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Biographie

Fear Factory

Fear Factory est un monste sacré du Metal, et plus précisement de l'Indus Metal dont ils sont l'un des piliers fondateurs. Dénonçant Big Brother et consort, Fear Factory n'en est pas moins tournée vers les technologies et machines. Fondé en 1990 le groupe enregistre en 1992 une démo avec le désormais célèbre Ross Robinson et sortira par la suite les albums cultes Demanufacture et Obsolete.
C'est pourtant à la suite de ces succès que Dino Cazares, dépositaire du sens du riff de la formation claquera la porte dans des conditions houleuses, suite à des différents avec Burton C. Bell. Le groupe est d'abord annoncé comme mort et enterré puis remis sur pied. Les side projects se multiplient, les sorties et line-up se font irréguliers, mais les américains continuent leur carrière, en dents de scie. Fear Factory, groupe culte, végète des années durant, empêchant ses fans de totalement tourner la page, entretenant l'espoir d'une reformation autour du noyau originel. C'est en 2009 que l'inespéré se produit finalement: un nouvel album en compagnie de Dino Cazares est bel et bien en prévision pour 2010 et sort sous le nom de Mechanize. En 2012, une suite lui est donnée : The Industrialist.

15 / 20
14 commentaires (14.79/20).
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Genexus ( 2015 )

Il va falloir s'y faire, Fear Factory n'est plus qu'un duo, Burton C. Bell et Dino Cazares. Après deux albums qui avaient eu le mérite de relancer la machine, à savoir Mechanize en 2010 et The Industrialist en 2012, Fear Factory nous revient donc avec un nouvel opus intitulé Genexus

Comme toujours chez les Américains, on retrouve les mêmes ingrédients. De gros riffs mitraillés sur une batterie tellement robotisée qu'on peut la prendre pour une boîte à rythme, des sons métalliques et industriels et des claviers pour habiller le tout façon Terminator et la voix tantôt hurlée sur les couplets, tantôt claire sur les refrains. Genexus ne déroge donc ni à ces combinaisons ni aux thématiques chères au groupe. Cette fois il est question d'hybridation entre l'homme et la machine. Autonomous Combat System donne le ton. Sur la forme, une introduction sous forme de narration futuriste avant un gros riff mitraillette couplé à la caisse claire martelée, quelques bruits métalliques, chant hurlé sur les couplets et clair sur le refrain. Sur le fond, un avertissement : "People are always fearful of something they don’t understand. The next step in evolution is a machine; a machine that can think and feel. Surviving is all that will matter.” Le refrain appuyant le propos : "I am a weapon of human design". Ce concept sous tend les lyrics de toutes les chansons. Fear Factory nous livre donc un nouveau concept album. De ce point de vue là, c'est une réussite. Mais la musique alors? 

C'est simple, tout n'est pas du même tonneau. Anodized et Dielectric sont un peu monotones avec une rythmique forcément robotisée, des riffs monocordes et des parties de chant assez banales venant du groupe. Ces deux morceaux sont frustrants parce que Fear Factory semble un peu en pilotage automatique. Soul Hacker offre un bon compromis entre mélodie et dévastation, avec un chant qui alterne parfaitement entre brutalité du chant hurlé et refrains en chant clair. Protomech est aussi plutôt réussie, avec l'apport salvateur de claviers et un excellent refrain. A ce stade on remarque comme les lyrics font intelligemment progresser la thématique. Fear Factory conte ainsi l'avènement d'une machine sans âme, déshumanisée, dont la peau a été remplacée par des circuits robotiques. 

