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Chronique

15 / 20
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Weeping Choir ( 2019 )

Full of Hell souffle sa dixième bougie, hourra ! Dix ans c'est long, surtout lorsque l'on joue un mélange de Powerviolence, Harsh Noise et Grindcore qui provoquerait chez 99% de la population une fâcheuse tendance à se boucher les oreilles tout en cherchant l'issue la plus proche. Pourtant, pour qui apprécie un tant soit peu sa musique violente et sombre, le groupe de Ocean City, sympathique station balnéaire du Maryland, est devenue une référence. 

Weeping Choir est donc le quatrième album du groupe si l'on écarte ses nombreuses collaborations avec des artistes non moins prestigieux que Merzbow ou The Body, excusez du peu. Pas de changement drastique à l'horizon, Full Of Hell n'a pas décidé de revendre sa bile et sa hargne au marché noir. D'ailleurs, si vous avez un doute en vos capacités physiques à entamer ce voyage, "Burning Myrrh" sera votre cerbère. Trois types de chant pour autant de gueules prêtes à vous ronger les os, un riffing grindcore aussi dru que le pelage d'une râpe à légumes et un ralentissement pour clôturer le tout, histoire de vérifier que tout est bien en place. Parlons en d'ailleurs, de ces ralentissements, car c'est une science qu'il faut savoir manipuler pour qui veut véritablement broyer les âmes. Pas étonnant donc que Full Of Hell aille tant chercher du côté d'un groove décharné à la Grief ("Armory of Obsidian Glass") que de celui d'un Death lourd et cradingue ("Thundering Hammers"). 

Nous avons donc déjà de bons ingrédients pour produire un disque étouffant et écrasant comme nous les aimons. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Les interludes et outro bruitistes du groupe ne vous feront pas souffler pour autant et sont autant de voyages dans un ascenseur qui grincent pour vous acheminer jusqu'au niveau inférieur de votre enfer personnel. Et si jamais vous n'en aviez toujours pas pour votre argent, sachez que le groupe ne fournit aucune solution de remboursement. L'oblitération est donc obligatoire mais ils ont pensé à tout : sonorités proches de l'Indus sur "Aria of Jewelled Tears", riffing surréaliste et quasi-psychédélique sur "Ygramul the Many", ambiance sépulcrale avec un chœur en surplus avec "Armory of the Obsidian Glass"... le tout en 24 minutes. 

D'ailleurs, c'est ce dernier détail qui fait passer Weeping Choir du bon disque à l'indispensable. Réussir à produire une œuvre cohérente et en apportant quelques nouveaux éléments, sans perdre de vue la personnalité que l'on a développé depuis une décennie, le tout en allant à l'essentiel, voilà la recette des champions qui durent. Dix ans de Full of Hell, c'est long mais pas assez.