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Biographie

Gesaffelstein

Mike Lévy naît à Lyon en 1985 et commence à faire de la musique vers l'âge de seize ans lorsqu'il découvre le synthé. C'est en 2008 qu'il prend le pseudonyme de Gesaffelstein en se lançant alors dans les musiques électroniques avec deux eps, Vengeance Factory et Modern Walk. Pendant quatre ans, Gesaffelstein travaille sur plusieurs eps, ainsi que de nombreux remix pour notamment CassiusDavid CarrettaMobyAgoria ou Lana Del Rey. Il se fait de plus en plus connaitre jusqu'à l'utilisation de son titre Viol pour une publicité Citroën. En 2013 il produit Send It Up de Kanye West et collabore avec Daft Punk et Brodinski. Mais c'est aussi son premier album, Aleph, qui le propulse sur le devant de la scène lui permettant de se produire dans de grands festivals internationaux.

Chronique

14 / 20
2 commentaires (14/20).
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Aleph ( 2013 )

Gesaffelstein incarne la french touch, celle héritière des années 90, celle considérée comme appartenant à la seconde génération, dont les formations comme JusticeC2C ou M83 font beaucoup parler d'eux et s'exportent même à l'étranger. Mais Gesaffelstein incarne aussi la Techno post-Detroit, de celle qui se voulait rageuse, froide et menaçante. Dans les faits, Aleph, son premier album après plusieurs eps et titres qui ont forgés sa renommée, est quand même loin d'être aussi transgressif que ce que l'on souhaite nous faire croire. 

Sous couvert d'une imagerie glauque et violente, en atteste ses clips ou même les titres de certaines compositions (Viol), Gesaffelstein donne parfois l'impression de faire dans le racolage, car dernière le verni opaque se dévoile la réalité. Ce fameux titre Viol a été repris par une célèbre marque de voiture, le côté playboy fréquentant les clubs branchés pour une jeunesse faussement subversive et l'accusation de plagiat pour Nameless qui ressemble à s'y méprendre à Rain Of Petals du chilien Visonia. Considérant tout cela, ce qui fait déjà beaucoup (trop?), l'aura de Gesaffelstein et de cet album en prend un coup.

Mais ces considérations de surface ne peuvent pas justifier entièrement un tel rejet. Car Aleph est rempli de bonnes choses, mis en avant par une production synthétique, froide et aux basses caverneuses. Et c'est l'évocation de la scène issue de célèbre ville du Michigan qui réjouit le plus avec l'entrée en matière de Pursuit, obnubilant single à la force de frappe dévastatrice. Destinations est du même calibre, d'une pesanteur à déconseiller à ceux atteints de dyspepsie. On appréciera les sonorités métalliques, les références à l'EBM comme le bien nommé Obsession, industriellement lent et percutant comme un titre enfoncé à la perceuse dans notre matière grise. Même chose pour Hate Or Glory qui nous éreinte de sa Techno à la poigne bestiale taillée dans de l'obsidienne brute, Duel épileptique au possible ou Trans dans un format plus bruitiste. Mais Aleph c'est aussi les teneurs Hip-Hop de l'introduction trop longue de Out Of Line qui fait penser à du Die Antwoord mal dégrossi ou Hellifornia aux sonorités vrillantes à la Dr Dre assez insupportable sur le long terme. Enfin, il y a tous les autres titres comme Nameless, Piece Of Future ou Values qui dévoilent une autre facette bien différente d'un Gesaffelstein plus posé, presque Kavinksien sur le titre éponyme par exemple. C'est aussi là que se développent les synthés acides comme un mauvais trip, les mélodies et courbes lentement dégressives ou attaques de caisse claire vive pour amener des ambiances délicieusement hantées, comme Wall Of Memories en parfaite bande son de parc d'attraction laissé à l'abandon.

Aleph est donc un peu de tout ça et se révèle varié sur son heure d'écoute. Mais en définitive, plus que l'image rebutante du musicien, ce sont les choix pris par Gesaffelstein sur cette production qui déçoivent. En ne prenant pas clairement position, en s'abaissant à une musique électronique plus accessible, il se retrouve, de fait, le cul entre deux chaises, bien incapable de choisir entre un disque plus doux et ambiancé à son opposition tranchée, dure et violente. C'est d'autant plus dommageable que la qualité des titres aux tournures étouffantes sont nettement les plus aboutis et les plus intéressants. Aleph aurait été un disque dans la pure tradition Techno post-Détroit, réellement sulfureux, qu'il aurait été excellent. Ici, on a à faire à un disque ou quasiment la plupart des titres pris chacun à part sont bons, mais tous ensembles manquent un peu de liant et de cohérence. A voir si pour la suite, il saura faire marche arrière. Embrasser l'ombre une bonne fois pour toute.

Gesaffelstein

Style : Techno / House / Electro
Tags : -
Origine : France
Site Officiel : gesaffelstein.com
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