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Biographie

Hogwash

Skud - guitare et chant
Victor - Basse
Rafik - Guitare et chant
Jérémy - Batterie

Hogwash est un groupe de punk rock parisien né en 2001, la formation actuelle date de 2002. Les influences du groupe vont de Green Day à Propagandhi en passant par Inspection12 ou NOFX. On a donc affaire à du punk mélodique. Après quelques concerts en 2002, les quatre parisiens enregistrent leur premier EP 5 titres Insert title here en juin 2003 au Loko Studio avec Guillaume André des Kobayes aux manettes et STS à la distribution. Une nouvelle série de concerts et le groupe retourne au Loko Studio enregistrer son premier album Old's Cool, New's cool dans la lignée du premier, la maturité en plus. Ce premier album est distribué par Diskrete Music via Virgin et consort. Après 6 ans d'attente, Sticker Paralysis survient enfin, permettant à "l'aventure Hogwash" de continuer.

 

Sticker Paralysis ( 2010 )

Comme partout, le punk rock mélo a connu à Paris son âge d’or à la fin des 90’s. Ses lieux de rassemblement était la Boule Noire, le Divan du Monde, l’Elysée Montmartre, la Pèche ou le Batofar, et c’était toujours les mêmes visages qui peuplaient ses sols, pour voir Chris Demakes (chanteur des Less Than Jake) se faire molarder sur le torse, entendre Consumed/Tilt/Mad Caddies/No Use For A Name partager une seule et même scène ou pour mourir de compression sur des barrières à l’appel de "Stickin’ In my Eye". Hogwash était de ceux là. De ceux qui ont eu des colliers, des pics dans les cheveux, des fanzines photocopiés dans les mains et des etnies au pied.

Alors, à force d’être abreuvé de cette musique, ils ont fini par la ressortir sous forme de sueur. C’est ainsi que le punk doit se manifester. Insert Title Here et Old’s cool, New’s Cool furent ses premières démonstrations dans un style nourri aux banquets du Epifat 90’s sound. Et si on reprocha quelques maladresses de jeunesse à l’époque, il fallait reconnaître une catchysité rare en la matière pour des frenchies. 2010, l’eau a coulé et les épaules des dudes se sont étoffées. En atteste ce premier pas gracieux au piano - qui montre que le groupe s’en fout d’être taxé de sensible - pour introniser l’album : "This Is Not A Method (This Is A Provocation)". Joli titre, aux faux airs de slogan situationniste. Côté son, No Use For A Name/NOFX/Craig’s Brother/Strung Out sont encore adulés; à n’en pas douter ("Donna", "Safety Buzz", "Romina Rovere..."). Les mélodies sont donc bien mises en avant ("The Crying Waitress"), soulignées par un double chant (Rafik/Florian) lui-même mélodique et qui alterne les dictions et les up&down et une rythmique qui fuse sec sans se poser des questions. Du classique à la mitraille - une double - donc (tchoum-tchaq-tchaq-tchoum-tchaq-tchaq), mais avec du c(h)œurs à l’ouvrage, du dynamisme prégnant et une pointe de tripes en plus par rapport à avant, qui donne au ton un aspect tantôt plus rough ("Round One : Fight", "Paris Beach", "Simple Jack") tantôt plus poignant ("Russian Standard Of Care").

Avec une paire de titre typiquement hogwashien ("The Fall", "Waffles"), les amateurs ne seront pas dépaysés et retrouveront le temps de 13 titres les joies de la plongée dans l’univers punk rock mélo ; car le quatuor n’a pas trahi sa patrie d’origine. Plus que Paris plage, c’est carrément la Californie en Ile-de-France qu’ils donnent à entendre. Sticker Paralysis ressort de ce fait avec la mention honorable (à cause de quelques moments un peu répétitif ou pas franchement nouveaux surtout sur la 2e partie) ; le sentiment qu’il a peut-être perdu certains de ses dons pour l’immédiateté catchy mais pour mieux gagner en maturité en contre-partie (Progrès dans le chant, prod’ de qualité, compositions travaillées [Cf. le pont de "Paris Beach"], artwork bien foutu). Le baiser est donc moins doux à cause des poils qui ont poussé, mais le visage est plus racé et plus viril. Et vu que la barbe est hype en ce moment , let's bearded !

En écoute sur MS.

A écouter : "Donna", "Round One: Fight", "Paris Beach", "Russian Standard Of Care"

Old's Cool New's Cool ( 2004 )

En deux années et une trentaine de concerts, Hogwash s'est forgé une bonne réputation dans la scène punk rock mélodique française. Après le EP "Insert title here", il était normal que le combo s'attaque cette fois-ci à la production d'un album.


Le titre de l'opus, Old’s cool, New’s cool  est une référence implicite aux influences d'Hogwash que révèle cet album. Le mix idéal entre la première ère mélodique sous l'effigie des groupes Fat Wreck et Burning Heart et les sonorités plus actuelles des groupes mélos français. Bien que la musique délivrée par Hogwash reste assez classique, elle n'en est pas pour le moins bien exécutée. La force principale de la galette est la parfaite complémentarité des deux chanteurs Rafik et Skud. Les parties vocales ont été très travaillé, l'accent très "franglais" est parfois dérangeant mais la recherche de la mélodie prend le dessus ("Old's cool, New's cool", "Piece of mind") .


Rythmiquement, Hogwash ne s'embêtent pas à chercher la difficulté mais plutôt l'efficacité. La batterie tiraille ("Naked" est un exemple du genre) et apporte toute l'énergie qui se dégage des 11 chansons de ce Old's cool, New's cool.  Cette galette s'inscrit dans la continuité de ce que Hogwash avaient livré avec leur EP, certes ce nouvel album ne surprend pas mais il aura le mérite d'apporter une certaine fraîcheur au paysage mélodique français.


"Naked" à l'intro hardcore où l'on reconnaît la voix de Victor chanteur dans M-Sixteen et bassiste dans Hogwash conclut les 30 minutes du skeud. Une plage multimédia complète le CD avec d'une part des photos du groupe et d'une autre une vidéo d'une vingtaine de minute montrant Hogwash en train d'enregistrer au Loko Studio. C'est toujours sympa d'avoir un petit complément !


Pour conclure, avec cet album, Hogwash cherchent avant tout l'efficacité et l'énergie dans une production qui se révèle très propre et agréable à écouter. Pour un groupe qui a un peu plus de deux ans d'existence on peut être plutôt optimiste pour les années à venir où les parisiens devraient s'approprier une certaine personnalité et se dégager des nombreuses productions punk rock mélodique qui ont, hélas, souvent tendance à se ressembler.

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A écouter : "Old's cool, New's cool", "Piece of mind", "Naked"