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Biographie

Green Carnation

Formé au départ en 1990 en Norvège par Christian "X" Botteri et son frère Cristopher Botteri ainsi que par Terje Vik Sche "Tchort" et Anders Kobro, Green Carnation se démarque du traditionnel black métal norvégien, pour donner dans un métal polymorphe, progressif, sombre et mélancolique. Ils font la rencontre peu après du chanteur Richart Olsen et commencèrent à jouer un peu partout en Norvège. Le groupe sort sa première démo intitulée Hallucinations Of Despair qui va être suivie peu après du départ de Tchort pour le fameux groupe de black métal Norvègien Emperor, Tchort participera notamment à de nombreux projets dans des groupes comme Satyricon ou encore Carpathian Forest. Richart Olsen décide lui aussi de quitter le groupe et le nom de Green Carnation sera laissé à l'abandon pendant quelques temps.
Les 3 membres restant : les frères Botteri et Anders Kobro décident alors de former In The Woods et sortiront par la suite 4 albums jusqu'a ce qu'en 1999 Tchort revienne s'intérésser de nouveau au projet Green Carnation et recontacte les frères Botteri, ils prennent contact avec Alf T. Leangel (batterie) et enregistrent Journey to the end of the night, un album définitivement très sombre, passant par le doom, des passages psychédéliques et mélancoliques, voyant la participation de multiples vocalistes, un album que Tchort dédiera entièrement a sa fille décédée.
Journey to the end of the night attirera lors de sa sortie l'attention des fans de métal, mais après l'enregistrement Tchort devra former une nouvelle line-up, après une séparation qui reste encore confuse et mystèrieuse avec les autres membres du groupe, cette nouvelle line-up sera notamment composée du batteur d'origine Anders Kobro et d'un nouveau chanteur : Kjetil Nordus.
Green Carnation reprend donc un second souffle avec cette nouvelle formation et sort en 2001 le succèsseur de Journey to the end of the night : Light of day, day of darkness, album dédié cette fois au fils de Tchort ainsi qu'aux frères Botteri et composé d'une seule et unique piste de 60 minutes enregistrée par une trentaine de musiciens, incluant même un choeur d'enfants. L'album est un réel succès, élu album du mois dans le magasine Metal Hammer a 2 reprises, il ouvre notamment au groupe les portes du Wacken Open Air en 2002 où celui-ci recréa dans son intégralité l'ambiance de l'album devant plus de 8000 fans. Quelques mois plus tard, l'enregistrement du 3ème album A Blessing In Disguise commenca, produit par Tchort lui même. L'album sortit sous le label français Season Of Mist connaissant encore une fois un réel succès, vivement acclamé par la critique et la presse métal. Le groupe entama une tournée en Europe en tant que tête d'affiche, enregistra son premier dvd en Pologne et commenca en Septembre 2004 l'enregistrement de The Quiet Offspring a Marseille en France. L'album sortira environ 6 mois plus tard avec un succès cette fois-ci plus mitigé mais qui permit tout de même au groupe de faire une tournée un peu partout en Europe et en Amérique du Nord. 2005 marquera également la création par Tchort et Kjetil Nordhus de leur propre maison de disque Sublife Productions. Le groupe enregistre par la même occasion son premier album accoustique The Acoustic Verses qui sortira en Janvier 2006 et le groupe verra également son batteur Anders Kobro remplacé par Tommy Jackson. A noter que Tchort compte faire dans les années a venir une sorte de trilogie qui s'apellera Chronicles Of Doom dont Light of Day, Day Of Darkness (leur deuxième album) serait le premier volet, cela laisse présager un prochain album dans la lignée de celui-ci.

