Découverte
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Biographie

Great Falls

Issus de Kiss It Goodbye, Jesu, Undertow et Playing Enemy, les membres de Great Falls font dans la violence, l'agression, mais aussi la lourdeur et l'oppression. Oscillant entre Noise-Hardcore belliqueux et Sludge rampant, le trio a déjà sorti une multitude de choses, entre des cassettes audio et CDR partagés avec Kenji Siratori (2009, 2011), A Death Cinematic (2011) et Pink City (2012), un split 7" avec Dephosphorus en 2012, et deux albums, Fontanelle en 2009 et le second Accidents Grotesque en 2013.

Chronique

15.5 / 20
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Accidents Grotesque ( 2013 )

Pour leur second LP, les Great Falls de Seattle ont peut-être tenté de mettre en musique L'Accident (au pluriel ?), de la route, domestique ou autre tragédie du quotidien. Cela prendrait sans mal la forme d'un noise-hardcore métallisé, nourri à Botch, Unsane, Neurosis, KEN mode et autres références du milieu, plus quelques autres en rapport avec le bruit (Boris par ex.). Le trio est d’ailleurs constitué de bouts de Kiss It Goodbye, Jesu et Playing Enemy. Il y a pire comme antécédents. Et les chutes demeurent vertigineuses.

God Arms The Patriot nous plonge immédiatement dans les méandres de quelques cerveaux américains malades, crachant un venin assaisonné au verre pilé. Ambiance. Voix expressive et possédée, basse omniprésente et directrice, guitare bruyante, parfois étouffante ou déstructurée dans les normes en vigueur, batterie équilibriste et brutale, voilà de quoi est globalement composé Accidents Grotesque. Une recette que l’on entend désormais souvent, avec plus ou moins de réussite. Surtout une scène noise en pleine ascension qualitative, dont Great Falls grossit indéniablement les rangs grâce à ce disque. Un pavé judicieusement construit en deux parties complémentaires : une première privilégiant la vélocité, la dissonance et le claquage de nuques à outrance, induisant quelques ralentissements saccadés prodigieux (Wound Instructions, Milk From Treason), naviguant crapuleusement entre Botch, KEN mode et Converge, en particulier sur le sauvage Stringer. La seconde plutôt écrasante, à partir du très sludge Replace Me With Fire, bien qu’une touche de fureur grinçante s’exprime encore (Bruxism, A Parade Of Horribles). Certains noms comme Neurosis, Old Man Gloom ou Black Sheep Wall viennent alors à l’esprit, illustrant avec pertinence l’assaut final The Forgiveness Machine, monstre de puissance cradingue et rampante où la guitare creuse le noyau de la Terre, où les martèlements sont denses et mesurés, où les cordes vocales seront achevées dans un bain de sang et de cymbales.

Le calme revient. C’est la fin. Tout n’est plus que poussière et tôle froissée. Les retombées grisâtres recouvrent les corps inertes d’une fine pellicule opaque. L’air est chargé de feu et de vapeurs mortifères. Un aperçu d’apocalypse matérialisé musicalement sur ce Accidents Grotesque, qu’il est conseillé d'écouter si l’on aime vibrer au son du chaos viscéral et bien dosé.

Objet dispo sur le bandcamp de Hell Comes Home.

A écouter : oui, mais à éviter après un trauma crânien.