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Biographie

Funeral

  Funeral, formation culte au sein de la scène Doom, est connue comme un autre des glorieux pionniers d’un genre initié par les mythiques Thergothon, le Funeral Doom, dont certains lui attribuent la parternité.
Le groupe est formé en 1991 à Drammen (Norvège) par Frode Forsmo (chant),  Christian Loos  (guitare), Kjetil Ottersen (initialement aux claviers, à présent guitariste), Einar Andre Fredriksen (basse) et Andres Eek (batterie). Il lui faudra deux ans pour sortir une première démo, Tristesse, qui montre une formation très sûre d’elle-même, oeuvrant dans un Funeral Doom de qualité. La démo sera rééditée en 1994 en tant que MCD par le label américain Wild Rags Records, et le succès sera immédiat. En effet, en trois chansons pour une durée de 40 minutes, la formation acquiert le statut de « groupe le plus dépressif du monde », et ce dès son premier effort. Il donne alors dans un Doom ultra lent avec une voix growl.
La sortie de la démo Beyond all Sunsets la même année marque un changement de style pour le groupe qui choisit de s’orienter vers des compos plus symphoniques, aidé en cela par l’utilisation de timbales, de violons, d’orgues (arrivée de Jon Borgerud au poste de claviériste), mais aussi et surtout du fait de l’intégration de la chanteuse Toril Snyen. Pour l’anecdote, Funeral est un des premiers groupes du genre à évoluer avec une chanteuse.
Fort de son succès toujours croissant, le groupe obtient un nouveau contrat chez Artic Serenades, et sort en 1995 ce qui est considéré comme son chef d’œuvre, Tragedies, magnifique album de Funeral Doom symphonique qui propulsera définitivement la formation sur le devant de la scène. Cet album est probablement le plus connu dans la discographie de Funeral.
Cependant le groupe se sépare de sa chanteuse fin 1995, mais entre néanmoins à l’Academy Studio début 1996. Il y enregistrera 10 chansons sous la houlette de Mags (My Dying Bride, Anathema, Cradle of Filth), qui resteront quelque temps des pistes instrumentales, la recherche d’une nouvelle chanteuse ne donnant rien.
Sarah Eick sera finalement recrutée courant 1996, et le groupe retourne en studio pour enregistrer les paroles de leur disque à venir. Dans l’attente d’un label, les quelques exemplaires de leur nouvelle démo, intitulée To Mourn is a Virtue,seront distribués un peu partout sur la planète (magazines, maisons de disques, radios...).
Mais encore une fois, le groupe choisit de changer de chanteuse, et embauche Hanne Hukkelberg. La formation enregistrera en 1999 une nouvelle démo, The Passion Play, tirées à très peu d’exemplaires. N’obtenant toujours pas de contrat, ils seront encore une fois envoyés à divers endroits du monde.
2002 est l’année du renouveau puisque le groupe signe un contrat de deux albums avec les Italiens de Nocturnal Music. Un nouvel album, In Fields of Pestilent Grief ne tarde pas à être enregistré. Il montre une évolution du groupe vers des sonorités Doom Death.
Malheureusement, Einar Andre Fredriksen, bassiste de la formation, se suicide en Janvier 2003. Le groupe cesse alors toute activité, comme pétrifié.
C'est en 2006 qu'arrive la nouvelle attendu par tous les fans qui désespéraient de revoir jamais leurs idoles: le groupe, signé chez Tabu Records, sortira un nouvel album début 2007, intitulé From these Wounds. Mais il est dit que Funeral est maudit, puisque fin octobre, Christian Loos  est retrouvé mort chez lui. Le groupe a néanmoins décidé de continuer l'aventure, avec un nouveau line-up, Frode Forsmo (chant, basse), Kjetil Ottersen (guitare) & Jon Borgerud (claviers) épaulant Andres Eek, désormais seul membre originel de la formation.

12.5 / 20
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As the Light Does the Shadow ( 2008 )

  Retour de Funeral en cette année 2008, un an et demi après sa résurrection qui a laissé une impression mitigée quant à la nouvelle orientation musicale d’un groupe qui a choisi d’abandonner tout ce qui faisait son originalité au profit d’un Doom Death mélodique certes accrocheur, mais sans réelle saveur.

