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Biographie

Home Grown

Milieu '94, HomeGrown se forme à Orange County (Californie). En 1995, avec leur premier album That's business, ils sont déjà distribués en Europe par Burning Heart Records. La recette power pop punk ska fonctionne à l'époque et le label suédois sort Wusappaning?! l'année suivante. Le groupe qui prend toujours plus d'ampleur devient vraiment connu après des tournées avec Blink 182, Unwritten Law et la sortie de Act Your Age sur Outpost/Geffen records en '98. Depuis, les Home Grown ont affinés leur son et le ska a progressivement disparu même si les paroles elles, traitent souvent encore de ruptures. En 2002, ils signent sur Drvie-Thru Records, label essentiellement pop punk très en vogue, pour sortir Kings of pop qui marque un tournant dans la musique du groupe...

Kings of pop ( 2002 )

Décidément, Home Grown aura su "s'adapter" depuis ses débuts, écotrchant au passage sa crédibilité artistique. Milieu des années 90, la "third wave" (troisième vague) de ska est en plein boom et on découvre les californiens de Home Grown dans ce style ska / pop punk. Puis quelques années plus tard, quand le ska à bien entamé sa décôte et que les Blink 182 commencent à marcher fort, on trouve moins de ska et plus de pop punk dans les chansons du groupe, qui signe par ailleurs un petit contrat avec la major Geffen.
Et finalement, en 2002, les Home Grown qui ne sont plus que 3 débarquent sur Drive-Thru Records, le label pop punk très 'branché' pour sortir ce disque, Kings of Pop, qui marque un tournant conséquent dans le son et la musique du groupe...

Force est de constater que le son des californiens a radicalement changé depuis le Split EP avec Limbeck. Home Grown est maintenant bien au goût du jour en matière de pop punk (Blink 182, Fenix TX et autres New Found Glory ou Midtown)... Prods léchée, sonorités bien rondes, double chant déjà entendu quelque part... rien ne fait tâche.

Mais rien à faire! Même pour l'auditeur peu friand de pop punk que je suis, cet album donne envie de replonger dans ses 15 ans tellement ils maîtrisent le genre tout en y introduisant leurs petits tous de passe-passe addictifs.
Home Grown parvient à esquiver le sempiternel couplet/refrain en enchaînant les accélérations/relents, des rythmes et riffs variés, des ponts etc.  La sauce prend précisément car elle n'a pas la saveur formatée, même si l'emballage en a définitivement l'aspect.

Et puis le trio a un sens de la mélodie qui reste en tête à toute épreuve, inégalé dans le monde du pop punk mielleux multivitaminé.
Dommage donc que le style général manque d'originalité et que la prod' soit si calibrée dans un style déjà saturé en groupes pauvres (artistiquement parlant bien entendu)... Ceci dit, Kings of Pop reste un des rares CDs marquants de pop punk post-Enema of the State. Alors quand les beaux jours arrivent, autant ne pas bouder son plaisir...

A écouter : You're not alone ; Cannot stop the world ; Kiss me, diss me

That's business ( 1995 )

Comme No Fun le rapelle dans sa chronique de Kings of Pop, Homegrown ont commencé à surfer sur la troisième vague du ska au milieu des années 90. That's Business, qui est  le premier des pensionnaires de Drive Thru, est le parfait prototype pop-ska-punk de surfeur.
La moitié des chansons traitent des problèmes d'ado que ce soit les déceptions amoureuses ("she said", "One night stand"), la fille parfaite ("surfer girl"), de sexe ("Impotency" où Johnee Trash (chant - guitare) raconte l'histoire du gars frustré qui ne peut avoir d'érection) ou encore trouver un nouveau boulot ("Get a job", "Employers market"). Les autres chansons sont plus relatives à la scène punk rock ("U bother me"), aux fans ("Wanna-be") ou plus personelles ("I hate myself", "My friends suck"). Bref des paroles très clichés (le mot "masturbation" revient très souvent), un peu à la Blink 182 époque "gros loseurs", mais qui foutent le sourire, faciles à chanter et toujours en adéquation avec la musique. La structure des chansons est basique: couplets / refrains avec des solos souvent calés dans les dernières secondes. A noter qu'aujourd'hui seuls Johnee (guitare) et Adam (basse) sont toujours dans le groupe.

Pour la musique en elle-même: deux guitares, une lead aux riffs de ska et une seconde plus mélodique, les deux guitaristes chantent tout deux avec des voix assez similaires calquées sur leurs parties guiatres. En revanche, pas ou peu de choeurs. Rythmiquement Homegrown n'est pas un groupe qui joue particulièrement vite. Le quatro se contente donc de jouer juste, avec la patate et avec tout le "fun" qui les anime. Parceque oui, That's Business est le stéréotype des albums fun qui parlent de filles, de sexe ou de surf. Mais sur ce genre de thèmes, musicalement Homegrown est l'un des seuls groupes qui a réussi à tirer son épingle du jeu. La chanson "Surfer Girl" est le tube de cet album. Et peut-être aussi le tube d'une certaine génération de punkeurs à roulette. Le genre de chansons qui suivra à vie le groupe... et qu'on peut se passer tout un été, puis l'été suivant et ainsi de suite sans vraiment s'en lasser. "U bother Me", "Get a Job" ou encore "Face in a crowd" sont aussi des chansons dont on ne peut se passer, même neuf ans après, elles gardent toujours le fun et la fraîcheur des compositions de Homegrown. La dernière chanson, "S.F.L.B." est la plus punk rock de l'album, elle sonne assez Ten Foot Pole époque Insider, et prouve aussi que le groupe maîtrise aussi bien le ska, la pop que le punk rock...

On aurait pu croire qu'ils viennent tout droit des spots Californiens, mais Homegrown est bien un groupe australien qui a migré aux Etats-Unis, à l'époque, plus pratique pour enregistrer et jouer du ska-punk. Mais l'Australie est aussi un beau pays de surfeurs. L'album respire le soleil et la mer, à l'image de la pochette qui représente des fleurs dans une barque sur la mer sous un beau grand soleil.
Aujourd'hui Homegrown est devenu un groupe émo pop pas vraiment original, mais en 1995, le groupe était principalement influencé par des groupes de ska (Assorted Jelly Beans, Reel Big Fish, The Aquabats) et de skatecore (MxPx, Blink182 voire The Vandals). On retrouve aussi des touches à la Sublime sur certaines chansons. Une chose est certaine cependant, si vous aimez les derniers albums d'Homegrown, beaucoup plus émo, ce That's Business ne devrait pas spécialement vous brancher. Et vice et versa. Au moins on ne pourra pas reprocher au groupe de faire toujours pareil... Même, si, hélas, ils ont suivi la voie qui marche le mieux selon les époque (skapunk en 95, punk mélo avant 2000 et émo depuis...). Un album qui vaut son pesant d'or (limite rien que pouvoir se mettre "Surfer Girl" l'été venu), sorti en Europe sur Burning Heart Records (sans quoi nous n'aurions peut-être jamais eu connaissance de son existence) et qui n'est donc jamais trop tard pour découvrir !

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A écouter : l'