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Biographie

Have Heart

Ryan Hudon - guitare
Patrick Flynn - chant
Shawn Costa - batterie
Kei Yasui - guitare
Ryan Briggs - basse

Have Heart voit le jour en juillet 2002 lorsque Justin (Through Words), Eric (Through Words), Briggs (Time To Pay), Patrick Flynn (The Action Taken), et John D., animés du même objectif, décident de se réunir pour jouer une musique dure mais enthousiaste, centrée autour d'un message positif. Au début considéré comme un side-project, le statut du groupe va évoluer aux environs de novembre 2002 lorsque Flynn et son collègue Ryan Hudon sont renvoyés de The Action Taken. Ce dernier remplace John D. au sein de Have Heart qui, progressivement, devient une priorité pour ses membres.
En juillet 2003, la formation du Massachussets effectue son premier concert suivi, en novembre, par l'enregistrement de sa première démo. Tirée à 1200 copies, l'une d'elles atterrit sur le bureau de Think Fast Records qui permet à Have Heart de sortir son premier ep intitulé What Counts.
Dés lors, le groupe enchaîne les dates, effectuant plus d'une centaine de concerts et trois tournées en une seule année. Cette débauche d'énergie s'avère payante. En 2006, Bridge Nine Records (Palehorse, Death Before Dishonor, The Hope Conspiracy) intègre Have Heart dans son roster qui sort dans la foulée son premier album, The Things We Carry. Celui-ci reçoit un accueil enthousiaste de la part des critiques et du public. Le groupe repart en tournée, draînant de nombreux fans. Il joue notamment avec Sinking Ships, Soul Control, Down To Nothing, Wake Up Call, Rise And Fall, Death Before Dishonor. Après une tournée européenne en compagnie de Bane et Ceremony, il s'envole pour l'Amérique du Sud en novembre 2007 et suit une tournée australienne, début 2008, avec Parkway Drive, Antagonist et Break Even. Enfin, il revient en Europe avec Verse et Shipwreck. Grâce à des sets plein de passion et au charisme de Pat Flynn, Have Heart assoie sa notoriété naissante.
Le deuxième album du groupe, Songs To Scream At The Sun, produit par Kurt Ballou aux God City Studios, sort en juillet 2008. Il est acclamé par la critique et amène les bostoniens à un niveau de notoriété dépassant allègrement ce qu'ils avaient connu jusqu'alors.

Cependant, Have Heart annonce en mai 2009 sa volonté d'en rester là à compter du mois d'octobre suivant, après avoir bouclé son énorme tournée mondiale... Le dernier show du groupe a lieu le 17 octobre 2009 à Boston. En novembre 2010, Bridge Nine Records édite un live posthume de cet évènement, intitulé 10.17.09.

Après sept ans d'existence Have Heart tire sa révérence, ayant marqué de son empreinte le hardcore du début du XXIe siècle. Un groupe qui restera sûrement dans les annales.

16.5 / 20
9 commentaires (16.94/20).
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Songs To Scream At The Sun ( 2008 )

Have Heart revient sous les rayons de e.e. Cummings et l'enfant hurlant sur la cover jusqu'à s'en déformer le visage annonce toute la force qui se dégage de Songs To Scream At The Sun. Car ce deuxième album brille d'intelligence et de passion tel un soleil en pleine (r)évolution.

Infiniment plus sophistiqué et mélodique que The Things We Carry, Songs To Scream At The Sun se rapproche musicalement de Modern Life Is War, mais cet album est nettement plus inspiré et recèle une profondeur, une richesse et une flamme dont aucune réalisation du groupe de Marshalltown ne peut se prévaloir. Le hardcore se pare ici de poésie : submersion dans l'émotion durant vingt minutes intenses et sensibles.
Des rythmes plus lents, parfois lancinants, douloureux, oppressent, compressent, engendrant une tension permanente, la sensation éprouvante de supporter tout le poids de l'existence. Lourdeur sur l'estomac, étranglement, crispation aux limites de la crise violente, réprimée pour éviter le pire mais qui ne dispense pas de la souffrance. Explosion, décharge de rage, masquant un désespoir profond, un sombre désarroi, aux frontières de la dépression. Mélancolie et regrets prégnant jusque sous la peau, frissons d'angoisses, tremblements nerveux, étreignant la gorge et le coeur jusqu'à en soutirer des larmes.
Pat Flynn, d'une voix encore plus expressive, hurle, s'arrache, se déchire, marquant au fer rouge certaines paroles dans la chair et dans l'âme. Les textes, puissants et poétiques, faisant parfois référence à de grands poètes tels e.e. Cummings ("Now Does Our World Descend" sur "The Same Sun"), Sylvia Plath ("Lady Lazarus" sur "No Roses, No Skies") ou Maya Angelou ("I Know Why The Caged Bird Sings" sur "On That Bird In The Cage"), sont magistralement écrits ; "Bostons" étant indéniablement l'un des plus beaux textes rédigés dans le hardcore. Il ne s'agit plus désormais d'asséner les convictions straight edge par un prosélytisme puritain et naïf, ni de stigmatiser ceux qui ne le sont pas. Parce que la vie n'est pas aussi simple, parce qu'elle est pleine de doutes, de blessures, de cassures, de fêlures, d'incompréhension, parce qu'il est difficile d'endurer la pression de l'existence, qu'il y a des moments de désespoir et d'accablement. Parce que nous ne sommes pas toujours ce que nous voudrions être, parce que nous ne faisons pas toujours ce que nous devrions faire et que le remords et la culpabilité nous écrasent. Musique et paroles, emplies de la densité et de la complexité de la vie, prennent aux entrailles, parlent au sang qui coule dans nos veines, à la viande que nous traînons jour après jour. Elles s'ancrent dans le cerveau, éclatent dans l'abstraction, s'adressant aussi à l'esprit et à l'intelligence qui nous habitent.
Introspection personnelle où chacun retrouve des sentiments éprouvés, vécus, Songs To Scream At The Sun est conçu de la même manière que The Things We Carry (on notera d'ailleurs la similitude concernant le premier et le dernier titre des deux albums, "Watch Me Sink"/"Watch Me Rise" - "The Same Son"/"The Same Sun") : un parcours initiatique, un cheminement vers la maturité et la sagesse. Dans ce dédale de contraintes, de chagrin, d'affliction et d'agression imposé par la vie, conscient de sa finitude et de ses imperfections, il faut lécher ses blessures et aller de l'avant malgré tout. ARISE MY SOUL AND SING...

