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Biographie

Fiend

Fiend est né au milieu des années 2000 à Paris. Revendiquant clairement son attrait pour Anton LaVey et Aleister Crowley, le quatuor franco-anglo-américain fait tremper son Doom-Stoner dans un bain d'occultisme psychédélique. Après un premier effort remarqué en 2009, Agla, Fiend revient en 2014 avec Onerous.

Fin 2018, le groupe composé de Heitham Al-Sayed (SenserLodestar) au chant et à la guitare, Michel Bassin (Treponem Pal, Ministry, KMFDM) à la guitare et au synthé, Nicolas Zivkovich (DdentLes Tigres du Futur) à la basse et Renaud Lemaitre à la batterie sort Seeress.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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Seeress ( 2018 )

La bête est de retour. Après deux albums qui figurent toujours en bonne place dans la haute pile des sorties Doom/Stoner/Psyché de ces dix dernières année, Fiend revient pour enfoncer le clou. Ces gars-là semblent avoir tout compris lorsqu’il s’agit d’allier riffs d’une tonne et échappées cosmiques, d’assembler patiemment les pièces de puzzles hallucinés. Le quatuor prend en effet son temps, 52 minutes pour être précis, pour gentiment distribuer les baffes et les caresses dans un enchaînement de morceaux particulièrement réussis.

A mi chemin entre une cérémonie chamanique et le décollage d’une fusée spatiale, Seeress sonne exactement comme ce que l’on peut attendre du groupe après avoir soigneusement essoré ses deux précédentes sorties. La maîtrise y est cependant encore plus prononcée, la production plus aboutie et l’ambiance toujours plus prenante. Tribal et agressif, Morning Star mute en cours de route, évoquant peu à peu un hybride de Neurosis et Melvins, ne laissant rien repousser sur son passage. Une entrée en matière tonitruante qui donne le ton d’un album particulièrement solide et cohérent, même lorsqu’il joue sur les changements de rythme, comme sur le jouissif et effréné 5th Circuits, qui convoque même sur la fin un orgue du plus bel effet. 

Entre Doom (Crown Of Birds) et Space Rock (Vessels), Fiend joue l’alternance et touche au but, systématiquement. La production, si elle peut paraître étouffée au premier abord, parvient finalement à nous mettre dans une espèce de cocon et, par conséquent, dans les meilleures conditions pour apprécier cet album comme il se doit. Car si le style dans lequel évolue Fiend nécessite, pour l’auditeur, une certaine capacité à se laisser porter et emmener au bon vouloir du groupe, l’album exige également un minimum d’implication. Sans avoir besoin de riffs inoubliables, un morceau comme Pillars illustre parfaitement la façon dont le quatuor réussit, par son travail des ambiances, à nous offrir une expérience hypnotisante. Même chose sur The Gate qui, en treize minutes, nous fait passer de l’angoisse liée à la destruction annoncée de notre planète à la sérénité d’un monde débarrassé de ses excès.

Etre arrivé à ce stade de la chronique sans avoir évoqué le chant de Heitham Al Sayed pourrait passer pour un sacrilège. Il n’est pourtant pas question de minimiser le rôle encore une fois prépondérant du chanteur de Senser, dont la voix rageuse et écorchée fait clairement la différence, tout en laissant la musique faire son effet, inlassablement, riff après riff. Fiend a pris son temps pour nous redonner de ses nouvelles. Le message est reçu, clair et net.

L'album s'écoute sur Bandcamp.

Fiend

Style : Doom-Sludge-Stoner
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Origine : France
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