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Biographie

Give Up the Ghost

L'union musicale entre Wes Eisold et Tim Cossar, respectivement ancien roadie et ancien guitariste de Ten Yard Fight, voit le jour à Boston en 1999 sous le nom d' American Nightmare. Le line up des débuts est assez instable. La formation qui enregistre dès 2000 le premier mini album intitulé American Nightmare se présente sous la forme d'un quatuor. Pour le second, The Sun isn't Getting any Brighter, la composition est entièrement remaniée. Le duo de départ recrute trois autres musiciens et passe donc à deux guitaristes dont Brian Hasek que l'on va retrouver sur les autres enregistrements. En 2001 American Nightmare passe à la vitesse supérieure et quitte le label Bridge Nine pour Equal Vision au sein duquel s'effectue l'enregistrement du premier véritable album Background Music. Le groupe atteint sa forme définitive avec l'arrivée du bassiste Josh Holden et celle du batteur Alex Garcia, le cinquième batteur depuis l'EP American Nightmare. Le groupe ne cesse de tourner partageant l'affiche avec Poison the Well, The Hope Conspiracy ou Converge et participe également à la compilation Atticus aux côtés de Glassjaw, The Movielife et Rival Schools.

 Suite à un conflit juridique avec une formation de Philadelphie portant le même nom, les bostoniens se voient obligés d'en choisir un autre. American Nightmare devient Give Up the Ghost en 2003. Du coup les premiers albums sortis sous l'ancien nom sont réédités sous la nouvelle appellation. Bridge Nine en profite pour regrouper American Nightmare et The sun isn't Getting any Brighter sur un seul cd intitulé Year One.

 En 2003, sort le premier véritable album sous le nom de Give Up the Ghost  We're Down Til' We're Underground sur le label Burning heart Records. Initialement prévu à l'affiche du dernier Fury Fest du Mans,le groupe s'est finalement séparé au début de l'été 2004.

Year One ( 2004 )

Même s'il commence à dater, il me semblait intéressant d'attirer l'attention sur Year One, album de Give Up The Ghost, sorti en juin 2004 et sonnant comme une épitaphe puisque coincidant, à quelques jours près, avec la séparation du groupe. Intéressant à plus d'un titre car, outre le fait qu'il soit quasiment passé inaperçu, Year One est l'album quasi posthume d'une formation assez représentative de cette nouvelle génération dorée de Boston (et d'ailleurs) qui a su insuffler au hardcore old school les éléments nécessaires pour le revitaliser (parmi eux The Hope Conspiracy, Most Precious Blood, Terror...).

Year One n'est pas un véritable album puisqu'il réunit sur un même support les deux premiers ep d' American Nightmare (voir bio), le premier éponyme, le second intitulé The Sun Isn't Getting Any Brighter, tous deux enregistrés aux studios Godcity de Salem sous la houlette de Tim Cossar et de Kurt Ballou (Converge). L'association de ces deux skeuds ne pose aucun problème d'homogénéité, le style pratiqué étant sensiblement identique et, si ce n'est la présence des crédits sur le livret, aucun indice ne permet de déceler de différence entre les deux. Nos bostoniens y balancent un punk hardcore old school totalement épuré, où percent les influences notables de Minor Threat ou Sick of it All période Blood, Sweat and No Tears. En résulte un style relativement agressif, hyper énergique avec des morceaux la plupart du temps exécutés sur une rythmique très rapide ("Protest Song n°0", "The Ice Age Is Coming", "There's A Black Hole in The Shadow of the Pru"), dont l'intensité est accentuée par l'enchaînement d'accords très courts. Aussi les temps morts et les baisses de régime sont rares et lorsque c'est le cas ("Hearts"), persiste toujours la basse ou la voix énervée de Wes Eisold.

La tendance s'infléchit pourtant sur les trois derniers morceaux. Enregistrés en 2002 lors d'une prestation à la BBC, on discerne çà et là quelques intrusions émo - les riffs de guitare deviennent plus riches et Eisold ne se contente plus de hurler - sur "Am/Pm" et notamment sur l'excellentissime "Shoplifting in a Ghost Town", tous deux extraits de Background Music,annonçant les prémices d'une nouvelle direction musicale pour Give Up The Ghost, et qui trouvera son aboutissement précoce sur We're Down Till' We're Underground.

