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Biographie

Expire

Fondé en 2009 à Milwaukee par Josh Kelting (Chant), Zach Dear (Guitare), Marcus Boldt (Batterie), Caleb Murphy (Basse), Expire est un concentré de New-York Hardcore. Le quatuor offre d'abord deux eps en 2010 et 2011 avant de signer chez Bridge Nine Records pour la sortie de leur premier album, Pendulum Swings en 2012. Après de nombreuses dates avec Iron MindTwitching TonguesRotting Out, Your Demise ou Madball, le groupe sort un second opus, Pretty Low, en 2014, tout aussi efficace que le premier. Une nouvel tournée arrive avec Comeback KidHandguns, Terror et Deez Nuts. En 2016, Expire sort un ultime album, With Regret, toujours chez Bridge Nine Records, accompagné d'une tournée d'adieu en 2017.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (16/20).
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Pendulum Swings ( 2012 )

La pendule crache son tempo oppressant et le souffle dynamique de l’album étouffe l’auditeur. Implacable de rage et de groove NYHC, Expire en impose. Aucun doute, se sont des hommes las, alors blasé et lassé nous pourrions passer notre tour. Mais quelque chose nous a pris à la gorge pour nous traîner au sol avant de nous coller une gifle chargée au vitriol parlant plus aux plaies de l'esprit qu'à nos corps en manque de mosh-parts. Expire évolue dans les coupe-gorges du NYHC, foulant aux pieds le passé sans le renier pour apporter une ombre mystérieuse et sombre comme la Nuit Américaine de Jim Morrison à un style parfaitement codifié.

Le groupe propose sa version des faits, dépoussiérant le mobilier pour ne garder que le meilleur du genre : riffs au groove excessif, basse qui rebondit sans se laisser manger au mix, batterie qui martèle en toute (brutale) simplicité pour contenir les assauts vocaux de Joshua Kelting se démarquant du style par une rage sincère vomissant bile, jeunesse et désespoir au-travers de lyrics éloignés des clichés virils habituels. Aucun prosélytisme straight-edge, aucune référence à la fraternité du mouvement Hardcore, pas un sourire sur un visage ne se vantant jamais de posséder un esprit sain dans un corps sain.

Dès le premier morceau, l'amateur du style sait qu'il l'a dans l'os... Sans prévenir Expire fait un happening corporel, invitant lors d’un Just Fine rageur les plus grandes inhibitions au pays du groove sans scrupule. La guitare au son massif et l'impulsion donnée par la section rythmique bulldozer, lâche une musique en perpétuel mouvement rebondissant encore et encore sur le dancefloor... Mais l'attitude positive de rigueur se devant d'accompagner ce déluge de napalm laisse place à une haine froide et sincère, tutoyant le nihilisme pour accepter ses faiblesses, ses rancœurs et sa douleur. Le frontman parle de lui, de son vécu, de ses sentiments sans jamais nous inviter à la comprendre et à la partager. Confessions personnelles fonctionnant comme un miroir pour l'auditeur, mais quelque part il doit s’en foutre pas mal... Just Fine c'est la gueulante amère et grinçante qui te rappelle que ton bonheur est éphémère et que la solitude sera ta seule amie. Comprenez que tout cela fait largement plus penser à Trash Talk qu'à Madball ou Terror.

Tout en muscle et en marcel, le tempo en mode tachycardie est une invitation à guincher à l'ancienne dans un tourbillon où aucun temps mort et faute de goût ne viendront gâcher ce plaisir de sueur et salive. Mais cet écrin musical et musculeux cache un groupe aux antipodes du genre, dévoilant des paroles évoquant la désillusion (Spit Out), lâcheté (Reputation), nihilisme (Abyss) et déceptions amoureuses (Sleep Lost et Pills And A Promise), lâchant leur sensibilité en assumant pleinement la chose, petit déballage auquel le NYHC ne fait souvent aucune concession.

Niveau timing, c'est la soufflante de ta vie : douze titres pour vingt minutes, comme si le temps, à l’image du titre de l’album et de son artwork, était compté. Pas le temps de se lasser du style super efficace mais forcément redondant, théoriquement (à moins d’être totalement réfractaire au genre) il tournera en heavy rotation. Avec une rage noire marquée par la solitude et la nostalgie, Expire bouscule tout en alliant puissance et sensibilité avec ce petit truc en plus, simple mais insaisissable, transformant chaque morceau en hit instantané. Hyperactif et habité, le groupe valide son billet en live et confirme une des meilleures sorties Hardcore de 2012.