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Biographie

Forus

En 2003, motivés entre autres choses par les réalisations de Belvedere, les bayonnais Stéphane Duboy (Guitare), Marcy (Basse), Rémi Lafargue (Batterie, Chant) et Sylvain (Chant) montent un groupe dont ils changeront vite le nom pour adopter Forus. Après quelques concerts locaux, ils ressentent le besoin d'enregistrer une démo pour concrétiser leurs efforts. Ca sera chose faite en 2005 avec Start From Zero mis en boîte par l'ingé-son de Gojira. L'année suivante, la marque de surf / skate Mada leur signe un contrat de sponsoring qui leur permet de tourner un peu plus. Mais Sylvain quitte le groupe et c'est Michel Garcia qui prend alors la double casquette de la guitare et du chant. A la fin de l'année, le label Bells On Records (PMX, Pendleton, This Is A Standoff, Actionmen) les signe et quelques mois plus tard, au printemps 2007, ils ouvrent pour This Is A Standoff. L'été de cette même année est consacrée à la production et l'enregistrement chez Christian Carvin d'un ep intitulé Aaron's Revolution. En octobre, Marcy quitte le groupe et le poste de bassiste est repris par Matéo Arrestier. Après plusieurs tentatives de tournées avortées, le groupe prend les choses en main sérieusement afin de promouvoir sur la route l'ep qui sort en 2008 alors qu'en 2009 un split avec ActionmenHero Of Our Time et Play Attenchon voit le jour. En 2010, Bastien Lamarque devient le nouveau guitariste et Emmanuel Poutet le nouveau bassiste de Forus avec qui ils enregistrent leur premier album, We, qui sort en 2011 chez Effervescence Records. Une tournée en Russie est programmée en 2011 pour promouvoir l'album aux côtés de Mad Caddies, A Wilhelm Scream, The Flatliners, Mute, Nine Eleven et Straightaway. En 2012, Arno Thoral remplace Emmanuel et Forus commence à composer son second album. Lights voit finalement le jour début 2014, toujours chez Effervescence Records.

14 / 20
3 commentaires (14.33/20).
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Lights ( 2014 )

Forus semble désormais bien installé dans le paysage Skatekore / Punk-Rock français. C'est trois ans plus tard qu'ils choisissent d’asseoir un peu plus leur réputation avec ce deuxième album, Lights, qui parait encore une fois chez Effervescence Records.

Si vous ne les connaissez pas, sachez que Forus joue vite, très vite. Et très bien aussi. On le sait, le Punk-Rock a souvent tendance à faire dans le minimalisme des accords et des patterns rythmiques, au profit d'une énergie directe et efficace, mais cela ne concerne pas tout à fait les bayonnais. Tout ici est propice à en mettre plein la vue, du point de vue de la vitesse et de la technicité instrumentale. Heureusement, cela n'empêche pas Forus de garder un impact maximum en terme d'efficacité. Les bayonnais ne s'en cachent d'ailleurs pas, ils sont issus de l'école tourbillonnante Belvedere (dont certains membres fonderont plus tard This Is A Standoff) et cela s'entend dans leur musique, sans pour autant en faire un gros rip-off mal dégrossit.

A fond, à fond, à fond! Dans la lignée de We, Forus explose le compteur kilométrique et fait un doigt à tous les (vieux) groupes de Punk-Rock fatigués qui feraient bien de prendre leur retraite. Pied au plancher, déroulement de caisse claire et descente de toms abusifs, la section rythmique de Forus se fait flasher au moindre radar, pendant que les guitaristes, dont on pourrait se questionner sur leur santé mentale tant ils semblent avoir mille idées à la seconde, nous gavent de notes ultra mélodiques à profusion avec du tapping de folie en veux-tu en voilà, des riffs qui font leur effet et des soli qui nous font faire le grand huit. Côté chant, là encore, le quatuor fait dans la mélodie dont la voix de Michel rappelle celle de Nikola Sarcevic de Millencolin. L'effet tubesque de l'ouverture War's Not Over, I've Just Found The Flag à tôt fait de nous mettre dans le bain. Passé le titre le plus accessible, et peut-être bien le meilleur, c'est l'escalade dans la vitesse et la technique et il faudra être sérieusement attaché à son siège pour subir les cassures rythmiques de Radio Lives! ou de If All Else Fails. On prend aussi son pied sur les débuts de Movement complètement pétés du casque ou le solo fou de No Mercy qui débarque (presque) comme un cheveux sur la soupe. Plus Punk-Rock, Breardy Crook et son côté Folk fait presque office de respiration, dans un disque qui ne lâche quasi jamais la bride.

