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Biographie

Husker Du

Bob Mould - guitare, chant
Grant Hart - batterie, chant
Greg Norton - basse, chant
 
Alors étudiant au collège Saint-Paul de Minneapolis Bob Mould, originaire de New York, fait la rencontre de Grant Hart et Greg Norton dans le magasin de disques où il travaille. Très rapidement les trois lurons se découvrent des points communs, notamment la passion du punk hardcore, et décident de monter un groupe. Hüsker Dü (do you remember ? en suédois), voit le jour en 1979. Charlie Pine, claviériste, complète le line up. Il quittera très rapidement le groupe.
En 1981, Hüsker Dü enregistre son premier single Statues sur le label Reflex, suivi du premier album Land Speed Records qui sort sur New Alliance Records. Le groupe revient dans le giron de Reflex un an plus tard pour la sortie du premier album studio, Everything Falls Apart And More. La qualité des prestations attire l'attention de formations confirmées de la scène punk US telles que les Dead Kennedys ou Black Flag. Enthousiasmé par le groupe, Greg Ginn, alors guitariste de ce dernier, offre à Hüsker Dü la possibilité d'enregistrer sur SST Records. Zen Arcade sort en 1984. L'album connaît un tel succès que le label ne peut suivre la cadence au niveau du pressage.
Entre 1984 et 1985, Hüsker Dü tourne à un rythme d'enfer et des tensions entre Hart et Mould commencent à apparaître. Progressivement le groupe lorgne davantage vers un style plus pop qui se concrétise par les albums New Day Rising et Flip Your Wig. Cette réorientation attire l'attention de Warner Bros en 1986 au grand dam des fans du groupe qui craignent une aliénation. Mais Hüsker Dü parvient à conclure un contrat aux petits oignons lui laissant l'entier contrôle artistique sur sa musique. Le groupe sort sur la major Candy Apple Grey et Warehouse Records.
A la veille de partir en tournée David Savoy, manager du groupe, se suicide. Hüsker Dü honore quand même ses dates mais le coeur n'y est plus. Les tensions entre Hart et Mould atteignent leur paroxysme à l'issue du périple. Hart est prié d'aller soigner ailleurs son addiction à l'héroine. Le formation de Minneapolis ne survit pas à ce départ et splitte peu après. Hart se lancera par la suite dans un projet solo et Norton finira cuisinier dans un restaurant de Red Wing. La carrière solo de Bob Mould sera d'un tout autre acabit, tant sous son propre patronyme que sous celui de Sugar, mais c'est une autre histoire...

Chronique

15.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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New Day Rising ( 1985 )

On ne mesurera jamais assez l'influence de Hüsker Dü sur la scène punk au sens large. De Hot Water Music à North Lincoln, en passant par Sick Of It All, impossible de trouver une formation qui ne réclame pas une partie de son héritage.

Iconoclaste, se foutant royalement des modes qu'elles soient musicales ou même vestimentaires, ce qui lui vaudra une réputation de ploucs, le trio de Minneapolis se plaît à brouiller les pistes au sein d'une scène hardcore en colère mais pas encore disposée à tout accepter. Qu'importe. Résolument tourné vers l'avenir, Hüsker Dü n'aura de cesse de faire évoluer constamment sa musique, de faire péter les barrières, de refuser la routine qui s'installe chez pas mal de ses contemporains. Arrivé six mois à peine après la tornade Zen Arcade qui hante encore les esprit, New Day Rising n'est peut-être pas l'album le plus représentatif de la discographie du groupe. A la croisée des chemins entre Land Speed Record et la période major, le quatrième opus offre un visage moins bordélique, plus abouti, plus homogène aussi que son prédecesseur. Mould, Norton et Hart sont parvenus à une plénitude, un équilibre parfait entre la rage hardcore des débuts entretenue par le son sursaturé des guitares omniprésent depuis Everything Falls Apart And More ("Whatcha Drinkin'", "Plans I Make"), et une propension à la mélodie de plus en plus présente trouvant un aboutissement de choix avec les joyaux que sont "I Apologize" et "Celebrated Summer".
Progressivement, Hüsker Dü fait son trou, laissant libre court à son penchant pop et aux influences plus émotionnellement chargées. Mould agrémente son jeu d'une touche folk qui prendra de plus en plus de place dans l'exécution mais qui, pour le moment, conduit à quelques aberrations du genre "Books about UFOs". Mais surtout, même si le ton général de prime abord paraît optimiste, notamment l'enthousiasme du titre introductif, New Day Rising renvoie l'image d'un groupe en plein doute, où les tensions se font jour par le biais d'une désillusion surgissant tantôt de manière diluée ("Folk Lore"), tantôt de façon plus brutale lorsqu'il s'agit de décrire la vie sur les routes (59 Times the Pain").

New Day Rising marque à coups sûr un tournant dans la carrière de Hüsker Dü. Même si, suite à un pataquès, son successeur finira par paraître chez SST Records, le groupe est déjà entré dans une autre dimension, celle des majors au sein de laquelle il parviendra malgré tout à conserver son indépendance artistique.

Tracklist : 1. New Day Rising; 2. Girl Who Lives on Heaven Hill; 3. I Apologize; 4. Folk Lore; 5. If I Told You; 6. Celebrated Summer; 7. Perfect Example; 8. Terms of Psychic Warfare; 9. 59 Times the Pain; 10. Powerline; 11. Books about UFOs; 12.I Don't Know What you Talking About; 13. How to Skin a Cat; 14. Whatcha Drinkin'; 15. Plans I Make

Lire aussi l'excellent article de Gilles Garrigos, "Hüsker Dü : From Minneapolis with Rage", Noise, Fev/Mars 2008

A écouter : I Apologize, Celebrated Summer, Folk Lore