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Biographie

Four Tet

Derrière Four Tet, c’est l’anglais Kieran Hebden qui se cache. Si le nom vous évoque quelque chose c’est parce que vous l’avez sans doute vu aux côtés de ceux de Sam Jeffers and Adem Ilhan. Tous trois forment depuis leur jeunesse de lycéens le groupe Fridge. Four Tet est donc le side project de Kieran Hebden. Musique plus chaude et plus personnelle, elle peut séduire les amateurs de Fridge mais également les moins fan. Evoluant vers un électro rock instrumental aussi surprenant que bouillonnant de bonnes idées, ce side project séduira aussi les adorateurs de Autechre, Aphex Twin… La qualité de Four Tet réside avant tout dans la pureté du son des samples des instruments choisis que dans la simplicité de leur emploi (car vous vous en doutez, Kieran Hebden n’est pas un homme orchestre ou alors un homme orchestre moderne qui sait jouer de tous les instruments grâce à la magie de son ordinateur).
Four Tet sort son premier album Dialogue en 1999 et garde jusqu'en 2005 un rythme régulier d'un album tous les deux ans.  En 2006 il compile sur un double album ses remixes de nombreux artistes (de Madvillain, à Aphex Twin en passant par Radiohead), et ses chansons remixées par lui même et par d'autres artistes (Battles, Jay Dee, ...). Il faudra attendre 2010 pour écouter son cinquième album There Is Love In You.

Chronique

Rounds ( 2003 )

Que l’on soit d’accord, Rounds est un album qui respire la légèreté et le bien être à n’en plus pouvoir. Il est d’ailleurs simple d’imager les sensations qu’il nous offre sur chacun de ses titres. Voyez un peu votre envol, votre survol de la planète sur Hands ; une danse saccadée  d’une femme sur la musique d’un cd rayé criant les notes d’un banjo fou avec She moves She ; la pureté incarnée de First Thing, la chose première qu’incarnerait un fragile bébé tendant son petit nez dans notre vaste monde… bercé par la tendresse et la maternité de la harpe de My Angel Rocks Back And Forth ; la folie d’un carrousel dessinant des tourbillons dans les yeux d’un enfant sur Spirit Fingers ; l’escapade vers vos rêves et vos pensées les plus lointaines initiée par la grosse caisse et le piano de Unspoken (pendant pas moins de 10 minutes, alors larguez les amarres et partez !) ; l’aterrissage sur une planète inconnue pendant la courte interlude de Chia ; la débauche de gaieté de As Serious As Your Life pour dandiner d’un pas léger ; le doux confinement de And They All looked Broken Hearted très loin d’une noire déprime mais plutôt proche du sentiment de quiétude que doit ressentir un poisson dans son aquarium et qui, peut être à mon image, frétille de toutes ses écailles ; la suite de votre vol au dessus de la planète assuré sans aterrissage avec Slow jam.
Si je devais vendre Rounds, mon slogan serait quelque chose du genre : il y a ceux qui se paient un voyage dans un pays exotique, et il y a ceux qui voyagent sur Rounds. Cet album brille de mille feux, se boit à la louche dans toute une logique de continuité que nous impose l’ordre de ses titres (il faudrait être fou pour la briser !). Calme, douceur, pureté, repos, sérénité, bien être, je ne saurai trouver meilleurs mots pour vous le décrire. Un album en proie à l’évasion et qui s’écoute en toutes circonstances : de façon studieuse et approfondie comme je me dois de le faire pour cette chronique ou bien en toile de fond comme vous regarderiez un oiseau prendre son envol d’un œil distrait. Quoi qu’il en soit, je défends quiconque de croire que je vous décris là un album de pleurnicheurs ou de fillettes, mais plutôt un album de bien être qui permet d’être bien dans ses chaussettes.

 

A écouter : She moves she, Unspoken, And they all looked broken hearted