Le groupe est à la limite d'en faire des tonnes, cependant, là où certains groupes comme A Wilhelm Scream, pour rester dans une approche similaire, réussissent un perfect sur un album à travers des titres complets, variés et accrocheurs, ou ont un effet plus immédiat, Forus nous emmêle un peu les pinceaux, notamment en milieu d'album. Peut-être qu'à trop vouloir en faire (le côté trop homogène de l'empilement des notes), le groupe a tendance par nous perdre dans ses dédales de tapping et de rythmiques fulgurantes qui vont dans tous les sens, mais avec un nombre d'écoute suffisant, on fini par s'y retrouver.

Demeure essentiellement un disque qui fou la patate sur la vingtaine de minutes qu'il propose (une bonne durée pour un disque du genre) et est très rafraîchissant. On imagine surtout que son impact doit laisser les auditeurs en sueur et complètement usés à la fin d'un concert.

15.5 / 20
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Coalition (split avec ActionMen, Hero Of Our Time, Play Attenchon) ( 2009 )

Sa mise bas a pris du temps mais le voila enfin, le disque à la face la plus hideuse de 2009. Derrière ce golgoth en carton baptisé Coalition se cachent cependant quelques uns des titres les plus attendus par les amateurs de skatecore cette année...

A commencer par ceux de Forus qui d'entrée de jeu signent un morceau référence avec "I Only Go to School for the Handrails", sans doute leur compo la plus aboutie jusqu'ici; intro progressive à la technique captivante, tapping à tire-larigot, plans de batterie aussi fluides qu'inventifs, enchaînements au poil... Les Frenchies maintiennent la pression sur des tempos débridés. Revers de la médaille: cette surenchère de démonstration technique ne sera sûrement pas au goût des punk rockers conformistes, alors que "Under Stress" et "The Unlucky Number" sont déjà plus facilement assimilables.
Une véritable confirmation pour Forus qui au fil des sorties forge son identité et grimpe l'échelle skatecore tout en y ajoutant une paire de barreaux au passage. Et pourtant les fers de lance français ne sont pas encore au top: gageons qu'à l'avenir le chant s'étoffera et proposera une poignée d’airs davantage marquants. Ils ne semblent en tout cas pas enclins à décoller leur étiquette "100% skatecore".

Ce qui n'est pas le cas des déjantés ActionMen qui revendiquent un nouvel attentat stylistique après The Game!. D'un enthousiasme toujours aussi communicatif, leur punk rock métissé trace d'un pas chaloupé des lignes de bonne humeur. Unique en son genre, le quatuor transalpin accentue son excentricité par des rythmiques mathy ou des couplets en japonais ("Perinos") pour achever sa course en embardée de 69 secondes instrumentales ("The Beast"). Pas le temps de s'ennuyer, les minutes défilent (trop vite) en compagnie de ce cabaret punk rock barré par qui on aime se laisser surprendre, encore et encore.

Abrupt retour aux fondements avec Hero Of Our Time. "Spare Some Change" et l'intro de "I've Never Been Good..." en attestent illico: l'influence des Satanic Surfers époque '95 - '99 reste prégnante chez les 'ricains, elle s'est même certainement accrue. Celles et ceux déjà rompus aux mélodies de Civilian ne seront donc pas franchement déstabilisés par les retouches apportées sur ces trois nouveaux titres (pistes plus limpides malgré un abus de "stop and go's", refrains qui gagnent en percussion et une qualité d'enregistrement revue et corrigée, même si toujours pas au niveau).
A l'instar de "Fullevil Times" en queue du précédent EP, "The Army of Carbon Copies" se détache du lot avec un engagement personnel et émotionnel renforcé.

