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Biographie

Hands Up Who Wants To Die

Quartet irlandais sévissant depuis 2008, Hands Up Who Wants To Die crache un noise-rock tirant vers le hardcore, rappelant autant Big'N que Enablers, Fugazi et j'en passe. Deux ans après leur formation, Hands Up Who Wants To Die sortent un split album avec I'll Eat Your Face, suivi d'un premier véritable album en 2012 (Buffalo Buffalo Buffalo Buffalo Buffalo) chez Richter Collective, qui donnera le ton et la patte du groupe et qui permettra aux dublinois de s'exprimer en marge de la masse et de tourner dans quelques rades en dehors de leurs frontières. Un second LP nommé Vega In The Lyre voit le jour en septembre 2014, via un paquet de labels dont Learning Curve et Art For Blind.

Vega In The Lyre ( 2014 )

2012, François Hollande est élu à la présidence de la République Française, plein de promesses et d’espoir pour ses électeurs… C’est aussi l’année qui a vu émerger en dehors de leurs bases les faiseurs de bruits Hands Up Who Wants To Die, quatre Dublinois qui offraient un condensé de noise rock virulent des plus jouissifs, plein de promesses lui aussi. Exposant une personnalité foutrement bien définie pour une première livraison, Buffalo buffalo buffalo… baignait dans un feeling insistant et délicatement casse-gueule. La question était alors de savoir ce que pouvait donner la suite de ces nobles et sales intentions, qui résident donc en Vega In The Lyre, pondu environ deux ans plus tard.

Et bien contrairement aux électeurs de notre président monarque, les apparentes convictions grinçantes des Irlandais n’ont pas été trahies. Elles se retrouvent même validées par cette basse grassouillette, omniprésente et martyrisée, cette guitare plus cradingue que jamais, ce batteur aux frappes sèches mais denses, et ce chant arraché, scandé, voire exténué, agonisant, coincé au fond d’un puits aux parois tapissées de vase.

Preuves en sont l’introductif Now Beacon, Now Sea, éclatant sur nos visages tel un gracieux bubon d’acné récalcitrant, Scoops et ses enchevêtrements sirupeux à faire saigner les synapses, ou encore le faussement calme et nonchalant Burnt Yesterday. On côtoie toujours autant Enablers que Big’N ou Shellac, le quartet déployant cette alliance plutôt singulière d’intensité (post)hardcore et de noise équilibriste, où l’on retrouve ces notes harmoniques salvatrices (No Big Deal, Dreft) malgré une présence plus sporadique. La mélodie demeure active néanmoins, parfois vivace (le long et vibrant False Dawn, The Brotherhood) bien qu’elle soit régulièrement enfouie parmi les déjections bruitistes, elles-mêmes toujours agencées avec soin, étalées aux endroits et moments opportuns, notamment sur un Beauts Malone final totalement pété.

Une certaine urgence émane de Vega In The Lyre, là où son grand frère prenait un peu plus le temps d'installer ses ambiances de cave humide parsemée de rats crevés. Ce qui apparaît d’abord comme une (légère) déception s’avère finalement être une continuité naturelle, qui réclame certainement de s’enfiler les deux albums d’affilée pour en tirer la quintessence. Plus qu’à espérer un respect intact des valeurs du noise rock aux prochaines échéances. En attendant si vous aimez le bruit musical, votez Hands Up Who Wants To Die.

Vega In The Lyre existe intégralement sur Bandcamp.

A écouter : dans la foulée du premier.

Buffalo buffalo buffalo Buffalo buffalo ( 2012 )

Dans la pas si droite lignée des Shellac, Big’N, Hammerhead, The Ex, Fugazi et consorts, le quatuor irlandais au patronyme qui résonne comme un appel au meurtre - voire au suicide collectif - nous embarque en effet sur des terrains salement accidentés avec son premier album, Buffalo buffalo buffalo Buffalo buffalo, un titre assez chiant à écrire que je ne mentionnerai donc qu’une seule fois dans cette chronique.

La musique des dublinois est d’ailleurs synonyme d’inconfort, un peu comme si on restait assis pendant quarante minutes sur un accoudoir de canapé. Mais tout amateur de bruit-rock se complaira dans cette absence de confort. D’avantage lorsque tout ça est exécuté avec un feeling déroutant, et fascinant. HUWWTD ne se contente pas de répéter ses gammes noiseuses punkisantes, il s’évertue à donner une couleur, une identité à chaque titre. La voix, mi-parlée mi-scandée, bénéficie d’un timbre perçant, chargée de douleur salvatrice (Into The Forest, The Scorpion Crawls), quelque part entre Enablers et Unsane. La basse racle en permanence nos esgourdes qui en redemandent, la guitare tranchante régurgite sa crasse farcie de larsens maîtrisés, de dissonance et de grumeaux noise-hardcore (Sailor, Wompy, Why?), mais aussi de quelques notes harmoniques s’extirpant de ce grisant marasme (God Of The New Age, Buggy Sandmice, Vergessen, Stopwatch). La discussion est particulièrement fluide entre chaque instrument, le batteur étant gavé d’une amplitude typiquement hardcore, allant même jusqu’à s’envoler sur l’ébouriffant final Fortunado. A signaler l’enregistrement en direct (courant dans le genre), qui donne à ce disque toute la puissance de feu qu’il mérite.

Les irlandais frappent là où ça fait mal dès leur premier essai en long format, un tour de force déjà blindé de personnalité qui les hisse instantanément aux côtés de leurs ainés. La suite déboule d’ailleurs d’un instant à l’autre, et l’on ne manquera pas d’en parler. Notez bien ce nom, au cas où ce quartet volcanique passerait près de votre lieu de vie.

En écoute tout à fait intégrale sur bandcamp.

A écouter : le cul posé sur un accoudoir.