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Biographie

Grumpf Quartet est un trio électrique instrumental au nom inadéquat. Ses seuls et essentiels composants humains sont en fait trois garçons jouant respectivement (et respectueusement) de la batterie, de la guitare et de la basse. 
 
Depuis leur formation en 2006, ils essaient de produire une musique riche aux structures changeantes, aux harmonies inhabituelles et aux rythmiques complexes dans un registre hardcore / noise lorgnant vers un mathrock des moins caricaturaux tentant de faire cohabiter l'énergie et la puissance avec la finesse et la sophistication. Des musiciens ont déjà ouvert cette voie et les motivent à la suivre par leurs productions inspirantes : ils l'assument, sans chercher la copie, mais ils doivent beaucoup à des groupes comme Meshuggah et The Dillinger Escape Plan dans le métal, Golden et Hella dans le mathrock, Cheval de Frise et Diatrib(a) dans les inclassables, Stravinsky et Prokofiev dans la musique savante (bien que tous les groupes cités puissent être appelés « savants » même si leur musique n'est pas forcément écrite) et la liste est bien sûr beaucoup plus longue. L'objectif est simple : donner une musique touchante et bougeante la plus originale possible, une musique pour la tête et les jambes.

15 / 5
1 commentaire (15/20).

Grumpf Quartet ( 2010 )

Depuis le prometteur ep chroniqué en ces pages, qui n’a d’ailleurs pas pris de ride, Grumpf Quartet s’était fait discret. Pas volontairement, mais par la force des choses. Vous comprenez, ça a l’air facile quand est assis dans le canapé à les écouter, c’est bien marrant,  mais quand on donne comme ça de sa personne dans des compositions savamment construites, ça ne se fait pas comme ça. Et quand par-dessus ça, vous ajoutez des domiciles fort éloignés des membres du trio, vous saisissez pourquoi Grumpf ne compose pas à la vitesse du son, et vu qu’ils aiment les choses bien faites, ça a pris du temps pour que ce disque sorte, et ça valait le coup d’attendre. Et pour nous, et pour eux. Premier album donc, qui lance officiellement la carrière d’un groupe qui a une ambition artistique très profonde, une déjà forte personnalité, originale et pas attachée à quelconque scène.

Grumpf Quartet avec une étiquette, c’est mathrock, épris de noise rock, de dissonances clairement annoncées comme émanant du lointain et hors-propos (mais néanmoins immense) Igor Stravinsky. Et si l’on suit une logique analytique d’ethnomusicologie, le mathrock appartiendrait à la grande musique du post-rock. Sur ce premier album du trio (à peu près) bordelais, ce constat est frappant et impose le rapprochement, dans des friches rares qui créent sa personnalité. En étirant ses explorations, toujours joliment bancales d’un point de vue rythmique, la formation alterne les ambiances, ralentit, accélère, propose de la matière riche et fertile, et surtout un contenu à digérer en une multitude d’écoutes. Mathrock oui, mais à quoi bon se codifier et s’enfermer dans un son décliné à travers des rythmiques canon (à tous les sens du terme) et tapageuses ? Ici, Grumpf Quartet cultive l’étrange sans être dérangeant, en usant simplement intelligemment de sa connaissance de la musique. Arquer distorsions affiliées sludge sur structures ouvertement jazz, casser des arpèges sur des explosions vaillamment cadencées, crier l’amour du blast-beat en le cryogénisant sans état d’âme, ou vaincre le démon du crescendo facile, tout cela Grumpf Quartet l’effectue avec brio, solennité et application sur ce premier album éponyme. Et même s’il s’avère assez dur d’accès, il prend une ampleur assez considérable une fois ingéré, léger, équilibré et flirtant avec l’excellence.

Grumpf Quartet n’est pas de la poudre de perlin pinpin, pas du m’as-tu vu pinpon pinpon. Etonnamment, pour un groupe que l’on affilierait au mathrock, il prend le temps. Les plans antinomiques s’enchaînent, oui, mais ils nous laissent le temps de les découvrir, et la sincérité est là. Et vu que le groupe met son album en téléchargement gratuit sur son site, vous auriez tort de vous priver d’une écoute. Pas une surprise, mais une belle confirmation.

A écouter : en pleine crise de migraine.
4 / 5
2 commentaires (17.5/20).

L'appel de la forêt EP ( 2006 )

  Le Grumpf Quartet, qui n’en est pas un, est un jeune combo "west coast". Non pas que le groupe s’adonne à la musique de "Snoop Toutou Chien", ou qu’il aime prendre les voitures pour des yoyos, c’est juste que ses trois jeunes membres se dispatchent géographiquement entre Pau, Bordeaux, et Nantes.

  Si leur animal fétiche semble être le macaque, leur premier trois titres n’a toutefois rien d’une farce. Outre ses airs débonnaires et le fait d’avoir l’arrière-train rougeoyant, le singe a pour principal trait de caractère son imprévisibilité, humeur que l’on retrouve immédiatement à l’écoute de ce math-rock instrumental à l’énergie débordante. Un style dans lequel il faut nécessairement avoir le moyen de ses ambitions, sous peine de disqualification ingrate mais directe. Heureusement, Manu (batterie), Gabi (basse), et Laurent (guitare) s’en sortent à merveille. Ils ne nous perdent pas le moins du monde dans leurs morceaux, évitant au passage l’écueil des plans superposés incohérents et de la surenchère, et font montre d’une technique irréprochable, voire stupéfiante pour un combo de cet âge. Citant volontiers en influences Cheval de Frise, Shellac, Mr Bungle, Zorn (Naked City), Charles Mingus et Béla Bartok, Grumpf Quartet est donc attaché aux musiques réfléchies. Mais le combo y intègre également un côté décalé issu de leur attachement à Primus, et qui colore de fait certains passages d’une teinte "araignée-au-plafond" très Buckethead (Ishakata Ajime). Nos math-rockers n’étant pas monomaniaques, ils dissipent également des passages un peu plus grandiloquents, nerveux au sens psychologique du terme, mais tout aussi réussis, dans une veine proche des premiers essais de The Mars Volta (For The Ladies).

  Une première démo très prometteuse, cela va sans dire. Après les Chevreuil, et autres Cheval de Frise, l’intimiste scène math-rock française pourrait bientôt accueillir un nouvel animal dans sa ménagerie avec le Grumpf Quartet. Ne reste plus qu’à attendre l’éventuelle mais essentielle confirmation. Toutefois, au vu du potentiel déployé, les cartes sont indéniablement dans leurs "papattes".

Ecouter : Ishakata Ajime, Shaka, et For The Ladies sur la page MySpace du groupe.

A écouter :
Grumpf Quartet

Style : Math Rock
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Origine : France
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