Découverte
Pochette s/t

logo Evoken

Biographie

Evoken

Evoken est un groupe pionnier du Doom Death américain et en est l’une des plus anciennes formations encore en activité. Ayant développé une identité musicale très forte au fil des ans, nombreux sont ceux qui le considèrent comme le meilleur groupe du genre.
L’origine d’Evoken remonte à l’année 1992 dans le New Jersey (U.S.A.) où le guitariste Nick Orlando et le bassiste Rob Robichaud fondent un groupe nommé Funereus. Après les traditionnels départs et arrivées et une brève période sous le nom d’Asmodeus, en 1996 le line-up du groupe est le suivant : John Paradiso (chant / guitare), Steve Moran (basse), Nick orlando (guitare), Vince Verkay (batterie) et Dario Derna (claviers). Ils choisissent ensemble le nom d'Evoken, inspiré de la piste du même nom présente sur le cultissime Fhtagn-Nagh Yog-Sothoth de Thergothon.
La première sortie officielle de la formation, intitulée Shades of Night Descending et initialement enregistrée en 1995 par le groupe de ses propres moyens, est rééditée en 1996 en tant que MCD par le label français Adipocere Records, avec une nouvelle couverture. Elle sera suivie par deux démos, ainsi qu’une participation du groupe en 1998 à un tribute album en hommage à Iron Maiden, A Call To Irons: A Tribute to Iron Maiden (avec la chanson Strange World).
La même année, la formation signe un deal avec ses compatriotes d'Elegy Records. Le résultat ne tardera pas, avec l’arrivée en seulement quelques mois du premier album du groupe, Embrace the Emptiness. La formation fait preuve d’une qualité de composition fantastique, donnant dans un registre Doom Death ultra lent et incroyablement lourd entrecoupé d’accélérations, le tout mixé à des éléments issus du Funeral Doom. Ceci vaut au groupe d’être comparé aux grands noms du Doom tels Thergothon, dISEMBOWELMENT ou encore Winter, et à l’album d’acquérir le statut de disque culte.
En 2000, le groupe participe à un autre tribute album, cette fois en hommage à Black Sabbath, Hell Rules 2: A Tribute to Black Sabbath (avec la chanson Snowblind), et signe chez Avantgarde Music pour deux albums.
Quietus, son deuxième effort, débarque en 2001 avec un son plus lourd et sombre que jamais, issu de la volonté du groupe de rendre hommage aux tout premiers groupes du genre. La formation commence alors à donner ses premiers concerts, aux Etats-Unis et en Europe notamment.
Après une première démo en 2002 qui montre une évolution du groupe vers des sonorités nouvelles avec l’incorporation progressive de violons et de parties de guitare sèche, un nouvel album paraît en 2005, intitulé Antithesis of Light.  La direction prise par le groupe avec la précédente démo est ici pleinement exploitée, avec une approche beaucoup plus expérimentale du son et une atmosphère très Dark Ambient. Cet album assoit définitivement la réputation d’Evoken comme figurant parmi les incontournables de la scène Doom. C'est en 2007 que le groupe revient avec un deal chez I Hate Records et un nouvel album, A Caress of the Void, prévu pour le 4 juin.

Chronique

A Caress of the Void ( 2007 )

  En 2007,  A Caress of the Void marquait le retour d’Evoken au premier plan, avec le statut pas forcément évident à gérer de seigneur de la scène Doom acquis grâce notamment au monumental Antithesis of Light, sorti il y a moins de trois ans.
  D’entrée le ton est donné : le colossal morceau titre ouvre l’album de manière magistrale où tout l’esprit de l’album est canalisé : Evoken possède toujours sa touche inimitable, son identité musicale toujours aussi marquée que le groupe n’a eu de cesse d’affiner depuis Shades of Night Descending. Le son est toujours aussi énorme, les grattes et les claviers itératifs sont reconnaissables au premier coup d’oreille (A Caress of the Void donc, Of Purest Absolution, Astray in Eternal Night, Orogeny...), le growl est toujours aussi surpuissant, la prod est encore une fois absolument parfaite… Mais plus que tout, il y a toujours cette fameuse ambiance vraiment indicible, tellement particulière dont seul le groupe a le secret, comme l’écho d’une dimension ineffable où règnent des divinités aux noms imprononçables pour des humains… Pour faire simple, imaginer n’importe quel groupe de Doom Death avec une véritable âme, et vous comprendrez. Ainsi on a beau évoluer en terrain connu, se dire que tout de même, Evoken ne se renouvelle pas énormément d’un album l’autre, que les pistes suivent plus ou moins toutes le même schéma, rien n’y fait, la magie noire opère toujours, et de quelle façon.

  Monolithique et hypnotique, tels sont les mots qui viennent le plus souvent en tête à l’écoute de ce disque. Evoken semble atteindre ici l’apogée de son œuvre musicale, tant ce disque ne souffre d’aucune faiblesse. On reste en effet pantois face à une telle maîtrise de tous les composants qui forment la véritable essence du Doom Death avec un album qui ballade l’auditeur entre désespoir, terreur et haine noire. L’alternance entre passages atmosphériques (Mare Erythraeum) et ambiances plombées typiquement downtempo (Descend the Lifeless Womb)  fonctionne à merveille, si bien qu’on se croirait au cœur d’un voyage, une « procession au crépuscule» dont l’intensité irait crescendo jusqu’au monumental Suffer a Martyr’s Trial (Procession at Dusk) de presque un quart d’heure, point culminant et pièce maitresse de l’album qui laisse ensuite la place à Orogeny, double d’A Caress of the Void, comme si l’on était prisonnier d’un cycle infini… Mais souhaitons-nous vraiment en sortir ?

  Toujours est-il que celui qui y parvient ressort meurtri, lessivé, broyé, perdu… mais également grandi d’une aventure aussi furieusement intense, comme un véritable effet cathartique en somme. Mais vous l’aurez compris, il est vraiment difficile de formuler quelque chose qui tienne un tant soit peu la route à propos de cet album axé avant tout sur le ressenti. Chacun y trouvera ce qu’il est venu chercher, ou peu être pas car la musique d’Evoken a toujours ce petit quelque chose d’inaccessible, ce caractère éthéré a jamais insaisissable, cet instant de perfection aussi éphémère qu’une caresse du néant…

  Ainsi Evoken signe une nouvelle fois une œuvre qui fera date, et ce A Caress of the Void redonne ses lettres de noblesse à un genre gangrené par des clones de plus en plus nombreux et médiocres. Avec ce disque, nouvelle étape d’une discographie sans faille, Evoken confirme son statut de monarque inébranlable et semble bien parti pour entrer dans la légende…

Trois titres en écoute sur le Myspace du groupe.

A écouter : Comme on implorerait Cthulhu