Au rayon hommage, Give Up The Ghost se fend de trois reprises dont "It's The Limit" du groupe new yorkais Cro-Mags, extrait du classique Age of Quarrel, et surtout le monstrueux "Kick Out The Jams" du MC5 qui fait considérablement monter la sauce et constitue, à mon sens, l'apothéose de Year One.

Bref, rien à jeter dans ce skeud qui se digère aussi vite qu'il s'ingurgite. Sans être une oeuvre majeure, Year One est l'ultime chapitre d'une histoire que l'on aurait aimé plus longue. Toutefois, il convient de ne rien regretter, le hardcore trouvant ses capacités à se régénérer précisément dans ces carrières intenses et éphémères. Pas mythique ni légendaire donc. Juste indispensable.

A écouter : "Protest Song n

We're Down Til' We're Underground ( 2003 )

L'utilisation du nom Give Up the Ghost - "rendre l'âme" - était-elle prémonitoire ou est-ce vraiment la poisse qui poursuit Wes Eisold et Tim Cossar? Après avoir sué sang et eau pour trouver un nouveau nom au groupe, suite à la plainte déposée par le groupe American Nightmare de Philadelphie (voir bio), voici que le gang de Boston se sépare après avoir sorti son premier et dernier album sous cette appellation. Dommage. Car à son écoute et à celle des précédents sortis sous le nom d'American Nightmare, il semble que ce groupe possédait un important potentiel pour redonner vie, sinon, un semblant de vie à la scène hardcore old school.

Ce qui frappe à la première écoute de We're Down Til' We're Underground (phrase extraite de la chanson "The Last Supper After Party") c'est l'intensité et le son résolument old school qui se dégage de l'ensemble. La cause en est certainement la longueur des morceaux (2.20/2.30 mn de moyenne) qui ne laisse aucun répit mais aussi la présence de chansons au tempo et à la rythmique rapide, classiques de la scène hardcore new yorkaise astucieusement placés le long de l'album tels que "Love American", "Young Hearts be Free Tonight" ou le supersonique "Calculation-Nation" (à peine 50 secondes).

Toutefois, une oreille plus attentive permet de constater que l'ensemble est beaucoup plus éclectique qu'il n'y parait. En effet, au fil de l'album on se rend compte que Give Up the Ghost rompt progressivement ses attaches avec les pères fondateurs du NYHC, Sick of it All notamment. Si l'influence était indéniable sur les deux premiers mini albums, c'est bien moins le cas ici. Les morceaux sont moins linéaires qu'auparavant et les parties au tempo rapide sont assortis de nombreux breaks ("AIEOU"). Le groupe n'hésite pas non plus à ralentir complètement le tempo sur "Since Always" ou "Crush of the Day", la baisse de régime étant largement compensée par le chant définitivement screamo de Wes Eisold qui ne laisse aucune chance aux modulations de voix. Preuve que Give Up the Ghost a gagné en maturité, la présence beaucoup plus évidente de la seconde guitare qui propose des superpositions mélodiques intéressantes sur "Since Always" ou "Bluem" ou les quelques effluves de post hardcore torturé (c'est le cas sur l'outro de "Crime Scene") voire émo ("Bluem" ou "Last Supper After Party) qui se dégagent de certains morceaux. Seule ombre au tableau, la présence en fin d'album du mièvre instrumental "And it's Sometimes Like it Will Never End", lorgnant quelque peu vers le métal pas inspiré et dont la présence n'était peut-être pas indispensable. Pour rester sur une bonne impression, mieux vaut arrêter l'écoute à "We Killed It". 

Pour ce qui est de la conception graphique de leur album, Give Up the Ghost fait toujours confiance à Jake Bannon, chanteur de Converge et ami de longue date. A l'intérieur de l'album, le petit livret présente une série de fragments de clichés rappellant les albums-photos de famille, à la surface boursoufflée sous l'effet d'une forte chaleur. En revanche la pochette de l'album laisse un peu à désirer (à moins qu'il n'y ait quelques subtilités mais franchement je ne vois pas lesquelles).

Dans l'ensemble, We're Down Til' We're Underground est un album vraiment intéressant, pas révolutionnaire certes, mais redoutable d'efficacité. 

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A écouter : Love American ; Since Always ; Calculation-Nation ; Crime Scene ; Bluem