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Biographie

Errata

Errata s’est formé en 2002 à Lille, autour de 5 musiciens issus de diverses formations, mais ne trouve son orientation musicale qu’en 2005. En 2008, le groupe sort son premier Ep, Modus Operandi.
Le groupe enchaine les concerts, participe au premier volet de la compilation Falling Down et, après un changement de batteur, s'enferme en studio fin 2012 pour L'Autre Hémisphère, son premier album qui voit le jour en 2013.

15 / 20
1 commentaire (18/20).
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L'Autre Hemisphere ( 2013 )

Qu'en est-il d'Errata après plus de 10 ans d'existence et un premier EP il y a 5 hivers ? Un Autre Hemisphere, faisant de multiples références à la mythologie ou à l'histoire (Narcisse, les Silènes, les Evergètes, Argus …), multi-prismes dont chaque face n'est qu'une déformation d'une autre, s'essayant comme précédemment à alterner Screamo et Post sur 8 compos.
Emmurant ses cris dans un caisson de sur-sensibilité, Errata, par le biais du chant toujours au bord de la rupture ("L'Eperdu des Astres" ou "Narcisse est mort"), s'évertue à accentuer les détails de Modus Operandi. Toujours dans cette veine dont Le Pré ou Je suis Mort avait tracé quelques pas à la suite de Gantz, Aussitot Mort ou Amanda Woodward, le quintet gonfle le torse fièrement ("L'Arene Prend le Roi") sur des titres d'environ 7 minutes. Les montées en puissance se font envoutantes, toutefois moins à fleur de peau que sur le dernier Sed Non Satiata, et l'évolution progressive des titres se ressent au travers de longues entrées en matière ("Dernière Escale avant Naufrage") ou se mêlent cordes, peaux et clavier. De la même manière que sur le EP précédent, il n'y a rien à redire : il suffit d'écouter et de se laisser porter par une mélopée dont la recette, même si elle est connue depuis longtemps, est maitrisée et personnalisée.

Au-delà de l'aspect musical, l'une des particularités et richesses d'Errata est d'utiliser, en dehors du langage courant, un registre mythologique pour parsemer ses textes de références au monde Grec. Peut-on voir dans "Dernière escale avant Naufrage" le parcours des compagnons d'Ulysse, attendant derrière le héros que les exploits contés par Homère les fassent disparaitre durant leur Odyssée ? "Narcisse est mort" ne reprend-il pas le mythe de Narcisse par Ovide pour en faire une relecture contemporaine ?
La volupté d'Errata ne se trouve pas dans un appel aux armes, dans un sentiment de malaise mais dans cet enchainement de mots ou les jeux se succèdent ("Et tour à tour, les cavaliers veulent être roi / Pour épouser la reine. / Et comme toujours, ces fous à lier ne se doutent pas / Qu'ils seront les pions de l'arène.") et se glissent entre le reste des instruments.

Difficile pour Errata de se tailler une place alors que Sed Non Satiata prend la part du lion avec Mappo. Toutefois, le combo sait jouer de justesse sur ses mélodies pour l'Autre Hemisphere et conforte l'idée que Modus Operandi n'était que les prémisces d'un Post / Screamo capable du meilleur.

A écouter : L'Eperdu des Astres
15.5 / 20
2 commentaires (16.25/20).
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Modus Operandi ( 2008 )

"A pas feutrés sur mes rêves bien rangés", telle pourrait être l’approche de Modus Operandi. En effet, il aura fallu 6 ans pour que les premières compositions des jeunes lillois de Errata parviennent jusqu'à nous, tout d'abord sous la forme d'un seul et unique titre "Comme Un Arrière Goût De Cendres", puis par cette première démo, Modus Operandi. Celle-ci se cache sous un artwork à l'image de la musique : mélancoliquement poétique.

Difficile de cataloguer la musique d'Errata, puisqu’elle se rapproche d'un postrock sur de nombreux passages, mais aussi d'un screamo éreinté sur d'autres. Que ce soit sur "Adventice", aux spokens words clamés tel un poème, ou "Nephelion" et ses hurlements de douleurs, cette dualité est présente sur chaque morceau de Modus Operandi. S'alternant, se côtoyant sans jamais s'entremêler, chaque chanson est construite de manière à offrir une  succession des 2 styles, laissant à l'auditeur la sensation d'être porté par la musique, spectateur de cette douleur éclatante. Certains passages sont larmoyants, telle la fin de "Modus Operandi", avec un chœur en sus, renfort au chant au bord de la rupture, au cas où celui-ci viendrait à défaillir ou encore la conclusion de "Adventice", presque lumineuse, comme si la souffrance s'était dissipée. Un autre exemple est l’introduction de "Comme un arrière goût de Cendre", d’abord douce, puis chargeant comme un assaut dévastateur mené par les mots hurlés que sont "Liens, Transferts / Imbu de Confiance, s’élancer dans la Guerre". Les paroles, loin d'être énigmatiques, ont cependant un charme certain : "Assis sur un océan sans fond, maquillé de réversibles visions / Je m'entretiens avec moi-même / Et voici un nuage imbibé d'encre en fusion / Pour écrire le hasard et l'illusion. Un rôle pour moi, mais jamais le même / De chaque pore de ma peau, de fabuleuses et absurdes scènes" sur "Nephelion". Relativement sombres, riches, elles transpirent la faiblesse humaine, le sentiment d'abandon de l'être. Posée sur les instruments, cette faiblesse devient force sur "Nephelion", fragilité sur "Modus Operandi" ou "Adventice".  Musicalement, Errata se rapproche par moments de la démo de Aussitot Mort ou celle de Le Pré Où Je Suis Mort, surtout lors des passages les plus explosifs, tandis que les plus doux amènent à faire penser à un postrock doux, presque timide.

Une nouvelle version de "Comme un arrière goût de Cendre", différente au niveau de la production, est offerte sur Modus Operandi. Plus claire, elle est en sort cependant plus faible. Certes la qualité est présente, mais l'impact est réduit car le morceau parait plus libre, moins à fleur de peau, étouffé dans son propre malaise. On pourra aussi reprocher un packaging trop fragile, certes à l’image de la musique, mais dont on redoute d’en sortir le disque de peur d’abîmer les paroles…

Errata s'est approché à pas feutrés, mais ressort en faisant beaucoup de bruit. Le premier jet est ainsi prometteur, mariant deux styles musicaux pour un résultat explosif. Malgré les quelques défauts (notamment pour ceux ayant pu écouter la première version de "Comme un arrière goût de Cendre"), les 36 minutes de Modus Operandi passent agréablement, entre poésie et souffrance. A écouter, perdu dans ses pensées...

A écouter : Comme Un Arrière Gout de Cendre - Nephelion
Errata

Style : Screamo/Post
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Origine : France
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