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Biographie

Eternal Champion

Eternal Champion est né au Texas à la fin de l'année 2012, autour du chanteur Jason Tarpey et du batteur Arthur Rizk, rejoints peu de temps après par les guitaristes Carlos Llanas, Blake Ibanez puis, en 2015, John Powers.

Adepte d'un Heavy Metal particulièrement épique et conquérant, grandement influencé par les écrits de l'auteur de fantasy et de science-fiction Michael Moorcock, le groupe se contente d'une démo et d'un split avec Gatekeeper en 2013 et 2015 avant de nous offrir enfin, en septembre 2016, un premier album intitulé The Armor Of Ire.
Après le départ du guitariste Blake Ibanez, Eternal Champion décide de ne pas le remplacer, Arthur Rizk assurant certaines parties de guitare, et sort en 2020 Ravening Iron.

17 / 20
1 commentaire (15.5/20).
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Ravening Iron ( 2020 )

"Thousand of swords, no one can take them from me", chante Jason Tarpey dans le morceau-titre de ce deuxième album d’Eternal Champion. Une façon certainement pour le combo texan de répéter à la face du monde ce que la musique du groupe dit depuis déjà plusieurs années : "Bas les pattes, manant, nous sommes les élus, notre règne était annoncé par des divinités plus anciennes que les plus vieux souvenirs des premiers hommes" (en extrapolant un peu…).

Après la claque The Armor of Ire en 2016, le retour d’Eternal Champion était attendu par des hordes de metalheads assoiffées de riffs, de sorciers, de dragons et de guerriers sans masques chirurgicaux. Les Américains ont non seulement répondu présent, mais offrent avec Ravening Iron un disque encore plus abouti que son prédécesseur. Capitalisant sur des morceaux accessibles à tous, ce qui dans son cas est une qualité essentielle, Eternal Champion prouve avec brio que la complexité n’est pas une fin en soi et que celle-ci peut, d’ailleurs, venir davantage s’exprimer dans la relation entre deux guitares plutôt que dans des constructions de morceaux alambiquées

Tous les points forts du premier album sont là, mais transcendés. Ces riffs qui vous attrapent immédiatement, sans round d’observation. Ces solos très judicieusement amenés et ayant le bon goût de ne pas être trop longs. Cette production impressionnante, apportant encore un peu plus d’agressivité et de lourdeur aux morceaux sans les étouffer… Si la nouvelle vague du heavy metal américain a le vent en poupe et compte dans ses rangs de nombreux groupes talentueux, Eternal Champion tire clairement son épingle du jeu grâce à une cohésion sans faille, qui n’a pas souffert du départ du guitariste Blake Ibanez.

Toujours nimbé de reverb, le chant de Jason Tarpey trouve parfaitement sa place dans un mix qui laisse de l’espace à chacun des musiciens, renforçant encore ce sentiment d’un "tout", d’une entité impossible à fragmenter sous peine de lui faire perdre toute sa puissance. A Face in the Glare, Worms of the Earth, Ravening Iron, War at the Edge of the Earth… Les tubes se succèdent, aucun morceau n’est en-dessous du lot et l’énergie qui les parcourt semble inépuisable. 

Alors que les influences du groupe pourraient laisser craindre une overdose de kitsch (cette pochette…) et une musique dépassée, ses membres parviennent à garder une fraîcheur remarquable. Lorsque l’instrumental The Godblade (qui est également le titre d’un livre "jumeau", écrit par Jason Tarpey et narrant la quête d’un guerrier-forgeron) laisse place à l’écrasant Banners of Arhai, qui clôt l’album, l’on réalise qu’il est plus que temps d’aller revoir notre top de fin d’année pour y ajouter une bonne dose d’aventure et de magie.

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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The Armor Of Ire ( 2016 )

Tout y est : le nom guerrier, la pochette représentant un cousin de Conan le Barbare brandissant au sommet d’un rocher une épée que l’on devine détentrice d’un pouvoir sans limites, la demoiselle très légèrement vêtue qui s’accroche à lui comme à son ultime espoir… A première vue, Eternal Champion semble jouer à fond la carte des clichés associés à un genre, le Heavy Metal épique, qui s’approche de ce que la plupart des gens considère comme étant, de loin, le truc le plus ringard qui soit. Il n’est pourtant pas question d’un quelconque groupe parodique à l’écoute de The Armor Of Ire, qui s’est avéré rapidement être la pépite héroïco-métallique de l’année 2016. S’il ne dure que 35 minutes et ne propose que huit morceaux, dont deux courts instrumentaux, cet album n’en laisse pas moins une impression particulièrement marquante liée à la qualité des compositions et à une production plus que convaincante. Les Texans s’inspirent grandement de l’oeuvre de l’écrivain de Fantasy Michael Moorcock, dont le concept de "Champion Eternel" sert en effet à catégoriser les héros de ses différents cycles, Elric de Melniboné en tête, chargés de ramener un équilibre nécessaire entre l’ordre et le chaos.
 
Cet équilibre, Eternal Champion l’a bel et bien trouvé dans sa musique et va bien au-delà du simple effet de manche. Rien n’est gratuit dans les morceaux qui composent The Armor Of Ire, qui jouit d’une cohérence remarquable, permettant en outre à tous les musiciens de s’exprimer pleinement. Les riffs peuvent paraître simples, voire répétitifs, mais sont enrichis par un travail subtil entre les guitaristes qui amène de l’épaisseur à l’ensemble, tout en laissant le chant caractéristique de Jason Tarpey s’en extirper pour apporter de la hauteur et une fraîcheur qui empêche le disque de donner une impression de déjà-entendu. Les tubes s’enchaînent, de l’écrasant I Am The Hammer au très Maidenien The Cold Sword en passant par l’énorme The Last King Of Pictdom, que l’on connaissait déjà en single depuis un certain temps et qui vient symboliser la maîtrise du groupe lorsqu'il s’agit, sans réinventer la roue, de se montrer efficace et pertinent.

Evidemment, les textes ne font pas dans la finesse, narrant batailles et quêtes toutes plus épiques les unes que les autres ("Bring forth those who'd conquer/Light flames for them to see/Their heads will hang from my hand/This reign can never be"). Et lorsqu’Invoker ralentit le tempo, il est temps pour nos guerriers d’affronter les créatures et divinités peuplant l’inquiétant imaginaire de H.P. Lovecraft ("The Spawn of Stars, Cthulhu and kin, invoked by a cult/In their folly they called the ones who would trample and crawl upon Earth, now their own"). Ne tombant jamais dans une démonstration technique vaine, le groupe fait preuve d’une sobriété reposante, intégrant parfaitement les solos à la dynamique des morceaux et jouant avant tout la carte du collectif (The Armor Of Ire, Sing A Last Song Of Valdese).

L’énergie qui se dégage de cet album semble infinie, le rendant très addictif et difficile à épuiser, malgré sa durée relativement courte. Le sentiment qui prédomine est qu’Eternal Champion croit suffisamment en sa musique et en sa capacité à transcender ce genre pour qu’à l’issue de The Armor Of Ire, le seul réflexe possible soit de le relancer une nouvelle fois.