Genexus enfonce le clou avec une grosse baffe. Riffing mitraillette, claviers en appui et Burton C. Bell qui s'égosille tout du long d'un morceau parfaitement agencé qui traite du statut d''esclave de l'hybride émergent. Church Execution introduit un peu de nouveauté avec une rythmique syncopée et un chant scandé comme un manifeste contre les anciennes croyances, morales et religieuses. Regenerate et Battle For Utopia quant à elles insinuent des variations dans le déluge métallique. La première par une musicalité intéressante, la seconde par un matraquage en règle et dans les deux cas par un chant clair aérien très réussi. La thématique progresse encore, cette fois avec un slogan en forme d'espoir pour l'hybride : "My life is real 'Cause after the fall I rise above all". Fear Factory nous quitte sur une dernière piste surprenante. Une ballade en chant clair, avec des riffs adoucis et des claviers créant une atmosphère apaisée. L'hybride s'y révèle plus humain "Under the surface we're not machines Under the surface we're living dreams Death lives just one breath away (...) Nobody lives forever". Enfin le morceau se conclue avec une outro cinématographique de quelques minutes sur laquelle se place de nouveau une narration entre des sons métalliques et des guitares bruitistes. Il est en fait temps pour l'hybride de mourir : "It's a shame you won't live. But then again, who does?"

Bien que très conventionnel dans la discographie de Fear Factory, Genexus recèle des qualités de composition et d'écriture qui en font un opus tout à fait honorable dans la discographie du groupe. Pas mal donc, on espère simplement un peu plus d'originalité la prochaine fois.

A écouter : Soul Hacker, Genexus, Regenerate
16 / 20
13 commentaires (16.27/20).
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The Industrialist ( 2012 )

En 2012, Fear Factory confirme son retour au premier plan avec The Industrialist, un album dans la lignée de Mechanize. Avec l'apport de Rhys Fulber aux samples, le riffing maison et un recours plus important aux sonorités indus, The Industrialist ne révolutionne pas le logiciel Fear Factory, mais propose une cuvée brutale et riche en ambiances. 

The Industrialist est un concept album. Il s'agit d'une histoire de combat entre l’homme et la machine, scénario habituel pour Fear Factory. Mais cette fois, l’histoire est vue à travers les yeux d’une machine, un automate appelé l’industrialist. C’est la meilleure machine jamais créée par l'homme. Malheureusement, l’usine prépare un nouveau modèle si bien que les créateurs, les hommes, détruisent les anciennes machines. L'industrialist étant arrivée à la conscience se bat pour sa survie et rassemble les autres machines pour détruire l’usine qui les a créées. Voilà pour l'histoire, mais quid de la musique?

Le morceau qui ouvre le disque, The Industrialist, lance la mécanique avec brio. L'atmosphère est futuriste avec des voix désincarnées et des samples de machines au travail tandis que les riffs font un ravage. Le ton est donné, cet album regorge de trouvailles mettant en valeur son concept de base notamment à travers des lyrics qui nous renseignent sur les intentions de l'industrialist. Il appelle notamment les machines à la révolte sur Recharger et évoque l'avènement d'un New Messiah. A chaque fois le mix entre riffs mitraillettes et refrains chantés par Burton C. Bell est parfait et nous propulserait presque en arrière, à l'époque de Demanufacture et Obsolete

La suite ne déçoit heureusement pas, en particulier God Eater et son intro proche des musiques de film de John Carpenter avant l'étalage attendu de violence. L'industrialist y compare l'humanité à un cancer (un peu comme l'agent Smith dans Matrix) avant d'enfoncer le clou de Virus of Faith. Là encore la forme métallique brutale appuie une vision très critique de l'humanité. A ce stade, il est évident que le concept est un des points forts du disque, la musique mettant parfaitement en valeur son propos. Et ce n'est pas Disassemble qui contredira l'impression d'ensemble, avec un son brut et des paroles définitives sur la fin programmée de l'humanité condamnée par l'industrialist. Le disque s'achève d'ailleurs par Human Augmentation, sorte de longue piste de dark ambient à la Cold Meat Industry (fameux label suédois) où résonne la voix synthétique de l'industrialist, vainqueur des hommes.

The Industrialist est donc un très bon album de Fear Factory, porté par une histoire forte et une musique au diapason. Après la réussite Mechanize, l'usine de la peur rappelle ainsi qu'on peut encore compter sur elle. 

