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Biographie

Howards Alias

Avec les succès engendrés par les Capdown, Snuff ou autres [spunge], la scène anglaise est décidèment riche en groupe de skapunk. Howards Alias, originaires de Southampton, ne faillissent pas à la règle. Du skapunk assez sombre teinté de touches mélodiques depuis 1999, le line up actuel est composé de Jevon Snell (batterie), Matthew Reynolds (guitare et chant), Steve McCsurker (basse) et Nike Norne (trombone, trompette, clavier et choeurs). Après avoir produit leur première démo en 2000 en total DIY et une année 2001 de galère (changement de line-up), Howards Alias font leur première tournée anglaise en compagnie de Link 80 au début de l'année 2002 et sortent un split avec le groupe Identity #1. S'en suit 200 concerts dans l'année avec la crème du skapunk international: Rx Bandits, Capdown, Mad Caddies et même Anti-Flag. En octobre 2002 le premier (très très bon) opus The Chameleon Script sort sur Good Clean Fun Records. Les quatre anglais se disent influencés par des groupes comme Refused, AFI, Weezer, Tool ou encore the Slackers, assez étrange pour un groupe de skapunk mais cela marque bien aussi l'originalité des compositions d'Howards Alias reconnu comme étant anti élitiste et anti violence. L'année 2004 est une sorte de consécration, un split avec DESA (le side project punk rock de Link80) ainsi qu'une tournée avec eux, une signature sur le label anglais le plus en vu du moment House Hold Name Records et la sortie de The Answer is never en septembre. A noter que le groupe est encore bien jeune puisque la moyenne d'âge est de 21 ans !

Chronique

The answer is never ( 2004 )

Deux ans après leur premier album, The Chameleon Script, qui avait fait l'effet d'une véritable boule de feu sur la terre skapunk anglaise, le jeune quatuor de Southampton revient et nous livre The answer is never, leur première sortie sur House Hold Name Records.
Autant dire tout de suite que cet album était très attendu, et qu'on est loin d'être déçu. Les chouchous d'Alf-Dyslexic ont gardé les mêmes ingrédients que sur The Chameleon Script en y ajoutant un côté plus sombre à leurs mélodies. Cet album respire la maturité, on constate que leur tournée avec les Rx Bandits et les deux années qui se sont écoulées depuis The Chameleon Script ont tiré le groupe vers le haut. Le split avec DESA laissait déjà entrevoir une certaine évolution. Enregistré entre février et avril 2004 ce nouvel album fait preuve d'une originalité rare dans la scène skapunk, rappelant par moment les Rx Bandits.

Si en live, le groupe se présente sous forme d'un quatuor, en CD on retrouve autant d'instruments que la majorité des groupes de ska. Nick, le tromboniste, est aussi à la trompette, au clavier et aux secondes voix et on retrouve même du violon sur la très mélancolique "june 3rd". Une chose est sûre, les membres de Howards Alias sont de vrais musiciens qui plus est talentueux. Ajoutez à cela la voix hors du commun de Matthew Reynolds (l'intro chant-guitare de "song for a friend" est fantastique) et vous obtenez l'un des albums les plus aboutis des dernières sorties House Hold Name.

Difficile de coller une étiquette à Howards Alias tant les compositions sont variées. Et puis de toute façon on a pas envi de leur coller un style. Le chanteur maîtrise aussi parfaitement la plume, les paroles sont d'une rare efficacité et en totales adéquation avec la musique, émotives et honnêtes. Le son est très propre, on distingue parfaitement chacun des instruments. On comprends pourquoi l'enregistrement et le mixage ont pris plus de deux mois. Et on ne va pas s'en plaindre, ce The Answer is never est irréprochable. Souvent, les albums dépassant les 60 minutes sont bradés sur la fin et ont tendance à être lassants, mais l'originalité des 16 chansons est telle qu'une fois l’album terminé on a déjà envi de le remettre en boucle. La seizième chanson qui comme son nom l'indique, "the end", est la dernière, une sorte de conclusion époustouflante et enivrante d'un album plus que réussi.

Rarement des groupes "à cuivres" auront réussi à dégager une telle émotion de leur musique sur un tempo effréné. La section cuivre est d'une rare justesse, pas étonnant que ce soit le même musicien aux deux instruments. Toujours en accord avec la mélodie ils apportent une touche non négligeable à la puissance des morceaux de cet album. La recherche de la mélodie a pris le dessus sur le festif, il y a peu de chansons ska, seulement quelques passages comme sur "Chasing amy", "the week end trip" ou "underground" sont dansants. Sur "w.o.r.l.d", une chanson anti élitiste, on sent qu'Howards Alias ont des affinités avec les Rx Bandits, sans toutefois les copier, certains morceaux sont assez évolutifs à la manière du sextuor américain. Chacune des chansons dégagent un univers particulier, cet opus est très éclectique, sur "Anthem for doomed youth" on se croirait plongé tout droit dans L'Etrange Noël de M.Jack. Les plus curieux, qu'ils aiment l'émo, le punk ou le ska, découvriront un groupe unique et qui mériterait plus de considération à l'instar de plusieurs groupes du label londonien. On se demande cependant si en live, à quatre musiciens, ils arrivent à retranscrir un tel univers, la réponse est pour bientôt !
Enfin, l'artwork est lui aussi magnifique, une pochette sombre assortie de dessins illustrant les différentes chansons et représente parfaitement l'univers d'Howards Alias. En conclusion, ce n'est peut-être pas l'album qu'on adore dès la première écoute tant il est particulier mais après une bonne écoute on ne peut pas rester insensible devant ces mélodies accrocheuses et l'atmosphère que dégage cet opus. La grande classe.

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A écouter : "world", "june 3rd", "song for a friend"