  Et dès le début, difficile de croire en une possible surprise, tant l’artwork de ce As the Light does the Shadow est commun pour le genre, sans parler de cette police d’écriture à la mode KiKoOLoL qui ne passe vraiment, mais alors vraiment pas sur un disque de Doom Death. La première écoute se charge de confirmer cette impression ; ce nouvel album se situe dans la continuité directe de son prédécesseur : Doom Death joué comme chez mille autres groupes, chant clair à plusieurs voix qui semble être la nouvelle marque de fabrique du groupe, et le lot habituel de mélodies. 

  Ainsi, pas ou peu de surprises sur ce disque, si ce n’est peut-être l’impression que le groupe s’est quelque peu calmé sur les mélodies, sans doute pour mieux coller à l’atmosphère d’une noirceur extrême qui domine ici ; a ce titre, les compos se révèlent explicites : The Will to Die, The Strength to End It, Towards the End, Let Us Die Alone… Tout respire la joie et la bonne humeur, en somme. Mais si cet album s’annonce plus sombre que son prédécesseur, il n’en souffre pas moins des mêmes défauts, avec ce manque évident de punch & d’originalité incarné par ce chant clair sans relief, sans aucune variation, qui n’éveille pas grand-chose chez l’auditeur sinon une pointe d’ennui (The Strength to End It), voire presque de l’exaspération (l’outro Fallen One, chantée a cappella).

  Pourtant, le groupe arrive ponctuellement à pondre un titre qui se dégage de la masse, tel The Will to Die ou encore (et surtout) Those Fated to Fall, empli de mélancolie (cette clarinette !), de désillusion, portée par un chant dont la linéarité est pour le coup justifiée, comme s’il s’agissait du dernier témoignage d’un homme… condamné à disparaître. Mais trop souvent, le groupe retombe dans un schéma éculé qui rompt le charme (The Elusive Light, Towards the End…), ce qui est regrettable.

 Alors, comme souvent, quand ça ne marche pas, on appelle à l’aide, et qui donc se pointe en sauveur ? Nul autre que Rob Lowe himself (Candlemass, Solitude Aeternus), qui vient poser sa voix unique sur In the Fathoms of Wit and Reason. Son chant tellement expressif donne une tout autre dimension à l’ensemble plutôt morne de ce disque, et le sauverait presque ; disons que si le coup d’épée n’est pas totalement dans l’eau, il y a quand même de la flotte partout…

  As the Light Does the Shadow est finalement un album banal, très proche de From these Wounds, sur lequel Funeral confirme malheureusement son évolution vers des contrées dont le paysage n’offre (plus) rien d’extraordinaire. Peut-être que le plus gros défaut de ce disque est son trop grand nombre de pistes ; sans doute aurait-il fallu prendre le meilleur des deux albums précités afin de n’en sortir qu’un seul, mais de haute volée…

Tracklist : 01. The Will to Die, 02. Those Fated to Fall, 03. The Strength to End It, 04. The Elusive Light, 05. In the Fathoms of Wit and Reason, 06. Towards the End, 07. Let Us Die Alone, 08. The Absence of Heaven, 09. Hunger, 10. Fallen One

A écouter : The Will to Die, Those Fated to Fall, In the Fathoms of Wit and Reason
13 / 20
1 commentaire (16/20).

From these Wounds ( 2007 )

  Lorsqu’un groupe considéré comme majeur au sein d’un style musical revient après quelques années de silence radio, l’évènement ne laisse pas indifférent, surtout s’il s’agit d’un retour inespéré. En l’occurrence Funeral, en qui beaucoup voient l’origine du Funeral Doom, revient miraculeusement à la vie en cette année 2007 après un hiatus de quatre ans. La formation semble littéralement revenir de l’enfer, avec la mort de deux de ses membres fondateurs et un changement quasi-total de line up.
Funeral étant un groupe qui aime à se renouveler d’album en albums, de nombreuses questions apparaissent avec ce nouvel opus. En effet, là où In Fields of Pestilent Grief marquait un changement assez net vers des sonorités plus Doom Death, on peut évidemment se demander si ce From these Wounds continuera dans cette voie ou s’il marquera une orientation radicalement différente. Mais plus important encore, la question de savoir si l’esprit du groupe a survécu après tant de coups durs reste entière.