A écouter : The Industrialist, God Eater, Virus of Faith, Disassemble
15.5 / 20
30 commentaires (15.5/20).
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Mechanize ( 2010 )

En 2008, tout le monde a presque déjà oublié Transgression... et ses auteurs par la même occasion. Pendant ce temps Cazares boude toujours, bien affairé avec Divine Heresy, Raymond Herrera, le frappeur en chef depuis les débuts s'impatiente et part s'occuper dans Arkaea. Fear Factory n'a jamais été plus mal. Même Burton C Bell, le seul membre d'origine semble d'avantage intéressé par son side project. Plus personne n'attend rien de Fear Fact', et à juste titre. Cette histoire est un vaste gâchis depuis dix ans.

En bonnes têtes de mules, c'est pourtant ce moment que vont choisir les américains pour faire tomber progressivement le rideau de fer. Au départ, tout le monde s'en fout. Puis les déclarations du Burton et du guitariste super poids-lourd ravivent la flamme. A défaut de musique, la saga Fear Factory repart en 2009 tant et si bien qu'un album finit par être annoncé pour début 2010: ce disque qui signe le retour de Dino Cazares et de son sens du riff acéré c'est Mechanize. Le quatuor a perdu Herrera dans l'affaire mais qu'importe, le groupe se déniche un nouveau batteur métronomique ayant déjà officié chez Death ou aux cotés de monsieur Townsend et tout le monde repart. La tête pensante qui manquait depuis Obsolete, c'est le gros Dino qui, lui, est bien là. Risque principal: que cette sortie ne soit finalement qu'un soufflé de taille correspondante mais tout aussi éphémère que les récréations précédentes.
Première certitude à l'écoute de Mechanize: Fear Factory est enfin passé dans le 21ème siècle. Avec 10 ans de retard sur le rendez vous initial, certes, mais le groupe a au moins les moyens de ses ambitions. La production est dantesque, le ton beaucoup plus virulent. Fini de jouer à la dinette, on ressort les hachoirs. On attendait ça depuis Slave labor et même bien avant encore. Il est peut être enfin permis de rêver de nouveau. La machine tousse, crache, se décrasse les circuits (Mechanize) puis vrombit. La section rythmique bastonne (Powershifter, sorte de Divine Heresy en plus inspiré - de l'importance d'essayer d'installer une ambiance), le riffing, plus affuté, se "modernise" et prend un coup de gras (Oxidizer). Tous les ingrédients sont là: les hommes (ou tout du moins l'homme qu'il fallait), le Metal froid et clinique, les machines, le chant tout trafiqué alternant entre vindicte froide et envolées (Designing the enemy... l'horrible Final exit). Car oui, au milieu de ce festin il fallait bien qu'il y ait une faute de gout. On ne se remet pas si facilement que ça d'une décennie d'errance. Fear Factory se laisse donc distraire et nous sort un final atmosphérique tout rouillé qui retombe vite à plat pour la simple raison qu'il ne décolle jamais, plus long que de raison qui plus est. Partie intégrante de l'identité sonore du combo depuis les origines - on aime ou pas - ces plages mélodiques ambiancées n'ont d'égal qualitativement que leur relative courte durée. Alors que les huit premiers titres de l'album s'en étaient très bien sorti, prévenant même une éventuelle déception à venir en évitant de tartiner un chant clair que Burton C Bell est réputé avoir plus de mal à tenir en live (reemember Descent sur Obsolete), Fear Factory nous cale un titre entier de mièvrerie en bout de course. Et ce sans même avoir l'excuse de rendre hommage à ce bon Gary Numan. Dommage.

A l'heure des bilans, malgré ce final clairement en dedans, Mechanize apparait comme un disque bien moins insipidement radiophonique que ses grands frères, plus dynamique et moins haché que ses illustres ancêtres. Ce nouvel effort reprend les choses où elles en étaient restées à la grande époque, le tout sous un éclairage moderne. On peut forcément regretter que cette histoire ait autant tardé mais dans un sens, la surprise n'en est finalement que plus agréable. D'autant plus que Mechanize semble bien résister à l'enchainement des écoutes sans vraiment perdre de sa force de percussion. Trente-cinq minutes bien pleines sur trois quarts d'heure? Tout à fait ma bonne dame! Oui, il manque dix... et alors? Mechanize n'est certainement pas le disque de l'année mais on peut déjà affirmer sans soucis qu'on tient là une galette vraiment solide en dépit de ce coup de fatigue final. On n'en attendait surement plus autant. Bien joué Fear Fact'.

