonnent plus aussi épique qu'avant, les atmosphères magiques planent vaguement recouverts par les hurlements d'Abbath qui ne convainquent pas franchement. Cela donne des titres comme Hordes Of War ou Unearthly Kingdom qui sonnent terriblement banals et un disque qui sonne relativement plat.

Pour conclure, All Shall Fall a surtout pour but de montrer qu'Immortal est toujours là, qu'ils font toujours partis du paysage Black-Metal et de combler l'attente des fans. Mais si l'on va un peu plus loin, il en résulte un disque moyen, sans grande surprise qui se laissera volontier écouter quelques fois avant de retourner vers les anciennes sorties des norvégiens ou bien d'aller voir ailleurs vers de meilleures sorties Black-Metal cette année.

A écouter : pour voir ce que devient le groupe
18 / 20
22 commentaires (17.73/20).
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At The Heart Of Winter ( 1999 )

En 1997, après la sortie de Blizzard Beasts, qui suit de 2 ans celle de Battles in the North, Immortal a acquis une renommée plus que certaine au sein de la scène black metal. C'est alors qu'une tendinite aiguë force Demonaz à abandonner son poste de guitariste pour être remplacé par le bassiste Abbath. Si le premier reste actif dans le groupe en tant qu'auteur des textes et manager, le second se retrouve avec le futur d'Immortal entre les mains, et c'est dans ce contexte qu'arrive en 1999 At the Heart of Winter.

Le début de l'album annonce clairement la couleur : si dans le passé le groupe s'est montré brutal et sauvage, voire brouillon, la donne a quelque peu changé. Effectivement, la violence fait bien toujours partie intégrante de Blashyrkh, l'univers imaginaire inventé par Abbath et Demonaz, mais la production signée Peter Tägtgren offre enfin une expression digne de ce nom aux musiciens, tout en étant plus glaciale que jamais. Dans ce cadre, l'auditeur peut pleinement profiter de la nouvelle orientation : poursuivant la baisse de tempo amorcée par endroits dans Blizzard Beasts, et s'éloignant de la lettre stricte du black metal, les morceaux incorporent nombre de riffs heavy qui ont à présent tout loisir de développer leurs souffles épiques.

Au-delà de ces grandes lignes, la musique elle-même se complexifie, s'allonge (6 chansons seulement pour 46 minutes), et est portée en grande partie par les riffs d'Abbath. Ces derniers, bluffants d'efficacité et de majesté, meublent Blashyrkh d'autant de cathédrales glacées, pendant que l'auditeur est porté par un vent neigeux, tantôt calme tantôt déchaîné au fil des nombreux changements de rythme. Horgh derrière ses fûts livre d'ailleurs sa première performance véritablement appréciable depuis qu'il a intégré le groupe (soit avant Blizzard Beasts), et son apport n'est pas négligeable. Les ambiances quant à elle doivent une bonne part de leur côté glacial aux nappes de clavier, qui savent rester sobres et aller à l'essentiel, à l'image de l'ouverture de la chanson éponyme. Enfin, les vocaux, assurés par Abbath, sont toujours reconnaissables entre mille, et pourront d'ailleurs éventuellement aux premières écoutes rebuter ceux qui feraient connaissance avec le groupe. Cela dit, ces cordes vocales rongées par la glace deviendront vite pour les convertis indissociables de Blashyrkh..

Immortal délivre donc un album particulièrement important dans sa carrière en introduisant une forte dose d'éléments nouveaux dans son black metal, éléments qui seront repris à différents degrés dans les albums suivants. Cette étape permettra ainsi au groupe d'augmenter encore son rayonnement au sein de la scène black metal, et donc d'en élargir les influences. Pièce maîtresse de la discographie d'Immortal, cet hymne à l'hiver éternel reste donc fortement recommandable à qui veut voir au-delà des costumes überklvtés chers au groupe - la pochette est d'ailleurs la seule dans la discographie à ne pas en comporter.

A écouter : en entier et plusieurs fois