From these Wounds... Comme un exutoire, comme le témoignage de souffrances inguérissables.
From these Wounds... Comme un acte de résurrection après deux coups mortels.
From these Wounds... Comme pour signifier que le groupe est parvenu à puiser la force de renaître de ses terribles blessures. Sur la couverture, Du fil de fer barbelé, figure de plaies à jamais ouvertes. Funeral, titan endormi, s’est réveillé de sa torpeur et revient pour exprimer sa souffrance, mais aussi dans le but avoué de rendre hommage à Christian et Einar, trop tôt disparus. Tout ceci sonne tellement bien que l’on entrevoit déjà l’avenir : Funeral revient avec un album incroyable qui comble tous les fans et lui permet de conjurer le sort. Sauf qu’il y a un léger grain de sable dans toute cette belle mécanique.

Certes, à l’écoute ce nouveau disque se révèle incroyable, mais pas pour les mêmes raisons précitées : on ne reconnaît tout simplement pas le groupe. Les écoutes répétées n’y changeront rien, Funeral tel que les fans le connaissaient n’est plus. Finies les ambiances magiques de tristesse et de désespoir, la lenteur infinie et l’étreinte de la mort jamais lointaine, l’alternance chant féminin cristallin / voix growl d’outre tombe, oubliés tous ces élément qui avaient valu au groupe d’être considéré comme la formation la plus dépressive au monde. Il ne reste qu’un Doom Death mélodique sans saveur et surtout affreusement commun, fortement influencé par My Dying Bride, une influence qui se retrouve particulièrement dans le chant, clair, caverneux et sans réelles variations. Le choc est tel qu’on peine à y croire : on croirait presque entendre une caricature du groupe de Doom Death lambda.
Cette absence totale d’originalité rend l’ensemble fade, sans émotion. Rien ne reste en tête, et l’impression que l’album se traîne en longueur persiste. De plus, les compositions sont tellement semblables les unes aux autres qu’on a le sentiment de n’écouter qu’une seule longue piste. Ce manque d’inspiration est particulièrement flagrant sur Pendulum, quasiment le clone de This Barren Skin. De même, l’absence d’ambiance sur ce disque est comme un grand vide et laisse pantois lorsqu’on connaît la qualité de celles émanant des premiers albums du groupe.

Fort heureusement, l’album n’est pas pour autant imbuvable. Le tout est joliment exécuté et agréable, le triptyque This Barren Skin / From these Wounds / The Architecture of Loss qui ouvre l’album étant d’ailleurs d’une très grande beauté. De plus, Si l’on adopte un point de vue évolutif, il est possible de considérer ce disque comme se plaçant dans la continuité d’In Fields of Pestilent Grief, ce qui, peut être, atténuerait le choc assené par un tel changement d'orientation musicale et conferrait une sorte de logique à cette évolution. Par ailleurs, le son très moderne de ces nouvelles compositions provient du désir de changement permanent du groupe qui souhaitait sonner plus agressif et accessible qu’auparavant. C’est chose faite avec un album léger et aérien à la production parfaite.

Mais là où le bât blesse, c’est que Funeral semble d’être perdu en route. En accouchant d’un bon petit disque sans prétention, l’impression d’inachevé est immense. Malgré ses qualités, cet album n’est tout simplement pas à la hauteur quant on connaît le statut de son géniteur. De plus, l’intention de continuer l’aventure sous le nom de Funeral pour rendre hommage à l’esprit originel de la formation est louable, mais par respect pour les fans,  un changement  de nom aurait été souhaitable, car le nouveau son du groupe n’a absolument rien à voir avec ses anciennes compositions Funeral Doomesques.


  En conclusion, ce From these Wounds marque bien plus qu’un tournant dans la carrière de Funeral. A l’image d’un The Silent Enigma pour Anathema  ou encore d’un Discouraged Ones pour Katatonia, cet album est le disque du renouveau pour groupe dont les seuls liens avec ses racines sont le nom et le logo. Loin d’être raté, cet album n’en divisera pas moins les fans, comme le fit In Fields of Pestilent Grief en son temps : les nouveaux adorerons, les anciens, muets de déception, se consoleront en réécoutant Tristesse ou Tragedies. Ainsi, plus qu’un retour, Funeral opère ici une réelle renaissance. L’esprit originel du groupe s’en est allé, accompagnant celui des défunts. Souhaitons tout de même bonne route à une nouvelle formation qui reste néanmoins à suivre et qui, plus important que le reste, célèbre sa joie d’être à nouveau en vie.

A écouter : This Barren Skin, From these Wounds, The Architecture of Loss