Biographie

Haust

Haust est un groupe Norvégien piochant allégrement entre influences Black Metal et Hardcore. Composé de Vebjørn Guttormsgaard, Ruben William, Dag Otto Basgård et Pål Bredrup, le combo sort un premier album Ride The Relapse en 2008, qui fait parler de lui un peu partout sur Internet grâce à quelques compos directes et taillant dans le lard. Courant 2010, Haust revient avec Powers Of Horror.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (14/20).
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Powers Of Horror ( 2010 )

On gardait Haust dans un coin de notre mémoire depuis que le puissant Ride The Relapse avait chamboulé un peu nos neurones en 2008. Pour preuve, l'excellent titre White Thrash Extravangaza fait encore souffrir des cervicales et des tympans comme au premier jour. Un split avec Next Life sur les étals et 2 ans plus tard, The Powers Of Horror vient confirmer que derrière ces 4 jeunes musiciens se cache un véritable potentiel qui semble ici exploser.

Les Norvégiens ont le sens du riff, celui qui crache, qui érafle les oreilles avec un couteau rouillé, à la manière d'un Trap Them / Trash Talk, à ceci près que le chant est ici purement malsain, froid. Le son est empreint d'une haine impassible et industrielle, bien loin des standards gras et crades de la scène Holy Terror, lorgnant plus vers un Entombed. Même si la manière de composer s'avère proche des groupes précédemment cités, Haust tartine encore une couche avec des lyrics plus proches d'un goregrind que d'un hardcore plus traditionnel (Vomiting, Shit It, Eaten Alive) et des visuels plus que douteux (comme le montre le clip de Anti-Reproductive). Heureusement, l'ensemble est de très bonne facture et ne tombe jamais dans la débilité profonde, avec des compos qui tiennent la route, se permettant même de jauger une dizaine d'années de culture musicale sur Nekromantik Norway ou The Abyss, avec un son purement Norvégien (pensez Immortal, Darkthrone, ...) derrière une production plus actuelle.
L'un des éléments les plus saisissants de cet album (et du groupe plus généralement) est ce chant blackisé, crachant les mots comme du venin, piétinant un feu de joie, une lueur de folie au fond des yeux. Skate Rock, I Don't Know Jack, Deep Green, ... Haust n'a plus rien à apprendre de ses ainés depuis belle lurette et donne même une leçon de 33 minutes sur la manière de retourner les cerveaux.

Là ou Kvelertak tentait aussi de faire un mix entre Black et Hardcore, avec au final un sous-Turbonegro imbuvable (quitte à me mettre l'ami Pentacle à dos), Haust y va plus fort, ne cherchant pas quelque hymne peu convaincante ou refrain faussement fédérateur. Haust enterre tout, définitivement, avec une haine décuplée sur ce nouvel opus. Qui dit mieux ?

A écouter : The Abyss - Vomiting - Anti-Reproduktive - Nekromantik Norway