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Biographie

Hyatari

Hyatari est un trio américain formé au début des années 2000. Son premier album, The Light Carriers, est son premier enregistrement officiel publié en 2004. Dans la mouvance de groupes comme Sunn 0))), Sleep et autres noirceurs metalliques, le groupe produit une musique doom utilisant tant son côté drone que le côté percutant de riffs lents et puissants.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (17/20).

The Light Carriers ( 2004 )

The Light Carriers fait partie de ces disques passés inaperçus lors de leur sortie, pour des raisons bassement matérielles et commerciales, malgré leur indéniable qualité. Deux ans après sa sortie, je voulais lui rendre justice, tant il est passé, pour moi, au rang des albums incontournables, le genre de galettes qui marquent une évolution personnelle et aident à comprendre tout un pan d’une scène qui vous échappe, et un certain type de démarche artistique. Bien sur, tout cela dépendra de chaque individu, et du stade d’évolution de découvertes artistiques dans lequel il se trouve, mais en dehors du fait que The Light Carriers revête pour moi un statut bien particulier, il est aussi un album extrêmement intéressant du point de vue artistique. Par contre, et c’est là où mon parcours personnel peut être une indication intéressante, si vous êtes encore hermétique aux disques de doom à la noirceur ultime, malgré quelques curieux essais, ce premier album de Hyatari pourrait être un début de réponse au pourquoi du comment du genre.

En vérité, tout ne vous tombera pas tout cuit dans la gorge, heureusement d’ailleurs. Seulement, à lui seul, The Light Carriers réunit deux notions intéressantes des musiques expérimentales, intimement liées dans ce cas précis, et surtout suffisamment concrètes pour être comprises facilement. D’une part, il illustre à merveille la manière dont l’ingestion d’un album peut se faire, particulièrement dans ces styles de musique très sombre et compacte, à savoir les étapes par lesquelles un auditeur qui le découvre passe entre la première écoute et celle où il a enfin compris où voulait en venir l’artiste. Ce premier disque de Hyatari se révèle pénible, très dur d’accès, et dévoile pourtant ses entrailles assez rapidement, notamment car les structures qui le composent sont étonnement explosées et usées, de telle manière qu’elles sont très vite retenues, et que l’on retient du même coup assez rapidement vers quoi l’on se dirige. Cela nous amène directement à la deuxième notion que je désirais développer, avant que je parle de la musique en elle-même. The Light Carriers est un pur disque de musique progressive, construit méthodiquement, dans une évolution constante tournée vers le dernier titre, Collapse. Dès le début du disque, Hyatari lance sa lente aventure, avec une nappe massive jouée par une guitare très Sunnienne, se nourrissant elle même de ses sonorités, pour avancer sournoisement vers une introspection caractéristique du genre. La suite est simple : The Light Carriers bâtit sa trame doucement, en exploitant longuement des concepts à chaque titre. Dans un premier temps, c’est l’ajout successif d’instruments, à intervalles réguliers, qui crée la construction. Deuxième guitare, basse, batterie, sampling, chant, chacun entre en scène de manière très scolaire, et le disque prend son ampleur très discrètement, développant une énergie très sombre et chamanique, notamment grâce aux lignes de chant très rituelles. Une fois constitué, l’ensemble terrifiant et massif glisse progressivement et lourdement, passant de l’exploitation d’une idée à une autre, entre un Sunn 0))) et un Neurosis période A Sun That Never Sets. Là où Hyatari fait fort, c’est que ses mélodies s’agencent de telle manière qu’elles sont de plus en plus efficaces et obsédantes, riches et torturées à la fois, jusqu’à arriver à la moitié de Collapse, dans un râle agonisant terrible, à insuffler une énergie hors du commun, qui sublime littéralement tout le disque. Le final du titre, tout en puissance et majesté, suffit à justifier tout le voyage qui vient d’être entrepris, sorte de clé de voûte entre le monde connu et les sonorités abstraites et sans lien évident précédemment traversées.

The Light Carriers est un disque au final assez simple, extrêmement compact et dur d’accès. Il révèle pourtant son sens de manière très naturelle, et devient par la même un axe d’évolution facile pour intégrer les franges les plus extrêmes du doom metal, au même titre qu’un Nadja ou un Minsk pourrait le faire. Ce premier album de Hyatari est juste maîtrisé de bout en bout, très intelligent, et utilise à bon escient des concepts musicaux variés et très bien mélangés. Si en plus il vous permet de vous enticher d’une nouvelle frange de la musique, foncez.

A écouter : Parce qu'il constitue un intrt certain.
Hyatari

Style : Drone doom
Tags : -
Origine : USA
Site Officiel : hyatari.com
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