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Biographie

Finntroll

Finntroll est né est 1997 et déjà à l'époque ce bébé finlandais était bien atypique, un clavier, de grosses guitares, une batterie préférant le son lourd de la double, un chant hurlé; là on pourrait se dire que c'est du déjà vu; mais tout ça est joué façon bien particulière; le black métal est melé à du humppa (Une varieté de Polka), le trollish metal était né. Le groupe sort alors son premier album en 1999, le groupe se fait petit à petit une réputation, musicalement intéressant, scéniquement très bon il ne faut pas longtemps pour céder a la bonne humeur que dégage la musique de Finntroll. En 2003, après la sortir de leur 3ème album  Teemu " Somnium " Raimoranta décede suite à un accident, le goupe est alors en sursis mais il décide de continuer. Un nouveau guitariste, Mikael Karlbom, arrive dans le groupe et l'aventure reprend alors son cours.
En 2004 sortent Nattfödd et Trollhammaren; le groupe fait alors sa première tournée en tête d'affiche. La bière coule à flot et le peuple en quémande encore plus!

C'est en 2006 que Tapio Wilska rend le micro après plus de quatre ans de bons et loyaux services pour laisser la place à Vreth. En 2007, avec la sortie du quatrième album, Ur Jordens Djup, Finntroll emboite le pas vers un metal plus agressif et souligne alors tous les aspects les plus sombres de sa musique. Avec la sortie de Nifelvind en 2010, le groupe reviendra avec un propos plus nuancé mais toujours emprunt de cette méchante griffe acérée, entre clowneries trollesques et mélancolie épique.

Chronique

15 / 20
9 commentaires (16.33/20).
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Nifelvind ( 2010 )

C'était en 2007, après une hibernation coutumière de trois ans que nos gentilles bébêtes ressortaient enfin de leur caverne, plus affamées que jamais. C'était bien la première fois que la horde finlandaise se montrait aussi assoiffée de chair chrétienne ! Plus incisif, plus méchant et plus sombre, l'album redonnait une définition au troll metal.
Après s'être exorcisé des esprits en furie qui les possédaient, les revoilà donc avec ce nouvel opus, plus nuancé, fruit de l'accumulation de toutes les différentes ambiances que le groupe a su dessiner dans son histoire. Car NON et mille fois non, Finntroll n'est pas qu'un vulgaire orchestre destiné à animer les garden-parties pour hobbits alcooliques. Visionnaire d'un folk metal cinématographique, le groupe s'est illustré dans des domaines plus hantés, parfois mélancoliques et bien souvent épiques, même si, ne le renions pas, la tribu n'était jamais opposé à un rigodon embrasé pour concours de buveurs de bières.

Finntroll c'est ça, la quintessence du folk metal dans toute sa splendeur avec ce qu'il faut de rage, de joie ou de nostalgie et Nifelvind s'y inscrit sans réserve. La formule n'a donc pas été réécrite, mais Finntroll n'est pas Korpiklaani ou Eluveitie et sait véritablement remodeler son extravagance. On traverse de surprenants décors aussi fantasques que pittoresques, des  contrées verdoyantes, fraiches et aérées, puis sombres et  brumeuses le morceau d'après, en poussant même l'excursion jusqu'en Afrique avec, pour cet essai, un ou deux égarements tribaux (intro de Den Frusna Munnen...). Un drôle de voyage donc, s'étalant sur quarante cinq minutes et qui s'ouvre par une marche féérico-guerrière de gros-pas-contents, parfaitement clichée (donc forcement géniale).

Toujours accroc à la poudre de perlimpinpin, la horde balance par cageots ses mélodies speedées, bêtasses et carréments irrésistibles, bien qu'on sente un léger détachement du style « humppa » (polka finlandaise) qui leur ai si cher. Rien de bien choquant de toute façon vu l'échappée Ur Jordens Djup, mais Finntroll aurait tendance à plus miser sur l'orchestration grandiose et un sens de la rythmique plus metal, plutôt que sur des plans sautillants ou farfelus, surtout sur la fin de l'album. Encore une fois, pas de  changements radicaux mais de fines nuances, la production toujours plus léchée allant aussi dans ce sens.

Si Finntroll ne déçoit jamais, je trouve quand même que l'apogée était atteinte lors de la période Jaktens Tid / Nattfodd. Ur Jorden Djup était beau mais très singulier et ici, le patchwork, aussi resplendissant soit-il, donne l'impression d'avoir été digéré trop de fois. C'est reluisant, peaufiné, les bidouillages farfelus et excentriques sont toujours très adroits et du coup l'habit est peut-être légèrement trop propre...trop terne ? Resultat, vers la fin de l'album, on se retrouve avec deux ou trois titres qui paraitront très insignifiants, voir franchement fadasses lors des premières écoutes, chose particulièrement triste à accepter pour du Finntroll.
Eh oui, c'est qu'il faut bien commencer à être un peu sévère avec les patriarches du Grand Nord qui, dorénavant, sont suivi de près par une concurrence très en appétit.

Mais il n'y a pas de quoi dramatiser, si le groupe ne nous éblouit pas cette fois, on est encore loin de la déception. Nifelvind est d'excellente facture et nous offre les deux facettes d'une formation aux contrastes plus marqués que jamais. L'album se laisse écouter et réécouter facilement, même en boucle, aucun souci donc, le tour est réussi !

A écouter : Solsagan, Den Frusna Munnen, Ett Norrskensdad...