Vient finalement le tour de Play Attenchon, dernier à faire montre de ses progrès. Les Péruviens ont depuis La Ilusión que llevas abandonné leur langue natale au profit d'un anglais international et passe partout. Une transposition qui va en définitive se solder en métamorphose : timbre, maîtrise vocalique, efficacité des lignes mélodiques... A tous les étages le nouveau Mario tient la dragée haute à l’ancien.
Ce n'est cela dit que la partie la plus visible de l'évolution du combo. Sur le fond, le style reste inchangé puisque nos jeunes gens sont toujours autant amoureux du punk mélo 90s que des évolutions skatecore récentes. Mais à y tendre l'oreille après plusieurs écoutes, dans l'ombre de la pièce maîtresse c'est en fait toute la máquina qui a muri. Les boulons ont été resserrés jusque dans le travail de composition pour aboutir à des pièces carrées et mieux pensées. Exit la dispersion un brin chaotique; avec une armature solide, Play Attenchon a désormais tout le loisir de se concentrer sur la finition des arrangements et les nombreux détails qui émaillent ses compos.
La reprise du standard "Insult to Injury" de Craig's Brother viendra le confirmer. De prime abord proche de l'originale (même le chant nasillard de Ted Bond a été singé), le quatuor y a tout de même greffé une tripotée de fins ornements pour le remettre à neuf.

On retiendra donc de ce '4-way split' la belle progression de ses quatre protagonistes (bien que Hero Of Our Time demeurent peut-être un ton en-dessous). Dorénavant, en évoquant leurs noms il sera difficile (et pour le moins ingrat) d'en rester à la simple expression "Du potentiel".
En revanche, pour ce qui est du CD stricto sensu, le bilan positif est à nuancer. Sans avoir le temps de prendre ses marques, on passe rapidement et sans transitions d'un groupe à l'autre, expérience un poil déstabilisante. Sans compter qu'avec 30 minutes au compteur (dont une reprise et une courte piste instrumentale), le format 4 groupes x 3 chansons laisse sur sa faim. Un 4x4 n'aurait pas été du luxe pour patienter avant les albums qui, espérons-le, ne reprendront pas la totalité des pistes ici présentes...

Album dispo via le shop d'Effervescence Records.

A écouter : Forus - "I Only Go to School..." // Play Attenchon - "Back to Square One" // ActionMen - "Perinos" // Hero Of Our Time - "The Army of Carbon Copies"
14.5 / 20
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Aaron's Revolution ( 2008 )

Dans une scène skatecore française fantomatique, ce premier EP de Forus fait presque office de putsch en propulsant les Sudistes au sommet de la hiérarchie hexagonale.
Une place de choix pourtant nullement usurpée puisqu’en dépit de sa relative juvénilité, le quatuor connaît et maîtrise les codes du genre sur le bout des doigts, livrant un opus cohérent de bout en bout.

De Belvedere (l’intro de "Lifelong Sofa Ride" semble taillée en hommage à celle de "A Juxtaposition..." des Canadiens) à la "nouvelle" scène anglaise, Forus est féru de ces groupes aux compos technico-mélodico-rapides. Une admiration non feinte, revendiquée même… Mais quand il s’agit de se lâcher le saucisson pour mettre la main à la pâte, les Bayonnais sortent les trippes et enchaînent les rythmiques frénét(r)iques.
Le rendu final conserve un cachet distinctif sans forcément révolutionner ce genre pas franchement grand public. Cet EP se destine donc aux amoureux du genre, ceux qui ne craignent pas les pirouettes techniques et autres riffs d’inspiration heavy ou soli façon tapping (l’intro, "The Link", met tout de suite en garde sur ce point). Avec quelques lignes de chant marquantes en sus, Forus maintient l’intérêt de ses compos sur les 6 titres sans trop de problème.

Quant à la prod’, elle est nette et sans bavure, peut être trop même. Comme d’habitude avec Carvin, il faut aimer les batteries très sèches et les sons carrés qui laissent peu de place aux coups de folie et autres excentricités. Cela dit il y a du mieux au niveau de la basse qui ressort un peu plus qu’à l’accoutumé… il aurait été dommage de se priver de ces quelques lignes qui arrondissent joliment les angles.

Un EP bien envoyé, carré et calibré donc, pour un groupe qui franchira sans doute une étape supplémentaire en lâchant davantage la bride et en ouvrant la porte à quelques fantaisies, souvent synonymes de singularité.

A écouter : "Watch me Fall" ; "Every Second is an Hour"