Découverte
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Biographie

Gorilla Biscuits

Gorilla Biscuits voit le jour à New York en 1986-87 à l’initiative de deux camarades de lycée Arthur et Civ, respectivement bassiste et chanteur. Les deux piliers sont rapidement rejoints par Wally (Schriffels) à la guitare et Luke à la batterie. Les débuts sont un peu chaotiques ces deux derniers cumulant d’autres activités au sein de Warzone et Youth of Today. A l’origine le groupe devait s’appeler Courage to Care mais l’ensemble opte finalement pour Gorilla Biscuits, nom donné à une drogue qui circulait dans le coin à cette période. S’enchaînent alors les premières parties en compagnie de groupe tels que Youth of Today, Slapshot, Sick of it all ou Killing Time. En 1988, Jordan Cooper, directeur de Revelation Records, leur donne l’opportunité d’enregistrer leur premier album. Sobrement intitulé Gorilla Biscuits, l’opus sort à l’origine sous la forme d’un mini album composé de 7 titres auquel seront ajoutés 5 titres supplémentaires pour l’édition cd. Lorsque sort le second album Start today, Gorilla Biscuits s’offre les services d’un second guitariste Alex. A ce jour il reste l’une des plus importantes ventes du label Revelation Records. Pour sa tournée européenne de 1991, le groupe est rejoint par Sammy et Porcell, respectivement batteur et guitariste de Youth of Today. Gorilla Biscuits se sépare cette année-là. Wally part fonder Moondog qui deviendra Quicksand pendant que Civ accompagné de Sammy et Arthur montera son propre groupe CIV. Aujourd’hui Wally est le leader du groupe Rival Schools et Civ officie toujours dans son groupe.

Chronique

17 / 20
2 commentaires (18.75/20).
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Start today ( 1989 )

S’il y a bien une chose qui m’énerve c’est de ne connaître les groupes qu’une fois séparés. Coup de chance j’ai connu Gorilla Biscuits lors de leur tournée européenne de reformation de 1991. Vu la longévité du groupe cela relevait de l’exploit.

Start Today reste à ce jour l’œuvre la plus accomplie de Gorilla Biscuits et une des meilleures productions hardcore de la Côte Ouest de tous les temps. Ici pas de round d’observation. Juste quelques trompettes en guise d’introduction et ça démarre en trombe. En tout douze morceaux tous d'excellente facture (la version cd comprend deux morceaux supplémentaires "Sitting Around" at "Home" et "Biscuit Power" tous deux extraits de l’album Gorilla Biscuits paru en 1988). Gorilla Biscuits nous propose un hardcore redoutable typique de la scène sXe de la fin des années 1980. Inévitablement proche de l'autre groupe phare Youth of Today, le groupe rompt tout de même avec son radicalisme et son austérité grâce à de nombreux passages mélodiques qui n'altèrent en aucun cas l'intensité de l'ensemble, notamment sur "Things We Say", point culminant de l'album, "Competition", dont on peut siffler le refrain ou "Start Today" où le groupe s’autorise une pause bien méritée.  Ajoutez à cela des lignes de chants relativement joyeuses alternant chant clair et chant hurlé (parfois à la limite de la rupture) et un flow relativement impressionnant.

Les textes de Civ sont bien évidemment orientés straight-edge mais apparaissent également beaucoup moins radicaux que ceux de Minor Threat et Youth Of Today, considérés respectivement comme fondateur et disciple n° 1 du mouvement. Pour Gorilla Biscuits même si c’est la thèse du carpe diem qui domine (en particulier sur "Time Flies"), le groupe n’hésite pas à s’aventurer dans le domaine "sociologique" (toutes proportions gardées) en dénonçant la TV mania de l’américain moyen sur "Stand Still" ("It’s a brain vacation. A mental masturbation"), toujours d’actualité mais qui peut aujourd’hui être élargie à tous les continents. Le gang du Queens règle également ses comptes avec la partie extrémiste de la scène straight-edge sur "Degradation" et prend faits et causes pour la condition des animaux domestiques dans "Cats and Dogs".

Bref vous avez ce qu’il est convenu d’appeler un album mythique à classer, si ce n’est déjà fait, aux côtés de M.N. de Minor Threat, Still screaming de Scream, Victim in pain d’Agnostic Front ou Scratch the surface de Sick Of It All. Pour les autres curieux qui ne connaîtraient pas encore Gorilla Biscuits, c’est une occasion de jeter une oreille sur un incontournable du Spirit of  88.

A écouter : Tous les morceaux !