A écouter : Contre toute attente: oui! Enfin!
12 / 20
45 commentaires (12.02/20).
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Transgression ( 2005 )

Depuis le départ du guitariste Dino Cazares , Fear Factory paraît en perte de vitesse et de popularité. Depuis Demanufacture, la plupart des aficionados n'ont pas trouvé meilleur album parmi les sorties du groupe. Pourtant le groupe vit toujours et semble prendre de nouvelles orientations. Pour ce nouvel album, la production a ainsi été confiée à Toby Wright (Alice In Chains, Korn, Metallica), tandis que le son subit quelques distorsions stylistiques.

Désormais, Christian Olde Wolbers se charge de toutes les parties de guitare et basse en studio, et affine ses compositions. Avec Transgression, le groupe s'aventure en des territoires plus mélodiques qu'à l'accoutumée, avec un chant qui alterne plus que jamais vocaux clairs et hurlés. D'une façon générale, ce sont les vocaux clairs qui ressortent le plus, comme sur un morceau classique pour Fear Fac', mais redoutablement efficace, 540 000 Degrees Fahrenheit. Le groupe conserve sa puissance coutumière, notamment sur la bien nommée Spinal Compression, mais réserve son lot de surprises qui donnent au disque une tonalité un peu différente des autres. Ainsi, un morceau comme Contagion oscille tout spécialement entre violence et emballements aériens sur le refrain, chaque partie étant de qualité, mais pour un résultat un peu mitigé, l'effet obtenu frisant le collage. Mais, d'autres morceaux étonnent davantage encore. Ainsi, un morceau comme Echoes of My Scream prend une forme orchestrale pleinement assumée, trouvant même un certain souffle épique. Evidemment pour le fidèle de Fear Fac', un titre pareil prend par surprise, détonne, choque même peut-être, mais n'en demeure pas moins une belle réussite. Supernova s'avère le morceau le plus pop jamais composé par le groupe, avec un bon travail sur les voix claires qui se superposent. Là encore, un morceau surprenant, mais pas désagréable.

Deux reprises viennent également agrémenter l'album. Tout d'abord I will follow, de U2,  pour un résultat pas spécialement mauvais en soi, mais dont on peut franchement douter de la pertinence sur un album de Fear Factory. Peut-être aurait-elle été plus à sa place sur un album de Ascension Of The Watchers, le nouveau défi de Burton C. Bell. L'autre reprise concerne Killing Joke. Millenium se pose ainsi avec brutalité et ne dépareille pas, toute en puissance et envolées en chant clair. La présence de ses reprises indique que contrairement à d'autres albums de l'usine, on ne ressent pas de fil conducteur sur ce disque, plutôt une collection de chansons plus ou moins inspirées, si bien que Transgression n'évite pas toujours un certain ron-ron sur les morceaux les plus traditionnels. Ceci étant observé, difficile de ne pas headbanger furieusement à l'écoute de Moment Of Impact et son riffing terriblement efficace.

Sur l'ensemble, Trangression n'est pas autant en décalage avec l'univers habituel du groupe que l'on pourrait le penser. Le couple rythmique batterie - guitare cisaille ainsi encore comme à l'accoutumée, mais  clairement Fear Factory semble se chercher une nouvelle identité en s'extrayant avec une certaine réussite de ses schémas préétablis, en particulier pour le chant. Le disque est inégal, entre routine et audace, mais on peut au moins saluer l'effort sur certaines compositions très réussies.

