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Biographie

Golden Void

Quator basé à San Francisco, Golden Void voit le jour lorsqu'Isaiah Mitchell (Earthless), franchement débarqué de son San Diego natal pour retrouver celle qui deviendra sa femme (claviériste pour Assemble Head in Sunburst Sound) reprend contact avec de vieux amis. Déjà aperçus chez Roots Of Orchids ou encore Eyes, Aaron Morgan et Justin Pinkerton rejoignent le couple qui devient un quatuor. Suite à un premier 7" sorti en 2011, Golden Void, malgré l'actualité des divers groupes de ses membres, revient l'année suivante avec un premier album simplement intitulé Golden Void édité chez Thrill Jockey.
2013 voit le retour des américains avec un nouveau 7": Rise Out Of The Reach.

Chronique

15.5 / 20
1 commentaire (12/20).
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Golden Void ( 2012 )

Avec son nom de bourrin stonerisant Golden Void ne part pas gagnant par les temps qui courent. Pas chez moi en tout cas. Une fois cette première ornière évitée et la preuve apportée - à grands coups de vibes rétro-rock - qu'ils ne mangeaient pas de ce pain là les San-franciscains auront probablement déclenché quelques moues dubitatives dans les cercles chez qui Isaiah Mitchell n'est à peu près personne. Il faut dire que le créneau Rock à la papa est un peu bouché en ce moment. Et l'on n'est plus à un groupe près, non? Celui ci attendra. Monumentale erreur. Le flot continu des internets aura tôt fait de vous l'ôter de l'esprit. Refaites pivoter ces talons trop vite tournés et refusez d'abandonner les gars là où vous les aviez trouvés presque par hasard. Car heureusement pour notre bien à tous Golden Void est allé au bout de sa démarche et enfanté son self titled

On ne va pas se mentir, ce Golden Void démarre, sonne, évolue exactement comme l'énième disque revival qu'il est. Orgue virevoltant et halluciné, chant parfaitement nasillard, Blues électrique, envolées psyché, ambiances poussiéreuses et de jaquette jaunie sont au rendez vous. Effet de surprise nul pour un album immédiatement sympathique aux oreilles des nos chers vétérans et autres nostalgiques par procuration - ceux-ci précisément qui n'en finiront jamais de maudire leurs géniteurs de les avoir conçus 20 ans trop tard - qui est en réalité bien plus que ça. Il est absurde, inutile et jusqu'auboutiste et c'est très exactement ce qui le rend en tous points intéressant, voire excellent.
Sortir ce disque anachronique en 2012 ne sert à rien ou, en tout cas, pas d'avantage à quelque chose que s'il était paru dix ans plus tôt. Si ce n'est, peut être, à surfer sur l'épidémie de fièvre du Back to basics la plus balèze observée depuis un bon moment. Le proposer malgré tout la preuve d'une obstination certaine. Golden Void est donc définitivement une cause perdue car il n'a rien à prouver ni vendre non plus. Il est simplement le fruit d'années de camaraderie, de jams et d'expériences musicales diverses. Le résultat d'une véritable passion en somme, élément dont Golden Void, grand disque de rock météorique (37 minutes), suranné, déborde littéralement.

Peu avare dans l'effort, d'attaques fuzz fiévreuses en embourbements quasi Trad Doom pas très catholiques dont il ne se sort jamais que par le haut à la force du solo habité ("The Curve") et de la voix haut perchée ("Virtue"), Golden Void trace sa route sans jeter le moindre regard alentour. Attention Rock fort (et) dangereux. Littéralement. Même "Jetsun Dolmia" prend par instants les airs anormalement menaçants de ces groupes qui jadis avaient assassiné la Sunshine Pop. Ceux que les Américano-Néo Zélandais de Unknown Mortal Orchestra incarnent aujourd'hui à merveille par exemple, mais passons. Car alors que les minutes défilent le doute n'est plus permis: sous ses airs pépères  le chemin qu'emprunte ce self titled est celui du Heavy Psych cahoteux, ce croisement bâtard et tâtonnant de Hard Rock, de Rock psychédélique et de proto-heavy metal ("Badlands"). L'on pense dès lors rapidement, souvent et à raison à Blue Cheer et Jerusalem, parfois presque à la folie sans borne de Captain Beyond mais le quatuor, sans prétendre à autre chose que de jouer une musique sincère, bénéficie malgré tout de la vue d'ensemble que lui offrent les années 2010 pour proposer en six minuscules morceaux une sorte de Best Of absolu de cette courte époque bien révolue. A ceci près qu'il ne contiendrait que des inédits tous intégralement composés après une hibernation de près de quarante ans, détail qu'une septième et ultime compo ("Atlantis"), plus ouverte, presque moderne (dans le sens revivaliste du terme), ne manquera pas de rappeler. Sans prétention car ici tout n'est qu'amour.

On a beau dire que trop de revival tue le revival - moi le premier - les bonnes recettes existent depuis toujours et leurs ingrédients ne changeront probablement jamais. Si les manipuler avec talent et sincérité ne suffit pas toujours pour que cela fonctionne, l'approche que l'on peut en faire compte encore pour beaucoup. Celle de Golden Void est idéale car visiblement libérée de tout calcul. Pour le reste, la musique parle par elle même. Le sieur Mitchell (Earthless - sésame ouvre toi) et ses acolytes ayant démontré depuis long qu'ils n'étaient ni les moins bien placés ni les plus malhabiles lorsqu'il s'agissait de venir apaiser les oreilles les plus endolories avec une musique venue d'un autre temps, les risques de réussite étaient malheureusement bien grands. Au néophyte la tempête Rock'n'Roll authentique, au mélomane convaincu le oui franc et massif. Golden Void vient de s'achever et le manque se fait sentir. Ceci est donc une nouvelle victoire pour le rock passéiste sans fioritures ni effets de manche. Et c'est très bien comme ça, en fin de compte.

A écouter : Comme un disque que lon ne finit jamais de (re)découvrir
Golden Void

Style : Heavy Psych
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Origine : USA
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