17 / 20
7 commentaires (16.5/20).
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The Acoustic Verses ( 2006 )

Peu après la création du label Sublife Productions, Tchort et sa bande se lancent dans un album entièrement acoustique, projet qui semble alléchant à première vue, quand on connaît les talents du groupe pour ce qui est du côté progressif et mélancolique. A Blessing In Disguise ainsi que son successeur : The Quiet Offspring avaient déjà marqués un tournant assez conséquent dans l'orientation musicale de Green Carnation, vers une musique plus rock voire même stoner mais ne délaissant pas les passages acoustiques et mélancoliques toujours présents, rappelant ainsi le tournant musical de Metallica avec les albums Load et Reload. The Quiet Offspring a surpris, et les fans eurent des avis plus que mitigés quant à ce nouvel opus après le succès de Light Of Day, Day Of Darkness, considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre du groupe, profondément sombre et progressif. Mais il n'est pas question ici de s'interroger sur le tournant musical du groupe, The Acoustic Verses marque certes une certaine rupture avec les autres albums, mais cela est légitime étant donné ici la nature du projet dans lequel Green Carnation a voulu se lancer. Il faudra attendre l'album suivant pour constater une éventuelle poursuite ou rupture de la nouvelle orientation musicale donnée par les deux derniers albums.

Cependant on avait déja pu constater des passages mélancoliques très attachants dans l'album précédent, passages magnifiquement embéllis par la voix de Kjetil Nordhus. Cette fois-ci l'album repose entièrement sur ces moments de triste beauté. Les mélodies peuvent paraître simplistes et innocentes à première écoute, mais c'est ce qui fait ici tout le charme de certains morceaux comme Sweet Leaf basé sur un rythme gentillet et entraînant à la fois grâce à la présence de la batterie, mais une présence qui va se révèler assez réduite toutefois dans cet album. Cette simplicité se perçoit également très nettement dans The Burden Is Mine ... Alone, morceau qui peut rapeler de douces comptines, délivrant a la fois beauté pure et tristesse, un morceau simple mais ô combien bouleversant. Cette ambiance mélancolique toujours présente au fil de l'écoute prend toute sa saveur dans le morceau Maybe?, nous delivrant une impression de rêve, bercé par une multitude de cris fantômatiques a la fois inquiétants, oppressants et ennivrants. On peut également prendre pour exemple le titre Alone dans lequel sont présents violons et violoncelles, ajoutant une touche d'ambiance celtique, nordique a ces atmosphères, nous offrant une douce poésie épique, une douce revêrie qui va continuer tout au long du disque, parsemée de passages plus sombres encore, voire oppressants tels que High Tide Waves. La pièce centrale de plus de 15 minutes 9-29-045 nous offre une mélancolie encore plus marquée, coupée par un passage obscur et oppressant, composé de samples et de voix étranges, retombant ensuite dans le lyrisme avec des paroles plus que touchantes et tristes accompagnées de mélodies de guitare toutes simples mais pourtant éfficaces donnant ainsi beaucoup au sentiment de tristesse. Ce morceau est vraiment la pièce maîtresse de l'album, mélangeant noirceur et beauté d'une manière vraiment sincère et touchante, une avalanche d'émotions qui nous submerge d'une manière intense.

La clé de cet album est vraiment la douce mélancolie qu'il nous délivre au fil des morceaux pouvant rappeler certains albums de Katatonia ou encore de Porcupine Tree, commençant par un morceau simplement beau, presque naïf, pour finir sur une touche plus oppressante, traversant des passages ennivrants et bouleversants, nous transportant dans un rêve éblouissant et merveilleusement reposant. The Acoustic Verses, est un album qui touche et transporte, il est l'aboutissement de toute la carrière du groupe jusqu'a présent, prenant la noirceur et le lyrisme des premiers albums et le côté plus simpliste et limpide des derniers. Tchort a définitivement un don pour toucher les gens a travers des émotions diverses et merveilleuses, à travers la mort, la vie, à travers l'obscurité, la lumière, ainsi que bien évidemment à travers la voix de Kjetil Nordhus .

