Biographie

Feeder

  Né au début des années 90, le groupe gallois Feeder a débuté son parcours en 1995, sur les cendres des formations précédentes de ses deux fondateurs, le guitariste et chanteur Grant Nicholas et le batteur Jon Lee, avec l’arrivée du bassiste Taka Hirose. Après deux EP "Two Colours" et "Swim", le groupe fait paraître son premier album, "Polythène", en 1997. Proposant une musique rock relativement abrasive, le groupe se forge bientôt un public en Grande-Bretagne mais aussi aux USA, avec des tournées marathon devant un public fidèle et nombreux, tout en restant très discret dans notre beau pays. Auteur-compositeur, le leader du groupe, Grant Nicholas, parvient pourtant à créer de petits bijoux de british pop-rock tel que "Buck Rodgers", sur le très réussi 3ème opus "Echo Park", que même le public français a probablement déjà entendu. Si les thèmes sont restés sensiblement les mêmes, l'amour, la perte et l'espoir notamment, le son est devenu moins heavy depuis quelques années.

Chronique

Pushing The Senses ( 2005 )

  Après le suicide de Jon Lee en 2002, remplacé par l'ex-Skunk Anansie Mark Richardson,  suivi d’un album hanté, "Comfort In Sound", on pouvait se demander à quoi ressemblerait ce nouvel album de Feeder.

  Et dès les premières écoutes, on perçoit clairement que le son s’est encore adouci. Entre pop aérienne et rock saturé, le compositeur Grant Nicholas a choisi la première voie. Le son est assez mélancolique et léger, s’éloignant encore de celui d’un "Echo Park", troisième disque du groupe. De ce fait, les premières écoutes sont faciles, trop faciles, l’auditeur est tenté de renvoyer le groupe à plus d’imagination et à le taxer d’opportuniste surfant sur la récente vague des groupes de pop rock taillés pour le succès, en particulier Coldplay, Travis ou plus récemment Keane. Les paroles sont empreintes d’espoir, d’amour et d’apaisement, ce qui plaira ou pas, mais elles demeurent d’une agréable simplicité, ciselées avec talent pour des mélodies adoucies. En poussant un peu l’analyse, on ressent le besoin du groupe de sortir d’une période douloureuse, avec par exemple ce petit refrain sur "Tender" : "Turn over everything, Time can heal us again, I’m tender in your arms". Bien sûr, toutes les chansons ne sont pas d’une qualité exceptionnelle, mais on résiste difficilement à un petit bijou tel que "Morning Life". Par instant, on retrouve même un son plus agressif, comme sur "Pushing The Senses", morceau titre de belle tenue. La musique en elle-même manque un peu d’ampleur. Elle est comme bridée par le choix artistique de verser dans une pop mélodique aux arrangements parfois assez inoffensifs. On le ressent en particulier sur la dernière piste "Dove Grey Sands". On est ainsi constamment partagé entre sensation de douce élévation, notamment sur le bien nommé "Feeling A Moment", et léger ennui, si bien qu’il est difficile d’être totalement séduit. Néanmoins, on perçoit suffisamment de jolis moments pour qu’avec un peu de bonne volonté on finisse par adhérer au virage pris par la formation.

  On ne peut parler d’album mature, mais plutôt d’évolution dont on peut déjà apprécier les fruits les plus mûrs, en attendant d’être totalement convaincus. Au prochain album, peut-être ?

A écouter : Pushing The Senses, Feeling A Moment, Morning Life