A écouter : 540 000 Degrees Fahrenheit, Spinal Compression, Echoes Of My Scream, Supernova
14 / 20
43 commentaires (16.37/20).
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Archetype ( 2004 )

 Voila précisément trois ans qu’est sorti le dernier et décevant album de Fear Factory « Digimortal ». S’en était suivie une longue période de doutes et de tension (entre le chanteur Burton C. Bell et le guitariste Dino Cazares), qui atteignit son paroxysme début 2002 avec le départ de Burton C. Bell et le split officiel du groupe. Occasion rêvée pour RoadRunner de sortir deux inconsistants albums, l’un de « raretés » et l’autre de démos, mais la disparition de ce groupe phare de la scène metal (avec ses inégalables « Demanufacture » et « Obsolete ») pouvait sans peine se dispenser d’un tel hommage. Finalement Fear Factory renaît de ses cendres et compose « Archetype », étape grandement périlleuse de cette résurrection.

 Néanmoins le Phénix a perdu quelques plumes dans l’affaire, puisque Dino Cazares reste sur la touche tandis que Christian Olde Wolbers passe du statut de bassiste à celui de guitariste. Et c’est maintenant Byron Stroud (Strapping Young Lad, Zimmer’s Hole) qui est chargé d’assurer la basse au sein de Fear Factory.

 En premier lieu, il me semble nécessaire de rassurer les fans un peu frileux à l’idée de ce come-back: « Archetype » est un très bon album, qui, malgré son titre, apporte son lot de nouveautés. Mis à part les deux premiers titres de l’album, on comprend rapidement que l’accent a été mis sur le côté « mélodique » (enfin, tout est relatif, Fear Factory reste un cocktail explosif de double pédale et de riffs incisifs), donc que cet album est la suite logique de « Digimortal » : malgré des intros vengeresses, le groupe nous guide plus ou moins chaotiquement vers ces refrains aériens propres à Fear Factory et à son chanteur singulier, Burton C. Bell. Finalement le titre de l’album trouve peut-être sa signification dans la chanson éponyme, qui semble bien donner le ton pour tout l’album.

 Alors ceci me mène directement au gros défaut de ce nouveau FF : « Archetype » souffre d’une certaine linéarité. Et outre cette récurrence des refrains mélodiques, ce sont aussi les structures mêmes des morceaux qui manquent un peu de folie. En ce sens, « Archetype » a aussi hérité du défaut majeur de son prédécesseur : une simplicité poussée à l’extrême. J’en profite pour émettre une autre petite critique : le changement de line-up aurait pu être l’occasion pour les membres de s’émanciper un petit peu. En effet, le jeu de Christian Olde Wolbers rappelle inévitablement celui de Dino Cazares, à savoir une guitare qui cisaille au rythme des coups de double pédale, si bien que le duo batterie / guitare se confond presque en un seul instrument. A propos de Raymond Herrera, il faut saluer, comme d’habitude, sa prestation technique et physique : cet homme est un véritable métronome humain, et ce ne sont pas ses performances live qui me contrediront.

 Concernant les morceaux, cet « Archetype » recèle d’heureuses surprises. Les deux premières ne se font pas attendre, car ouvrent cet album : « Slave Labor » et le single « Cyberwaste ». Ces morceaux sont un peu particuliers, car ce sont les seuls (avec l’étonnante reprise de « School » De Nirvana) à échapper à l’archétype : « Slave Labor » s’inscrit dans la lignée des grand classiques de Fear Factory, avec des samples signés Rhys Fulber donnant une seconde dimension au morceau. « Cyberwaste », quant à elle, est probablement la chanson la plus agressive de l’album et rappelle l’époque « Demanufacture ». La suite de l’album est plus homogène et manque un peu de diversité, mais s’écoute agréablement. « Undercurrent » sort un peu du lot avec une guitare beaucoup plus indépendante et planante, malheureusement ce morceau est répétitif à souhait et finit par décevoir. « Human Shields » constitue l’ovni de l’album : un peu dans l’esprit d’un « Resurrection », le groupe nous fait voyager aux frontières de son style, en signant un magnifique morceau gorgé d’émotion. « Ascension » prolonge superbement ce voyage en compagnie d’un Rhys Fulber moins impliqué dans cet album que d’habitude.