A écouter : The Burden Is Mine ... Alone, Maybe?, 9-29-045, High Tide Waves
18 / 20
4 commentaires (16.75/20).
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Light of Day, Day of Darkness ( 2001 )

Light Of Day, Day Of Darkness. Pièce maîtresse, intemporelle. Composée entièrement par le Sieur Tchort, musicien aguerri et respecté dans les milieux Metal et en Norvège, ayant participé à des méfaits comme Emperor et Carpathian Forest.

Tchort plonge ici dans des atmosphères Folk, romantiques et nostalgiques sur cet album composé d'une seule piste de 60 minutes. Une œuvre volontairement décadente (plus de 600 samples utilisés, chorales d'enfants, d'Opera, des instruments à vents, à cordes...) mais à la fois complètement intime et personnelle. On sent la maturité du musicien qu'est Tchort dans cette musique aux confins de plusieurs genres : Heavy, Black, Atmo, Post-Rock... , mais aussi dans les paroles. « I am who I am, I just want to be... » On sent que la nostalgie est l'émotion principale qui transpire sur Light Of Day, Day Of Darkness. Celle d'un homme qui regarde le passé et le chemin parcouru. Bien sûr cela reste une émotion et une perception parmi d'autres subjectives, et les possibilités d'interprétation sont nombreuses. Ca regorge d'émotions, c'est poignant et touchant, mais sans jamais tomber dans le pathos. Par ailleurs, malgré sa longueur et son apparente complexité, cela reste incroyablement fluide. Les mélodies, les sonorités se gravent instantanément dans l'esprit sans jamais vous lâcher. Les principaux thèmes, motifs, reviennent à plusieurs moments comme pour ancrer le passé. Tout s'enchaîne parfaitement et l'on ne voit presque pas passer les 60 minutes et 5 secondes qui la composent. Il est évidemment difficile de parler dans l'ensemble d'un morceau comme celui-ci c'est pourquoi j'ai décidé de le diviser en plusieurs parties selon mon ressenti personnel.

I - 0-5min. Enfance. Intro ambiante. Les instruments se posent, guitare, batterie, basse, cœurs féminins, cris d'enfants... Kjetil Nordhus, le chanteur du groupe, Tenor implacable... Et le motif principal de Light Of Day, Day Of Darkness nous prend.
II – 5-20min. Adolescence. Quand les premiers riffs du guitare électrique rugissent à nos oreilles, l'on sent qu'on entre dans ce cœur de l’œuvre, peut-être la partie la plus Progressive et Heavy, la plus brute (ces hurlements très Black presque incontrôlés, ces riffs et arpèges épiques, ces violons...)
III – 20-40 min. L'âge adulte. Tout commence vraiment lors de ces petits accords Folk et sobres, sur lesquels viennent se greffer les guitares électriques, violons et claviers toujours très '70s. Les thèmes de Light Of Day, Day Of Darkness sont pour la première fois repris. La partie très ambiante qui mène vers le solo avec ce chant féminin est très surprenant, peut-être le moment le plus triste de l’œuvre.
IV – 40-43 min. Solo de la Rédemption. Le passage ambiant qui le précède est comme un effondrement de l'album sur lui-même, une sorte de grande dépression. Mais le Phoenix renaît de ses cendres « I am who I am, I just want to be », et nous offre l'un des plus beaux moments qu'il m'a été donné d'entendre dans la musique.
V – 43-57 min.  Vers l'Inconnu. Déjà plus que 20 minutes. Une partie plus expérimentale, avec des sonorités orientales. Les thèmes principaux sont de retour, jetant leurs dernières forces. Et de nouveau les mystérieux cris d'enfants...
VI – 57-60 min. Sursaut final. Et ce fameux motif musical que l'on entend pendant les 5 premières minutes. Tout simplement sublime.

Si il y avait une Symphonie du XXI siècle, elle aurait pour nom Light Of Day, Day Of Darkness.