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Biographie

Hypocrisy

C'est en 1990 dans sa villle natale de Stockholm que Peter Tägtgren fonde Seditious projet solo rapidement rebaptisé Hypocrisy. De retour d'un voyage en Floride où la scène death des Morbid Angel, Obituary, Death et Deicide l'a particulièrement impressionné, il veut créer en Suède un groupe brutal capable de rivaliser. Il écrit et compose durant l'année 1991 et parvient à s'entourer de Jonas Osterberg à la guitare, Mikael Hedlund à la basse, Lars Szöke derrière les fûts et Magnus "Masse" Broberg au chant. En 1992, leur premier album Penetralia se pose dans le plus pur style death avec de nombreux couplets satanistes et anti-chrétiens, ce que leur deuxième album Osculum Obscenum vient confirmer de belle manière l'année suivante. Pour l'occasion, le groupe signe chez Nuclear Blast qui ne les quittera plus.

Avec le départ de Jonas et  de "Masse" qu'on retrouve aujourd'hui au sein du groupe de black metal Dark Funeral, le groupe se transforme en power trio, Tägtgren s'emparant du micro en plus de sa guitare. Dès 1994, The Fourth Dimension introduit le style Hypocrisy fait de mélodies hantées, d' atmosphères sombres et torturées, et de guitares aériennes, parfois très rock, qui contrastent avec les blasts d'une musique toujours très agressive. En 1996, Abducted, nanti d'une production et d'un son fabuleux, s'enrichit de thèmes inhabituels entre conspiration gouvernementale et OVNI, donnant libre cours à un climat angoissant. Parallèlement, le groupe enregistre deux albums de black metal sous le nom de The Abyss. En 1997, The Final Chapter, toujours pris entre death ultra-rapide et morceaux mid-tempos mélancoliques, annonce selon son leader la fin de Hypocrisy. Peter Tägtgren, propriétaire depuis des années du studio Abyss, semble s'engager dans d'autres voies de production et d'enregistrement notamment au sein de son groupe d'electro indus Pain.

Mais, la pression du public est trop forte et le groupe revient en force avec le live Hypocrisy Destroys Wacken en 1998, suivi d'un formidable nouvel album sobrement intitulé Hypocrisy en 1999, qui multiplie les passages atmosphériques riches de claviers et de guitares élaborant des structures complexes, avec un travail sur les voix permettant  au groupe d'atteindre des sphères encore inconnues jusqu'alors. Suivent en 2000, le brutal Into The Abyss, ainsi que Catch 22 en 2002 et The Arrival en 2004, deux disques que beaucoup jugeront décevants et surproduits. En 2005, Hypocrisy sort l'album Virus qui est unanimement une des plus grandes réussites du groupe. Après la sortie de cet album, le guitariste Andreas Holma quitte le groupe, il est remplacé par Klas Ideberg de Darkane. En 2009 parait A Taste Of Extreme Divinity, Tägtgren invite à nouveau son comparse Denis Goria, photographe du dernier album de Pain, pour travailler avec lui sur le visuel de l'album. Le dernier opus en date, End Of Disclosure est sorti en 2013.

16 / 20
8 commentaires (16.5/20).
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End Of Disclosure ( 2013 )

Hypocrisy faisait son retour au printemps 2013 avec un nouvel opus, End Of Disclosure. Ce nouvel album se révèle aussi brutal que terriblement efficace. 

Dès le début, on se prend une bonne claque avec le morceau titre End Of Disclosure qui mêle clavier et riff frondeur pour donner une atmosphère proche du Hypocrisy de Fractured Millenium. Pourtant, cet opus bifurque dès le morceau suivant. Tales Of Thy Spineless mélange ainsi riff gras et vocaux death avant de surprendre par un pont ultra mélodique enchaîné sur un final brutal. Une réussite dans son genre. 

L'album prend donc finalement un chemin agressif avec une collection de grosses boucheries death nanties de riffs ultra efficaces. L'ambiance y gagne évidemment en violence ce qu'elle y perd en subtilité. La thématique générale n'est pourtant pas inintéressante puisqu'elle évoque un age trouble de contrôle et de manipulation des esprits notamment à travers les morceaux hyper accrocheurs que sont The Eye et United We Fall.

Ce End Of Disclosure passe donc en force avec par exemple Hell Is Where I Stay qui rappelle le Hypocrisy des débuts avec une ode mid-tempo aux enfers un peu facile. Néanmoins, Hypocrisy sait se faire plus posé et ambiguë dans ses thématiques et ses compositions. 44 Double Zero propose plus de variété avec son refrain catchy comme on en trouve avec plaisir chez les suédois. La très réussie Soldier Of Fortune nous montre aussi un côté plus réfléchi dans sa dénonciation de la guerre. Le final, The Return, est quant à lui, la célébration d'une fin attendue avant la renaissance, dans un registre atmosphérique bien touché. 

End Of Disclosure propose ainsi un voyage aussi éprouvant sur la forme, un death brutal non dénué de subtilités mélodiques, que sur le fond, où la mort, la guerre et la violence aussi bien physique que mentale s'entrechoquent. Un bon album dans son genre.

A écouter : Tales Of Thy Spineless, United We Fall, 44 Double Zero, Soldier Of Fortune
17.5 / 20
7 commentaires (17.64/20).
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Hypocrisy ( 1999 )

Après avoir fait le coup fumeux de la séparation à l'issue de l'excellent The Final Chapter, Hypocrisy fourbit ses armes en tournée, sort un live (Hypocrisy Destroys Wacken) et livre finalement en 1999 le manifeste de son exigence musicale. Sobrement intitulé Hypocrisy, ce sixième album est l'un des sommets de la carrière du groupe suédois et sans aucun doute leur album le plus atmosphérique.