Les chaudes palpitations précédemment ressenties, désormais épanouies, crépitent, brûlantes, irradiantes : dorénavant un nouveau soleil flamboie au zénith du hardcore.

Track-list : 01. The Same Son ; 02. Bostons ; 03. Pave Paradise ; 04. On That Bird In The Cage ; 05. Brotherly LOve ; 06. No Roses, No Skies ; 07. The Taste Of The Floor ; 08. Reflections ; 09. Hard Bark On The Family Tree ; 10. The Same Sun

A écouter : En intgralit. Mention toute spciale pour Brotherly Love.
15 / 20
1 commentaire (17/20).
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The Things We Carry ( 2006 )

Boston est une ville prolifique en matière de groupes de hardcore, et, l'un de ses derniers rejetons, Have Heart, a suscité un tel intérêt après la sortie du ep What Counts, que le prestigieux label Bridge Nine Records (Terror, Sick Of It All, Betrayed, Death Before Dishonor...) leur a ouvert ses portes et permis la réalisation de leur premier album, The Things We Carry.

"Life Is Hard Enough", pas d'atermoiement ni de préliminaire : un rythme rapide et furieux, un hurlement de Patrick Flynn et nous voilà embarqué dans trente minutes d'un hardcore puissant et dévastateur dans la lignée de Chain Of Strength, Champion ou Betrayed. Un son énorme, une musique brutale, une avalanche d'énergie pure, Have Heart déploie son ardeur, sa flamme et sa fougue. Les parties rapides alternent avec des passages mid-tempo où s'intercallent de solides back vocals et, ça et là, quelques bribes de mélodies.
Le tout reste très classique bien que d'une efficacité redoutable, notamment grâce à la production impeccable de Jim Siegel (Dropkick Murphys, Guns Up, Blacklisted). Pour preuve, il suffit d'écouter le morceau "Something More Than Ink" qui se trouvait sur le ep et qui prend une toute autre ampleur sur cet album. Peu original voire rustique lors de la première écoute, il se dégage ensuite une certaine émotion sur quelques morceaux, notamment "Watch Me Sink", à la mélodie inquiétante, ou "Watch Me Rise". Alors, rien de nouveau sous le soleil levant qui orne la cover?

Il y a le chant, rageur, empreint d'angoisse ou de peine, ponctué de hurlements douloureux. La voix de P. Flynn n'est certes pas extraordinaire mais elle est accrocheuse et expressive. Le frontman assène ses convictions straight edge avec une véhémence et une passion qui ne sont pas sans rappeler celles de Ray Cappo (Youth Of Today), et certains mots, certaines phrases, se gravent dans notre mémoire : "Remember what love is" (Watch Me Sink"), "There's a gift inside your head called your mind" ("Armed with a mind") ou le simple mot "addiction" dans "Song Of A Shame". Ainsi, un message straight edge puissant et intelligent est mis en avant. Les thèmes ne sont pas nouveaux (drogue, alcool, violence physique, attitude positive face à l'adversité, amour de la vie), mais on note un léger changement dans la manière de les aborder, plus sensible et introspective. Ainsi, "Watch Me Sink" comporte une célèbre citation du poète américain E.E. Cummings qui traduit à elle seule toute la philosophie du groupe ("in a world which is doing it's best, night and day, to make you everybody else").
Enfin, une mention toute spéciale au morceau qui termine l'album, "Watch Me Rise". Plus mélodique, dans un style proche de With Honor ou Comeback Kid, agrémenté de paroles fortes qu'illustre l'artwork de Don Naylor (Bane, Shipwreck, Set Your Goals, Hatebreed...), il conclut l'album dans un éclat de lumière et de rage de vivre. Dès lors, il n'est pas hors de propos de se demander si ce disque n'a pas été conçu tel un parcours initiatique, car de "Watch Me Sink" à "Watch Me Rise", se dessine un chemin qui mène des abysses au soleil, comme un éveil à la vie, une progression vers la sagesse.

Muni d'une forte identité, Have Heart vise le coeur et frappe fort tant au niveau musical qu'au niveau du message délivré. Certes, il s'agit d'un hardcore solidement ancré dans la tradition mais la passion injectée par le groupe soulève l'enthousiasme. Au final, The Things We Carry est un excellent album de hardcore, et l'intelligence dont fait peuve Have Heart laisse présager du meilleur pour l'avenir.

A écouter sur Myspace : "Armed With A Mind", "The Unbreakable".

A écouter : Watch Me Sink, Watch Me Rise, The Unbreakable