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Biographie

Herod

Malmö - Suède en 2006, Pierre achète une guitare baryton qu’il accorde six pieds sous terre et se met au travail sur un vieil enregistreur 4 pistes.  Inspiré et influencé par le climat scandinave morose, il compose une  dizaine de titres en six mois. Breach, The ChariotSwitchblade et Cult Of Luna sont quelques unes des références de Herod. De retour en Suisse, il faudra attendre 2011 et la rencontre avec Fabien Vodoz (Twisted) et David Glassey (A Fine Day to Exit) pour que le projet prenne forme. Pierre contacte ensuite Julien Fehlmann (Unfold, Coilguns, The Ocean), Studio Mécanique à La Chaux-de-Fonds, qui accepte de produire et enregistrer l’album. Bertrand Pot rejoint le groupe comme deuxième guitariste fin 2013.

En 2014, Herod signe sur le label danois Mighty Music pour They Were None, la sortie de son premier album en mai. Le chanteur David sera ensuite remplacé par Mike Pilat (ex-The Ocean) qui amène aussi sa guitare, et le long format suivant, Sombre Dessein, actera la signature du groupe chez Pelagic Records en 2019. Les Suisses y complexifiant un peu leur musique et leurs thématiques pour aboutir à l'écriture du troisième album, Iconoclast, sorti en 2023 et produit à la maison par Raphaël Boivey (When Icarus Falls, Kruger, Nostromo).

17.5 / 20
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Iconoclast ( 2023 )

Avec Sombre Dessein, deuxième long sorti en 2019, les Suisses ajustaient une démarche déjà fort bien établie sur They Were None, héritée d’un croisement fou entre feu-Breach, Meshuggah ou Nostromo, et un Post-Metal viscéral dans le sillon d’Unfold et Cult Of Luna, affichant toutefois une atmosphère déviante toute personnelle. Herod repousse aujourd’hui les limites de la dinguerie et nous balance un troisième album à la fois complètement vrillé du casque et d’une lourde élégance.

Les guitares nourries au beurre salé n’ont jamais sonné aussi grasses et carnassières, néanmoins pleines de subtilités, appliquant une patine davantage Sludge aux compositions, corroborées par une batterie qui monte aussi en grade via des cassures ultra percutantes, respectant un groove inaltéré mais en mutation perpétuelle. Le chant clair plus ou moins ritualiste se taille quant à lui une place plus importante, intervient plus fréquemment, toujours avec une remarquable pertinence, l’ensemble enrobé d’ambiances plombées puissamment immersives. Le décor ainsi planté Iconoclast secoue et fascine à chaque seconde, enclin à nous emmener quelque part au-delà du réel sur The Girl With A Balloon, en équilibre au bord du gouffre, ou à nous jeter dans le vide tête en avant sur le cataclysmique The Obsolete, d’une souplesse chaotique renversante.

La production de Raphaël Bovey (Kruger, When Icarus Falls), époustouflante, contribue évidemment à ce déluge de violence maîtrisée, ici volontiers entrecoupée d’épisodes suspendus, aux mélodies pernicieuses, ensorcelantes, doublées d’une voix claire décidément prodigieuse. En parlant de voix les chœurs féminins polyphoniques (issus du Mystère des Voix Bulgares) sur The Ode To… surprennent et dressent les poils, tout comme le chant alterné de The Prophecy bouleverserait les plus insensibles d’entre nous. Le quatuor (sans basse) mené par le guitariste Pierre Carroz excelle dans tous les compartiments, qu’il s’agisse de nous buriner la gueule à grands coups de riffs aux textures variables et de frappes tentaculaires, éléphantesques, ou de nous immerger dans une dimension parallèle et/ou futuriste, kafkaïenne, en proie d’un système abscons et liberticide. Un univers science-fictionnel complexe, vertigineux et aliénant, pas si éloigné du notre finalement. Le Post-Metal / Hardcore atmosphérique des Suisses illustre idéalement la chose et parvient à nous transporter avec une incroyable aisance dans les méandres de ses intentions.

Obscur et tortueux mais équilibré, voire étrangement accessible, Iconoclast captive à chaque instant et nous balade dans son monde dystopique rempli d’images aux nuances de gris et de bleu sombre. Herod est désormais une entité accomplie, magnifique et identifiable entre mille, porteuse d’une fibre helvétique toujours vivace et novatrice.

A écouter : en immersion.
15 / 20
1 commentaire (15/20).
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They Were None ( 2014 )

Je pense sérieusement qu'il faudrait élaborer un algorithme qui calculerait l'attraction des Suisses vers les sons les plus lourds. Non contents de déjà proposer parmi leurs fers de lance Kruger ou encore Cortez, pour ne citer qu'eux, il faudra maintenant compter Herod dans cette florissante scène qui, avec They Were None, viennent de se hisser aux côtés de leurs confrères.

Initialement créé sous l'impulsion du guitariste Pierre Carroz, l'idée de ce projet née en 2006, lors de son séjour en Suède où il chercha à capter la froideur et la désolation du climat scandinave. They Were None s'ouvre sur The Fall qui immédiatement nous plonge dans un abîme de morosité. En plus d'être le titre le plus long, il se trouve également être le plus réussi. Un choix qui peut sembler périlleux mais qui a le mérite de placer l'auditeur dans de "bonnes" dispositions avant qu'un déluge homogène de blocs suffocants ne s’abatte sur lui. Et quand bien même le tempo se met à ralentir, l'atmosphère se montre encore plus inquiétante (We Are The Failure). Ces divers passages remarquablement disposés maintiennent l'angoisse vive tout en diluant intelligemment l’oppression quasi constante de l'album, tandis que des changements brutaux viennent poindre à travers les morceaux, faisant ainsi écho à ces portions distinctes.

Ayant su capturer ce vent nordique, Herod ne cache pas la forte influence Suédoise de Breach et Cult Of Luna, mais le combo a su développer à partir de ces racines une atmosphère étouffante liée à leur musique. Le côté progressif hérité de Meshuggah incorpore une intéressante technicité particulièrement poussée au niveau des fûts (Albert Fish). Ces influences clairement assumées sans pour autant être copiées, tracent des lignes reconnaissables distillées par le son propre au quatuor Suisse.
Les guitares huit cordes sous-accordées soufflent sur la batterie percutante qui englobe l'espace fumant accompagnées par la puissance du chant de David Glassey, offrant au groupe un son à la fois lourd et brutal. Cette superposition étouffante, glissant au fil de l'album tel un mur infranchissable, est mise en avant par une production à l'image du genre, massive et dense, réalisée par Julien Fehlmann (ex-The Ocean).

Nullement inquiété du bien-être de l'auditeur, Herod offre une lente et douloureuse agonie dont on ressort essoufflé, assombri. Difficile d'accès, They Were None nécessitera plusieurs écoutes, espacées mais répétées. Certains se décourageront sûrement avant la fin, passant à côté de ce que l'album a à offrir. Un supplice qui, si l'on persévère suffisamment, deviendra fructueux.


L'album s'écoute sur Bandcamp.

A écouter : The Fall, Northern Lights
Herod

Style : Post-Metal / Hardcore / Sludge
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Origine : Suisse
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