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Biographie

Hildur Gudnadottir

Hildur Ingveldardóttir Guðnadóttir est une violoncelliste islandaise, surtout connue pour ses collaborations diverses et ses apparitions avec múm et Pan Sonic. Après des études de musicologie à Berlin, Guðnadóttir revient en Islande où elle intègre le collectif Kitch Motors, un label et collectif chargé de la production de différents travaux artistiques (concerts, livres, films, opéras...) et chaperonné par le compositeur Jóhann Jóhannsson.

Mount A, son premier album, enregistré sous le nom de Lost In The Hildurness sort en 2006. Multi-instrumentiste, l'artiste y assure toutes les parties vocales en plus du violoncelle, de la harpe et du vibraphone. Très influencée par le côté visuel de la musique, elle écrit plusieurs musiques pour pièces de théâtre et opéras et bandes originales de films.

Hildur Guðnadóttir sort Without Sinking, sous son nom propre, en 2009, qui voit la participation de Jóhann Jóhannsson sur un morceau.

15.5 / 20
1 commentaire (17.5/20).

Pan Tone (w/ Hauschka) ( 2011 )

Un pantone est un système qui regroupe une gamme complète de 747 couleurs et qui sont normalisées, obtenues par combinaison entre 9 encres de bases. Pan Tone est la retranscription unique du concert improvisé donné par Volker Bertelmann, Hauschka pour les intimes, et Hildur Gudnadottir, le 26 février 2010. 
Le thème de l'exercice? L'océan et ses couleurs, changeantes et insaisissables. Le gris azuré pâle ("#283") le dispute d'abord au marine profond ("#294") qui s'efface le temps venu devant un bleu arctique glacial ("#320").

Musicalement, on n'aurait pu rêver meilleurs interprètes pour cette synesthésie. Le léger piano de Hauschka, connu pour ses travaux d'improvisation et un Piano Dropped (2005) qui rappelle forcément John Cage, se confronte à la gravité majestueuse du violoncelle d'une islandaise, dont le Without Sinking (2009) résonne encore par-delà les nuages. D'abord joueur ("#283"), puis navigant entre les boucles drones d'une mer menaçante, le musicien s'extirpe du piège de la marée noire avec douleur ("Black 6"). Il lutte, cet albatros, exilé au sol au milieu des huées, celui qui se transcende et s'envole contre toute attente, celui qui dompte l'onde insoumise.

Evoquant une tourmente introvertie, tapie sous une mer d'huile, les cordes telluriques de Hildur Gudnadottir tremblent encore une fois de cette colère sourde redoutée par les marins les plus téméraires ("#320"). C'est alors, comme une féérie, que se poseront, légères, quelques gouttes de piano, puissances magnanimes et rassurantes. Le ton est harmonieux et se fait aérien; disparaît le trouble, ne serait-ce que pour un moment suspendu.

Les couleurs, donc, et un bleu dessiné sous toutes ses notes, mais aussi le mouvement, indispensable corollaire à l'infini de l'océan. Denses, abruptes, imprévisibles, évoluant au gré de ses humeurs, les eaux égrènent leur partition, perpétuelle et atemporelle. Il faut écouter ce piano qui, après avoir mené une longue bataille, vient faire corps avec le violoncelle ("Cool Gray 1") dans une ultime danse frénétique, à corps perdus, épuisés.

C'est ainsi que se tapissent les marines, coups d'archet tour à tour incertains puis accusateurs, portées menaçantes ou salvatrices. C'est la représentation que Hildur Gudnadottir et Hauschka ont peinte de l'océan, le temps d'un concert. La plus juste et la plus éphémère.

16.5 / 20
3 commentaires (16.5/20).
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Without Sinking ( 2009 )

Without Sinking n'est pas un objet tangible. Ce n'est pas une apparition fugace qui, l'espace d'un instant, vient bouleverser une certitude. C'est une sensation; une sensation douloureuse née d'une douce contemplation. Etre au-delà des nuages et contempler ce moment précis où, suspendu, les notes se forment et tourbillonnent avant que n'éclate l'orage. Où les violoncelles s'obscurcissent et grondent, couche après couche, dans le lointain, dans un roulement colérique qui semble infini (Elevation). Un requiem neo-classique, à l'atmosphère pesante qui façonne une tempête sourde, en devenir. Chaque mouvement plus appuyé apparait alors comme un éclair, de ceux qui illuminent brièvement pour mieux replonger dans les ténèbres, dans l'attente indécise, insoutenable (Whiten).

C'est aussi un paysage inondé, délabré, dévasté, à l'horizon drone. Les mélodies sans cesse répétées sont autant de mornes plaines qui s'étendent à l'infini. La désolation du "moment après" symbolisée par une économie de notes, un minimalisme pénible. Le chant froid d'un vent qui caresse l'herbe morte. Comme prisonniers, violoncelles, harpe, clarinette gémissent, rajoutant à la grisaille ambiante le bleu fané qui sied à la brume d'hiver (Circular). La lente respiration des instruments rythme l'exploration de cette étendue fantômatique, allant, dans un ultime effort, jusqu'à retenir leur souffle pour un coin de lumière blanche (Aether) vite dissipé, comme un mirage.

Without Sinking, c'est la rêverie éphémère d'une musicienne talentueuse. De ces artistes qui visualisent leur musique avant de la jouer. Qui semblent modeler les éléments et flotter à pas légers dans la tourmente. Bien accompagnée (notamment par Jóhann Jóhannsson - maître du neo-classique islandais- sur Aether), Hildur Guðnadóttir délivre une vision fantasmagorique faite de formes menaçantes en pépertuel changement, comme ces nuages qui se font et se défont au gré des attentions qu'on leur donne. Avec, en toile de fond, l'hypnotique ballet de silhouettes élémentales, furtives et insaisissables.

Without Sinking est un coup de maître.

A écouter : O.U.I !
Hildur Gudnadottir

Style : Neo-Classique
Origine : Islande
Site Officiel : hildurness.com
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