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Biographie

Eternal Champion

Eternal Champion est né au Texas à la fin de l'année 2012, autour du chanteur Jason Tarpey et du batteur Arthur Rizk, rejoints peu de temps après par les guitaristes Carlos Llanas, Blake Ibanez puis, en 2015, John Powers.
Adepte d'un Heavy Metal particulièrement épique et conquérant, grandement influencé par les écrits de l'auteur de fantasy et de science-fiction Michael Moorcock, le groupe se contente d'une démo et d'un split avec Gatekeeper en 2013 et 2015 avant de nous offrir enfin, en septembre 2016, un premier album intitulé The Armor Of Ire.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (16/20).
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The Armor Of Ire ( 2016 )

Tout y est : le nom guerrier, la pochette représentant un cousin de Conan le Barbare brandissant au sommet d’un rocher une épée que l’on devine détentrice d’un pouvoir sans limites, la demoiselle très légèrement vêtue qui s’accroche à lui comme à son ultime espoir… A première vue, Eternal Champion semble jouer à fond la carte des clichés associés à un genre, le Heavy Metal épique, qui s’approche de ce que la plupart des gens considère comme étant, de loin, le truc le plus ringard qui soit. Il n’est pourtant pas question d’un quelconque groupe parodique à l’écoute de The Armor Of Ire, qui s’est avéré rapidement être la pépite héroïco-métallique de l’année 2016. S’il ne dure que 35 minutes et ne propose que huit morceaux, dont deux courts instrumentaux, cet album n’en laisse pas moins une impression particulièrement marquante liée à la qualité des compositions et à une production plus que convaincante. Les Texans s’inspirent grandement de l’oeuvre de l’écrivain de Fantasy Michael Moorcock, dont le concept de "Champion Eternel" sert en effet à catégoriser les héros de ses différents cycles, Elric de Melniboné en tête, chargés de ramener un équilibre nécessaire entre l’ordre et le chaos.
 
Cet équilibre, Eternal Champion l’a bel et bien trouvé dans sa musique et va bien au-delà du simple effet de manche. Rien n’est gratuit dans les morceaux qui composent The Armor Of Ire, qui jouit d’une cohérence remarquable, permettant en outre à tous les musiciens de s’exprimer pleinement. Les riffs peuvent paraître simples, voire répétitifs, mais sont enrichis par un travail subtil entre les guitaristes qui amène de l’épaisseur à l’ensemble, tout en laissant le chant caractéristique de Jason Tarpey s’en extirper pour apporter de la hauteur et une fraîcheur qui empêche le disque de donner une impression de déjà-entendu. Les tubes s’enchaînent, de l’écrasant I Am The Hammer au très Maidenien The Cold Sword en passant par l’énorme The Last King Of Pictdom, que l’on connaissait déjà en single depuis un certain temps et qui vient symboliser la maîtrise du groupe lorsqu'il s’agit, sans réinventer la roue, de se montrer efficace et pertinent.

Evidemment, les textes ne font pas dans la finesse, narrant batailles et quêtes toutes plus épiques les unes que les autres ("Bring forth those who'd conquer/Light flames for them to see/Their heads will hang from my hand/This reign can never be"). Et lorsqu’Invoker ralentit le tempo, il est temps pour nos guerriers d’affronter les créatures et divinités peuplant l’inquiétant imaginaire de H.P. Lovecraft ("The Spawn of Stars, Cthulhu and kin, invoked by a cult/In their folly they called the ones who would trample and crawl upon Earth, now their own"). Ne tombant jamais dans une démonstration technique vaine, le groupe fait preuve d’une sobriété reposante, intégrant parfaitement les solos à la dynamique des morceaux et jouant avant tout la carte du collectif (The Armor Of Ire, Sing A Last Song Of Valdese).

L’énergie qui se dégage de cet album semble infinie, le rendant très addictif et difficile à épuiser, malgré sa durée relativement courte. Le sentiment qui prédomine est qu’Eternal Champion croit suffisamment en sa musique et en sa capacité à transcender ce genre pour qu’à l’issue de The Armor Of Ire, le seul réflexe possible soit de le relancer une nouvelle fois.