Ample et percutante, la musique de Hypocrisy dévoile des richesses mélodiques hors normes tout au long de ce disque. Elle est à la fois remarquable de puissance et épique, en particulier sur le formidable morceau d'ouverture Fractured Millenium, avec sa touche symphonique à vous coller le frisson. Le chant de Peter Tägtgren est comme toujours atypique, mélange de timbre death écorché à la suédoise et de vosciférations black posées sur des riffs heavy thrash comme ceux de Apocalyptic Hybrid et Fusion Programmed Minds. Le plus souvent assimilé à la scène death, principalement suite à ses deux premiers albums, Hypocrisy n'a en fait cessé d'enrichir son propos musical depuis The Fourth Dimension (1994) en même temps que Tägtgren prenait les commandes du groupe. Hypocrisy emploie toute une science de l'impact immédiat avec une collection impressionnante de riffs rapides et de plans de batterie dévastateurs (Lars Szöke martèle et blaste dans tous les coins de façon surnaturelle, la prod' aidant) et dessine dans le même temps des textures musicales complexes, pleines de motifs de guitares imbriqués avec les nappes de claviers. Il en résulte des merveilles sur ce disque, le plus abouti en ce qui concerne les atmosphères, d'une incomparable profondeur donnant même par moments un sentiment d'apesanteur.

Evoluant en permanence entre la puissance relâchée et la recherche d'ambiances évocatrices, combinaison réussie sur Reversed Reflections, Hypocrisy déploie aussi de larges pans mid tempos où le chant clair glacé de Tägtgren se fait imprécateur et même emphatique lorsqu'il double ses parties, notamment sur Until The End. Ceci a pour effet d'accentuer l'amplitude des refrains, des modèles de noblesse, au hasard celui de Paranormal Mysteria. Poursuivant le fil de ses thématiques désenchantées et paranoiaques, Hypocrisy leur donne des écrins tantôt brutaux et menés à un train d'enfer (Time Warp, autre piste survitaminée), tantôt froids comme l'espace et immatériels (superbe Disconnected Magnetic Corridors). A ce titre, Paled Empty Spheres est une autre suprême réussite, parvenant à un degré d'émotion et de souffle qui n'a plus grand chose à voir avec le métal, s'aventurant au contraire sur des territoires quasi floydiens. Si l'on ajoute au tableau que les solis disséminés sur les pistes sont tous d'une justesse et d'une limpidité désarmantes, on comprend mieux pourquoi on tient là un grand disque.

Hypocrisy porte très bien son nom, puisqu'il s'agit en définitive d'un superbe témoignage de ce qu'Hypocrisy a apporté de meilleur au métal des 90's. Il s'agit d'une ébouriffante tempête métallique, tirant aussi bien vers le heavy black épique que le thrash death moderne débridé, tout en témoignant d'une personnalité unique. 

A écouter : Fractured Millenium, Disconnected Magnetic Corridors, Paled Empty Spheres
14.5 / 20
1 commentaire (16/20).
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Hypocrisy Destroys Wacken ( 1998 )

Cela fait maintenant vingt ans qu'Hypocrisy traine ses basques Death-Metal ou Death-mélodique depuis quelques années, et c'est imposé comme l'un des groupes majeurs de la scène notamment grâce à son leader Peter Tägtgren (Pain, Bloodbath, producteur d'Immortal, Dimmu Borgir...). Le dvd Hypocrisy Destroys Wacken sorti en 1998, est donc l'occasion de fêter les presque dix ans de carrière des suédois, alors quoi de mieux que de se produire dans la célèbre petite bourgade allemande, devenu depuis la capitale mondiale du Metal?

Hypocrisy tape fort dès le début en jouant son titre phare Roswell 47, et poursuit avec ses meilleurs titres Death de l'époque : A Coming Race, Apocalypse ou l'immense Osculum Obscenum. Que du lourd, de l'épais et du puissant avec ce qui pourrait être la meilleure setlist possible en 98 et pour sûr, le public présent ce soir là a du en prendre plein les esgourdes. Qui plus est, les musiciens sont au top, super carré dans l'exécution, avec un Peter Tägtgren toujours aussi charismatique et un Lars Szöke impressionnant derrière ses fûts. Pas vraiment de contact avec le public, les titres se succèdent sans discontinuer (d'ailleurs le concert dure à peine cinquante minutes) avec du graveleux et du riffing redoutable tels que Left To Rot, Pleasure Of Molestation, Killing Art, piochées dans leurs cinq premiers albums de l'époque.

Le soucis majeur de ce dvd est qu'il n'y a pas réellement de comparaison à faire avec les productions de dvds Metal actuel. Les moyens étant ce qu'ils sont, on y trouve peu de caméras donc les plans sont relativement plus nombreux filmés en bonne partie du fond de la salle. Additionné au fait que les lumières soient absolument dégueulasse, la qualité visuelle du dvd reste assez moyenne. Cependant il revient aussi de replacer Hypocrisy Destroys Wacken dans son contexte, c'est à dire dix ans plus tôt et d'être un peu tolérant avec ces critères visuels puisqu'ils donnent un charme de ce qui se faisait à l'époque.

Ce dvd d'Hypocrisy demeure en outre une valeur sûre pour les fans, d'une part parce qu'il est l'unique témoignage visuel de la carrière des suédois au moins de manière officielle, mais aussi parce qu'il est blindé des meilleures pièces Death d'Hypocrisy, en faisant une compilation d'essentiels. Pour ceux rebutés par cet aspect graphique, ils peuvent toujours mettre la main sur la version audio qui reste un très bon moyen pour découvrir le groupe période 1992-1999.

A écouter : comme une bonne compilation d'Hypocrisy