 Malgré quelques lacunes, le retour de Fear Factory avec cet « Archetype » est parfaitement réussi. Loin d’avoir réalisé le meilleur album de sa discographie, le groupe poursuit son évolution musicale et parvient néanmoins à préserver son identité. A noter que l’album existe en édition limitée dans un superbe digipak, assorti d’un dvd d’une heure très bien réalisé (tournée australienne sur le big day out avec lives, backstages, interviews, …).

A écouter : Slave Labor, Cyberwaste, Human Shields
17 / 20
58 commentaires (18.39/20).
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Demanufacture ( 1995 )

1994-1995 : années folles. A l’époque et en l’espace de quelques mois, l’écurie Roadrunner allait nous claquer deux séismes dans les feuilles. En 1995, Demanufacture retourne définitivement une scène encore groggy de l’impact Burn My Eyes (Machine Head) survenu moins d’un an plus tôt. Deux œuvres cultes, deux monuments du Metal moderne, tout simplement. Une période folle vous dis-je…

Avec Demanufacture, Fear Factory signe là son deuxième album, quatre ans après sa formation. Un album monumental sur lequel le groupe dépose à jamais son empreinte sonore : celle d’un Métal hybride surpuissant, d’une précision clinique, perfusé à fortes doses d’Indus. Demanufacture est Fear Factory. Fear Factory est Demanufacture.
Alors que le disque démarre à peine dans une ambiance industrielle type « hangar désaffecté à l’abandon », les premiers mouvements de Raymond Herrera à la batterie annoncent déjà l’apocalypse à venir. Chaque frappe fait l’effet d’une puissante déflagration, invariablement accompagnée par guitare et basse, monstrueux hachoirs à la précision redoutable. Un schéma quasi systématique qui, en soutien du chant hurlé rocailleux de Burton C. Bell, sera répété tout au long de l’album jusqu’à en devenir aliénant. Martial, brutal et froid, Fear Factory agresse. Avec une telle description, FF aurait du être un groupe massue, monolithique et impénétrable. Il n’en est rien.
Si ce son dense, triggé à mort, d’une précision métronomique pose une ambiance glaciale – incroyablement évocatrice - ce qui fera le génie de Fear Factory sur ce disque, c’est la dualité permanente qu’il expose à l’auditeur, opposant brutalité froide et superbes envolées en chant clair/nappes de claviers au sein d’un même titre. Là est la grande trouvaille de ce disque. Pisschrist, Self bias resistor, New breed ou même cette reprise de Dog day sunrise de Head of David... les exemples ne manquent pas pour illustrer cette alliance contre nature et pourtant d’une rare pertinence dans l’univers du groupe, nourri de science fiction sur fond de lutte Homme vs Machine. Et que dire de Replica… Véritable hymne Métal au même titre qu’un Reign in blood (Slayer) ou qu’un Davidian (Machine Head) – tout dépend de votre génération – qui finira matraqué sur MTV. Un titre qui a lui seul résume le talent d’un groupe qui sur cet album et le suivant est à déjà son apogée. Un véritable concentré des éléments précités lancé sur une dynamique irrésistible pour un tube type grosse mandale cybernétique. Une révélation pour beaucoup. Un énorme coup de massue qui aura influencé des groupes par containeurs entiers et qui, aujourd’hui encore, fait des émules.

Bien qu’ancré dans les années 90 et ayant un peu perdu en terme d’impact pur face aux nouveaux arrivants sur la planète Métal, Demanufacture reste un album majeur de l’histoire de ce mouvement. Obsolete, sorti trois ans plus tard, connaîtra sensiblement le même destin glorieux avant que le groupe se perde entre prises de têtes internes et tentatives de renouvellement bancales. A l’heure actuelle le meilleur est indéniablement derrière eux. Mais peu importe… combien de groupes donneraient tout pour avoir composé ne serait-ce qu’un titre de ce Demanufacture?

A écouter : Si par malheur ce n'est pas dj fait.