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Biographie

Exhumed

Formé en 1990 par Matt Harvey, alors agé de 15 ans, et Col Jones Exhumed est un combo de Death / Grind issu de la scène Californienne. Après une grosse série de Démos, de Splits ou EPs (rien que 4 disques en 1992), le groupe sort son premier album Gore Metal en 1998, mixant alors Death et Grindcore sur 13 titres enregistrés en plein été de la même année et posant les bases d'Exhumed.
Un tournée suit peu après, enchaînant les changements de musiciens jusqu'à la sortie de SlaughterCult en 2001. 4 tournées après (3 aux USA et une en Europe, dont des dates au Wacken Open Air ou Obscene Extreme), Anatomy is Destiny déboule dans les bacs, suivi par un changement de bassiste. 

Laissant Matt Harvey seul membre originel, le batteur Col Jones quitte le combo, tandis qu'Exhumed sort une compilation de ses premiers enregistrements, Platters of Splatter, enchaine les dates et les allers-et-venues de membres (départ du guitariste Mike Beams, arrivée de Wes Caley à la 6-cordes et du batteur Matt Connell) pour aboutir sur un album de reprises Garbage Daze Regurgitated (avec au menu du Metallica, AmebixSadus, The CureMaster, ...). Exhumed annonce alors une pause à durée indéterminée en 2005.

En 2010, Matt Harvey annonce le retour de son groupe pour un nouvel album, avec Lon DelMuerte (basse, chant), Wes Caley  (Guitare), Danny Walker (Batterie) et Matt Harvey. All Guts, No Glory voit le jour en aout 2011, alors qu'Exhumed commence déjà à enchaîner les dates. Necrocracy sort quant à lui en 2013 chez Relapse Records.

Chronique

13 / 20
4 commentaires (14.5/20).
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Necrocracy ( 2013 )

« La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes.» a déclaré un jour Winston Churchill. L’humanité a en effet connu au cours de son Histoire toutes sortes de régimes se voulant chacun le meilleur possible, asservissant des hommes pour satisfaire les élites dirigeantes. Mais si cette élite n’était plus de ce monde, et continuait malgré tout, de régner post-mortem ? Exhumed tente de répondre à cette question à travers « Necrocracy », album arborant fièrement une typographie nous rappelant l’alphabet cyrillique, ainsi qu’une procession de macchabées défilant sur un fond rouge sang. Le projet est clairement ambitieux et intéressant, mais de là à ce que celui-ci soit pleinement abouti, il reste un pas à franchir.

Que ceux qui avaient en tête la formation californienne à ses débuts soient avertis : Exhumed a délaissé le Grindcore crasseux de « Gore Metal » et officie désormais dans un Death-Grind relativement édulcoré. Le son des guitares est plus soigné, épuré, et les nombreux soli sont accompagnés d’une reverb qui rend désormais les montées dans les aigus très « clean ». Mais le duo basse/batterie contrebalance ce phénomène en puisant dans les racines d’Exhumed : la quatre-cordes grasse et groovy se marie aisément aux son « garage » des fûts, martelés tantôt façon Punk (refrain de « Necrocracy »), tantôt façon Death (intro de « Carrion Call »). À cela vient s’ajouter un duo vocal, où growl et scream d’écorché vif nous content les heures sombres d’une armée des morts dégoulinante de bile et couverte de pustules (« Necrocracy »). Si l’aspect technique est plus que correct, l’originalité cependant n’est pas le point fort de cet album. Le groupe aux multiples demos et splits nous propose neuf titres (quatorze dans la version deluxe pour les fans et/ou les plus courageux) sensiblement construits sur le même schéma : alternance des voix, solos systématiques et peu différents les uns des autres, batteur s’adonnant à la double pédale puis à la caisse claire sur chaque temps (« Coins Upon The Eyes », « The Shape Of Deaths To Come »)… Une recette certes efficace mais qui s’essouffle et peine à maintenir l’auditeur lambda jusqu’aux dernières secondes du disque. De plus, on remarquera un certain manque d’intensité et de rage pour qui aura la curiosité de comparer cet album au précédent, « All Guts, No Glory ». Un constat qui s’avère être une décision de Matt Harvey, confiant en interview qu’il souhaitait expérimenter des tracks plus lentes. En résultent des morceaux perdant en efficacité, méritant d’être raccourcis pour être joués plus vite : l’armée des morts présente sur la pochette est rendue moins agressive et redoutable, et la musique quelque peu répétitive affaiblit et décrédibilise un concept qui aurait pu être intéressant.

Cependant nier quelques très bonnes séquences de ce dernier Exhumed serait faire preuve de mauvaise foi : certains titres sont bien menés comme « Sickened » (sans doute l’un des meilleurs) ou l’intro ô combien jouissive de « The Shape Of Deaths To Come » mariant à merveille batterie et voix. Par ailleurs certains breaks font oublier pour quelques instants le Death-Grind pour des envolées vers la sphère du Hardcore : l’outro de « Dysmorphic » l’illustre bien de ses riffs lourds et de sa voix scandant les lyrics, rythmée par un growl marquant le temps.

Ce sont justement de ces passages réussis que devrait s’inspirer la formation californienne, des bribes de sincérité et de nouveauté à préférer au clinquant des soli répétitifs et par conséquent ennuyeux. Nos compères de chez Relapse Records s’autorisent somme toute assez peu d’instants de folie, comme enfermés dans un carcan qu’ils entretiendraient eux-mêmes. L’idée de traiter d’un régime politique macabre et peu conventionnel laissait espérer une création musicale à la hauteur de cette source d’inspiration. En définitive, « Necrocracy » pose une fois de plus l’éternel choix artistique entre le confort et la prise de risque.

A écouter : Sickened, Dysmorphic