Biographie

Haruto Umezawa

Haruto Umezawa né en 1966 au Japon. Dans les années 80, il devient l'assistant du mangaka Tsukasa Hojo, l'auteur de City Hunter (Nicky Larson) entre autres ; puis de Takehiko Inoue, dont la série Slam Dunk est l'un des mangas les plus vendu au monde. Haruto Umezawa se lance en tant qu'auteur principal au début des années 90, avec ses séries Hareluya, puis Hareluya II Boy, et Bremen, paru en France aux Editions J'ai Lu sous le titre Bremen : Les Déjantés. Il publie ensuite dans le magasine japonais Jump une série appelée Countach, de 2004 à 2012.

Chronique

13.5 / 20
1 commentaire (15/20).

Bremen : Les Déjantés ( 2001 )

Bremen : Les Déjantés est un manga qui raconte l'histoire d'un groupe de Rock fictif nommé Bremen. Quant au suffixe "les déjantés", eh bien, l'histoire racontée dans ce Shonen parle d'elle-même. De bastons en bastons, de situations compliquées en situations encore plus compliquées et loufoques, le quatuor n'en fini de prouver qu'ils méritent cette précision apposée au titre de leur série.

L'intrigue est justement basée sur ces éléments plus que sur l'aspect musical qui offre plutôt un contexte global. Cela n'est absolument pas un point négatif en soi, l'auteur arrivant à jongler entre les passages nécessaires à l'avancement du scénario, des interludes où l'on voit Bremen se concentrer sur sa musique, mais aussi des flashbacks explicatifs sur divers personnages, renforçant l'attachement qu'on éprouve pour eux. Car chacun des membres du groupe est une personnalité unique et fantasque, tellement qu'on tombe dans l'excès et la caricature, mais cela fait aussi qu'on fini par les aimer, voir à s'identifier à certaines facettes de leur personnalités. Nous avons donc affaire à un guitariste en fugue, un chanteur amnésique, un batteur trans-genre, et un bassiste anciennement sataniste qui possède l'oreille absolue. Cette association de caractères différents sert le scénario, l'ouvrant sur des situations comiques ou sur des possibilités d'évolution de l'histoire vers une direction ou une autre, ce qui appuie encore sur le fait que le "casting" de Bremen : Les Déjantés soit vraiment le point fort de l'œuvre.

Malheureusement, certains aspects négatifs ressortent aussi : le plus évident d'entre eux est la fin de l'histoire. En effet, suite à des restrictions de budget de l'éditeur original, et vu le succès relatif de la série, après le tome 8 il sera imposé à Haruto Umezawa de terminer son récit en un neuvième opus, sans possibilité de prolonger la publication de Bremen : Les Déjantés. Le dernier volume de la série est donc à la fois une justification maladroite de toutes les questions laissées en suspend, un aboutissement soudain et épanoui pour tous les personnages principaux (happy end oblige), et une conclusion hâtée au scénario global.
On citera aussi, au rang des défauts de l'œuvre, la vision cliché des groupes de Metal satanistes, alors que le reste du manga se veut porteur d'un message de tolérance et d'ouverture sur tellement d'autres niveaux, comme le féminisme, les différences sociales, l'homosexualité... C'est étrange de diaboliser cette musique lorsqu'on traite du Rock, qui est un genre très voisin, même si cela sert évidemment au scénario.

En terme de musique pure, Bremen : Les Déjantés ne casse pas trois pattes à un canard. Les références à des artistes réels sont inexistantes, l'auteur s'appuie simplement sur des genres (tel groupe joue du Rock, tel autre joue du Heavy...), à l'inverse de titres comme Scott Pilgrim de Bryan Lee O'Malley ou Perkeros de Jussi-Pekka Ahonen qui jouent adroitement sur le double tableau "groupes fictifs / références réelles".
En revanche, on sent qu'un travail de recherche a été fait pour dessiner avec fidélité des doigtés correspondants à des accords de guitare qui existent, le jeu aux doigts du bassiste est parfaitement retranscrit, les rôles des instruments sont bien décrits, et tous sont dessinés avec précision.

Malgré certaines maladresses, on sent à la lecture de Bremen : Les Déjantés que Haruto Umezawa est passionné par son propos. Un scénario plein de rebondissement (bien que bâclé sur le dernier tome) et des personnages très attachants font en sorte qu'on pardonne souvent les points faibles de la série, à commencer par ses aspects stereotypiques. Une lecture sans prise de tête, conseillée aux amateurs de Rock énergique, de mangas survoltés, mais qui sera vraiment appréciée par celles et ceux qui aiment les deux à la fois.

A écouter : Sans hésiter, si vous trouvez la série complète sur LeBonCoin