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Biographie

Enhuma

Le groupe Enhuma se forme en 2001 et pratique à ses débuts un style post-hardcore. Après presque deux ans d’existence et quelques concerts (Psykup, Resilience, Patch’up, ...), le groupe doit se reformer pour des raisons de divergences musicales.
Changement de line-up radical donc, avec le départ d’un guitariste (Cédric actuellement dans le groupe pop-rock Phenomen) et remplacement de Florian à la batterie par Ned ainsi que remplacement de Jacob à la basse par Beuz (ex Shellem) en avril 2003. Enhuma garde malgré tout son nom, se remet à composer et crée un nouveau set dans un style plutôt «Pattonien» aux influences assez diverses allant de Frank Zappa à Mr Bungle en passant par Botch et Honey for Petzi.
S’en suit plusieurs concerts et l’enregistrement d’un trois titres à la fac MST image et son de Brest.

La Tête Dans La Chèvre ( 2006 )

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs… Attention ! Car voici de retour la bande de déjantés qui s’est fait remarquer avec ses pitreries musicales du côté de Brest, là, tout au bout à gauche de la France. Rappelez vous que sous l’impulsion de Bran, Métalorgie s’était penché sur leur cas à l’époque de leur première démo ; aujourd’hui, Enhuma sort La Tête Dans La Chèvre son premier album autoproduit, de bien belle manière s’il en est.

Première impression, l’instrumentation variée (sax, flûte traversière…) et une solide panoplie de samples qui posent des ambiances épaisses, nous font véritablement zigzaguer dans l’univers bancal du groupe en s’entremêlant avec les autres instruments de base. La guitare est libre ("The Last Cartoon"), sait se faire barrée comme chez Primus ("Landscape") afin d’accentuer l’effet singulier diffusé par le groupe ; Ben alterne avec réussite différents styles de plans (métal, funky…), ou d’outil de travail avec l’incursion, par exemple, de mélodies acoustiques sur #.
Autrement, parsemé donc de montées de cuivre ("Stridulation gourmande à cœur ouvert") et d’illustrations à vent ("Allen") le nouvel album d’Enhuma ressort vraiment plus riche. On retrouve donc toujours ces multiples ambiances ("Paul"), mais de manière bien mieux diluées, si bien qu’on ne trouve vraiment pas le temps de s’ennuyer. L’ambiance mystique ou d’expérience jazzy/contemporaine ("##") se confronte à un lâchage total sur "White Cowboy", avant un intéressant final, à l’envers ("Luap Nella"). Enfin, signe des temps peut-être, une plus grande liberté d’expression est donnée au clavier ce qui permet également de renforcer l’univers bancal du groupe en lui laissant plus d’importance ("Allen"). Et si côté chant, la sphère pattonienne inspire toujours Def, on retrouve aussi cette jolie intonation de voix involontairement Incubus ("Trickery") ainsi que des passages nettement plus virils faisant état d’un bel étalage vocal.
En tout cas, et c’est un point très positif dans ce style de musique, Enhuma reste plus facile d’accès que certains de ses collègues tout autant versatiles (Psykup, Tayobo), car le groupe, à l’écoute de La Tête Dans La Chèvre semble préférer varier les styles chanson par chanson plutôt que de les enchaîner sur une seule composition ; l’écoute est ainsi plus digeste.
A ce propos, le son général est meilleur que sur la démo, avec un bon  équilibre entre toutes les composantes et les idées farfelues du groupe ; peut-être d’avantage de punch au mixage serait appréciable dans les parties saturées des guitares mais nous pinaillons.
Un petit bémol tout de même, on peut trouver l’album un peu long, surtout avec une telle profusion d’idées ; peut-être aurait-il été mieux de le soulager de quelques compos, de celles croisées sur la démo ("Figurine Burlesque", "Vésanie" (ex "Dark Song")) car même si elles ont été réenregistrées, elles sont un ton légèrement en dessous que le nouveau matériel, mais pour ceux qui ne connaissent pas le groupe c’est encore bon à prendre !
Voici donc un bon premier album que l’on espère être une graine fertile pour la culture de quelques suites.

A écouter : Paul - Trickery - Landscape

Démo MST ( 2004 )

C’est à Bran que l’on doit la «découverte» d’Enhuma et leur présence désormais dans nos colonnes de chroniques chez Métalorgie. Sans doute a-t-il été agréablement surpris par leur mélange détonnant de moultes styles champestres et d’autres pas mûrs !
En théorie leur univers melting-pot est donc similaire à celui de notre très cher outratlantique Mike Patton. En France, on peut les rapprocher de formations comme Psykup et Flying Pooh. En pratique, c’est donc peu de freinage pour des enchaînements de style au taquet, sans se soucier de ce qui arrive dans le rétroviseur et de ce qui se présente dans les reflets des lunettes de soleil. C’est métal, funk, un peu acid-jazz pour la friandise et c’est burlesque pour l’enrobage.

Trois chansons composent cette démo enregistrée à la Fac MST (Image et Son) de Brest. La première chanson, «Figurine Burlesque» (justement !) lance le ton : musique funky fusionnelle dont l’esprit rappelle les débuts d’Incubus (Ep Enjoy Incubus), chant français frappé au shaker, on ne reste pas indifférent au rythme. Ensuite, un délire bucco/percussionniste vient égayer la fin de piste pour nous démontrer combien ces quatre musiciens sont clairement allumés!
La deuxième compo («Landscape») amorce une intro à la guitare en son clair, une basse qui déroule et un chant en anglais. Ouais, c’est définitivement mon sentiment général, la voix agréable et claire de Def me fait penser à celle de Brandon d’Incubus (S.C.I.E.N.C.E). Preuve d’un certain potentiel. Et déjà, celle de ce dernier me faisait bien penser à la voix de Mike Patton dans ses années Faith No More. Le monde est décidément petit. Mais il est vrai que pour les délires vocaux, Enhuma s’inspire de cet illustre aîné. Avec un peu plus de pratique, la chose pourrait renforcer son registre. Après ça, la guitare de Ben prend le dessus avec des aigus alarmants qui posent une ambiance bien plus sombre et noisy. Avec cette chanson, Enhuma prouve qu’ils peuvent faire évoluer l’ambiance dans une composition.
Enfin, «Dark Song» et son intro vraiment… sombre, avec une rythmique se rapprochant d’ambiances lourdes (slapping pour la basse) comme pouvait nous gratifier Korn sur leur premier album ; le chant passe  à la vitesse supérieure pour se lâcher dans des cris dont l’intensité fleurte avec celle de Serj Tankian (SOAD). Encore une autre couleur d'ambiance donc pour éloigner l'ennui...
N’oublions pas tout au long des compos ces petites touches de clavier assurées par Def comme on pouvait, encore une fois, retrouver chez Faith No More et qui apportent plus de profondeur et un côté décalé très plaisant. Ned (à la batterie), avec ses variances, rend efficacement service aux chansons.

En conclusion, Enhuma c’est un convaincant univers théâtral, un savant fourre-tout d’influences diverses et variées qui a juste besoin d’avantage de maturité pour s’assurer plus de maîtrise et pour affiner son style. Certes, les nombreuses variances peuvent dérouter mais il est clair qu’Enhuma en a fait son credo. A prendre ou a laisser donc.
Laissons donc un peu le temps parler pour eux mais il est clair que les quatre brestois ont des idées: pour preuve, ils viennent de remporter le prix Sacem de la créativité. Alors, heureux ?


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A écouter : via leur site!
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Style : Metal experimental
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Origine : France
Site Officiel : enhuma.fr
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