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Biographie

Eternal Majesty

Formé en 1995 à Paris, le groupe Eternal Majesty entame les compositions et sort divers enregistrements dont la haine n’a d’égal que le son inaudible dont ils bénéficient. Se suivront entre 1995 et 2001 une démo, quatre splits cds (avec des groupes aussi réputés que Krieg, Antaeus, Hell Militia ou Judas Iscariot), et un album live, immortalisation d’un des nombreux concerts donnés par le groupe dans les tréfonds du réseau diabolique européen. C’est en 2003 que sort le véritable premier album du groupe, From War To Darkness, qui réserve une bien belle surprise à ceux qui connaissent le groupe. Eternal Majesty y propose un black metal plus violent et malsain qu'auparavant, emprunt de mélodies, et avec une patte bien personnelle, notamment au niveau rythmique.
Suivent en 2005 un ep, Night Shadow, et en 2006 le second album, Wounds Of Hatred And Slavery, qui exploitent totalement la même voie que leur précédentes sorties.

Chronique

14.5 / 20
1 commentaire (16/20).

Wounds Of Hatred And Slavery ( 2006 )

Eternal Majesty s’était fait attendre de longues années avant de sortir son redoutable premier album, From War To Darkness. On ne peut pas dire que ce soit le cas pour son successeur. Un MCD et une signature avec Appease Me (silvouplait !) plus tard, et le deuxième LP du groupe voit le jour. Pas de bouleversement majeur en vue mais quel régal que de prendre en pleine figure de nouveaux titres du quatuor parisien. Wounds Of Hatred And Slavery propose ce que le groupe sait faire de mieux, un black metal putride et inhumain, sans concessions.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la musique d’Eternal Majesty (et j’imagine qu’ils sont nombreux), sachez que celle-ci ne fait pas dans la dentelle (on s’en serait douté). Chaque seconde est faite de haine pure, celle que l’on a un plaisir malsain à retrouver chez les groupes de black metal les moins recommandables. Eternal Majesty sert une musique à la violence insensée, utilisant des riffs aiguisés à la mélodie impure, une basse cataclysmique, une batterie supersonique, et une voix que l’on croirait sortie des enfers. Sans tomber dans le cliché bateau, le combo sait aussi utiliser des particularités qui lui sont propres, exécutant des titres audacieux, forts en rebondissements (même si l’on ne souffle jamais) et en variété rythmique, utilisant même de judicieux arrangements électroniques (parfois en interludes voire même en titres complets) pour parfaire des ambiances déjà plus noires que les tréfonds de l’âme du diable.
Le cru 2006 Eternal Majesty reste sur ses acquis, développant à fond sa personnalité et ses idées. Servis par une production plus sure, et en même temps fidèle aux origines du groupe (comprendre ici qu’elle sonne volontairement très raw), les 10 nouveaux titres du quatuor livrent une nouvelle fois une bataille rangée et sans mercie contre les forces du bien. Le groupe déploie son aptitude à faire des chansons plus rentre-dedans ; on a, plus qu’auparavant, droit à des morceaux plus entêtants, aux riffs particulièrement mordants. Under Hate Red Star You Born, le « hit » du disque, en est d’ailleurs le plus bel exemple , offrant des mélodies très Dark Funeraliennes, et caractérisant très bien ce qu’apporte cette production. Plus nette, elle permet un discernement plus aisé et plaisant des mélodies, et confère pour autant des allures de séisme à chaque assaut de double pédale redoublé par la basse. Du coup, la musique du groupe est fortement mise en valeur par un travail de production réellement axé sur les atouts du groupe et le disque entier se retrouve un cran au dessus de son prédecesseur.

Wounds Of Hatred and Slavery est donc une suite logique à l’évolution d’un groupe ayant tout juste fêté sa première décennie. Avec cette signature chez Appease Me (et donc par lien de parenté Candlelight Records), Eternal Majesty assoit un peu plus son statut de valeur sûre française, aux côtés de purs groupes de black metal taillés pour la scène, Nokturnal Mortum en tête. Le combo parisien continue de délivrer sa vision de cette musique soucieuse de rester en marge et élitiste, et montre bien qu’il maîtrise la recette de son elixir comme peu le font dans notre pays où l’expérimentation est reine. Avec un pareil disque, nul doute que les aficionados de raw black ravageur seront comblés et qu’Eternal Majesty pourra régner sur ses nouvelles terres conquises. 

A écouter : si vous ne craignez pas le dmon black metal.