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Biographie

Fractal universe

Formé fin 2014 à Nancy, Fractal universe est un groupe de Death metal technique composé de quatre membres : Vince Wilquin à la guitare et au chant, Hugo Florimond à la guitare, Valentin Pelletier à la basse et Clément Denys à la batterie. Le groupe sort son premier EP, Boundaries of reality en 2015 joue en première partie de piliers de la scène metal tels que The Black Dahlia murderExodus, Monuments...
En 2017, Fractal universe sort Engram of decline sur le label Italien Kolony records avant d'entamer une tournée des salles et festivals Européens.
Leur deuxième album, Rhizomes of insanity, sort en 2019 via Metal Blade Records.

Chronique

17 / 20
1 commentaire (18/20).
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Rhizomes of insanity ( 2019 )

Le saviez-vous ? « Nos régions ont du talent » est une ligne de produits du terroir Français, mais peut aussi être décrire les formations musicales issues de nos contrées. Particulièrement à celles qui sont en manque de reconnaissance. Heureusement pour Fractal universe, quatuor de Death technique, cela risque de changer. Actif depuis 2014, le groupe n'a pas tardé à sortir un EP l'année suivante, Boundaries of reality, avant de se faire remarquer au Motocultor 2016. Les Nancéiens ne chôment pas puisque l'album débarque en 2017 sur le label Kolony records. Engram of decline, de son petit nom, place la barre haut et ouvre de nouvelles portes à Fractal universe qui se paie le Metaldays en 2017 et le Hellfest en 2018.

Mais, tout risque de s'accélérer dans les semaines à venir puisque Rhizomes of insanity, second album du groupe, sort via Metalblade. Un label solide pour quatre jeunes gens plus que motivés. Retour en 2017 pour la sortie de Engram of decline. Votre serviteur ici présent a eu l'opportunité de pouvoir parler du disque et le verdict était le suivant : bien mais pas top, la faute à des influences Obscura/Gorod trop perceptibles. Deux ans plus tard (oui, on est de retour en 2019, c'est toujours compliqué les voyages dans le temps), qu'est-ce qui a changé dans la recette de Fractal universe ?

L'essence des compositions reste la même : on est face à du Death technique flirtant allègrement avec le progressif. Riffs alambiqués avec sweeping et alternate picking : check. Mesures asymétriques et alternance de binaire et ternaire : check. Growl caverneux et viscéral : check. Mais Rhizomes of insanity est avant tout un disque qui sait faire preuve de classe et de réserve. On retrouve régulièrement des passages en clean avec une voix susurrée (Oneiric realisations, Parabola of silence) qui insufflent au disque une atmosphère de calme inquiétant. L'album étant écrit autour du concept de la folie, rien de plus normal que de ressentir cette forme de bipolarité : accélérations blastées (car oui, c'est quand même du Death) entrecoupées de ces interludes parlés. Mais ce n'est pas dans ces oppositions assez classiques que Rhizomes of insanity tire son épingle du jeu.

Là où les musiciens déploient tout leur potentiel, c'est dans ces passages mid-tempo, assez nombreux, où les guitares se lâchent et partent dans tous les sens. Leads, rythmiques et solos se confondent, se cherchent, s'affrontent pour finalement se rejoindre et développer un thème musical. La progression de Madness' arabesques est un exemple très parlant : le riff est évoqué dans l'intro en clean, comme une promesse. La tension monte d'un cran avec l'arrivée de la distorsion mais est très vite désamorcée par un break narratif avec ces fameuses voix presque murmurées. Puis, tout remonte progressivement avant d'arriver enfin à la version ultime de ce thème entraperçu au début, et de repartir sur un autre pattern où un solo viendra probablement se glisser. Chaque instrument en appelle un autre : le voix se montre plus agressive, ou les guitares s'épaississent subrepticement puis c'est l'escalade de la violence avec l'arrivée de la double pédale, de la guitare rythmique mordante avec des palm mutes incisifs puis des accords vicieux.

Rhizomes of insanity s'amuse avec l'auditeur, le bouscule volontiers d'une ambiance à l'autre avec plus au moins de délicatesse. Outre les mid-tempos, on trouve de nombreux solos au feeling presque Power/Heavy metal : Andy Timmons n'est parfois pas loin, ainsi que Kiko Loureiro de Angra. S'ajoutent à cela la diversité de la performance vocale : growl écorché, chant crié (qui rappelle toujours Gorod), parties en clair à la Alkaloid ou Cynic... Fractal universe ne s'arrête pas là et propose des trucs plus thrashy (Masterpiece's parallelism) et des compos carrément groovy comme l'aurait fait Trepalium (Fundamental dividing principle). Rhizomes of insanity est un album plus varié que son grand frère et avec plus de personnalité.

Corrigeant avec brio les défauts présents sur Engram of decline, ce nouvel opus risque néanmoins de décevoir les aficionados de violence pure et dure qui reprocheront à Fractal universe de faire retomber le soufflé trop souvent. On a l'impression que le groupe se coupe de lui-même dans son élan alors que le crescendo est loin d'être à son paroxysme, ce qui peut être frustrant. Mais il n'empêche que Rhizomes of insanity est une œuvre soignée sur de nombreux points, autant sur le fond que la forme. Si vous cherchez un disque qui a besoin d'être apprivoisé et qui regorge de moments de bravoure ; si vous cherchez des solos pertinents sans shred débile ; si vous cherchez un album de Tech death racé et varié, Rhizomes of insanity risque de vous attirer irrémédiablement et de vous séduire lentement avec sa schizophrénie musicale, écoute après écoute.



A écouter : Flashes of potentialities, Madness' arabesques, Chiasmus of the damned