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Biographie

Endon

C'est à Tokyo, en 2007, que cinq musiciens complètement dingues monte Endon. Le groupe pratique, dès son premier EP Acme Apathy Amok (2011), un noise / electronic lorgnant vers le harsh. Fortement influencés par la japanoise et les musiques extrêmes, Taichi Nagura (vocaux), Shin Yokota (drums), Koki Miyabe (guitares), Taro Aiko (synthés) et Etsuo Nagura (synthés) sortent Mama (2014), premier LP acclamé par la critique, sur lequel fusionnent noise electro expérimentale et riffs extrêmes en tous genres. Through The Mirror, sorti en 2017, continue d'alimenter la légende de ce groupe loué pour ses compositions mais pratiquement invisible sur scène en dehors du Japon.
Thrill Jockey Records aura la bonne idée de les signer en 2019 pour distribuer leur nouvel album, Boy Meets Girl, et promouvoir une première tournée européenne qui passera, enfin, près de chez vous au printemps prochain… 

Chronique

Boy Meets Girl ( 2018 )

Faudra bien se faire à l'idée : il y en a un qui n'est pas à l'abri de faire une connerie plus grosse que d'habitude et là, on pourra dire que ça sent le roussi. Mettons, au hasard, que le grand clampin orange à toupet jaune veuille prouver qu'il a la plus grosse ogive parce qu'un nain obèse avec la coupe de Jacquouille la Fripouille l'aurait provoqué en lui lançant un terrible « c'est celui qui le dit qui l'est ». C'est qu'il suffit d'un rien dans les hautes sphères de la diplomatie mondiale. Bref, deux génies se chamaillent, un redbull-bourbon de trop, la main qui glisse sur le bouton rouge et paf ! c'est la boulette... Riposte immédiate, escalade, fin des ogives, fin des humains. Ou presque. La fin des temps. Plus rien. Plus de musique. Plus de musique !?

Pas de panique. A ce niveau, il restera toujours Endon, groupe de Tokyo, qui, il est vrai, se prépare depuis un long moment à « l'après » ; à demain. Pratiquant d'abord le « catastrophic noise metal », style dont ils s'étaient auto-affublés lors de la sortie de Mama, leur premier chef-d’œuvre post-apocalyptique en 2014, les cinq maboules (Taichi Nagura aux vocaux, Koki Miyabe à la gratte, Shin Yokota aux drums, Taro Aiko et Etsuo Nagura aux bidouillages électroniques en tous genres) étaient revenus en 2017 pour délivrer Through The Mirror, album déjà quelque part entre l'extrême / expérimental / noise et le bruitisme si cher à Merzbow, Masonna et à la japanoise en général. Après ce disque majeur de l'année 2017, il devenait urgent pour Endon de trouver à explorer d'autres visions sonores et d'autres manières d'expérimenter les vicissitudes des mondes ignorés. Ainsi naquit Boy Meets Girl (en septembre 2018 pour sa seule version CD au Japon et en février 2019 pour le reste du monde grâce à Thrill Jockey Records), présumée bande originale d'un film d'horreur imaginaire qui parlerait de l'amour et de sa redécouverte par une future génération, celle de la renaissance, émotionnellement plus proche du Paradis Perdu que des bordels de Manille. Ça c'est l'alibi, mais en réalité Boy Meets Girl pue l'uranium enrichi et l'essence gélifiée. L'acide chlorhydrique et les carbamates. Boy Meets Girl est un album produit (par l'excellent Atsuo de Boris) pour être joué live à Tchernobyl, la nuit, devant des écureuils à trois têtes, des poulpes en santiags et des ornithorynques qui jouent au foot avec des raquettes.

Que les riffs de Koki Miyabe cherchent à remonter vers les sources du post-punk ou du noise-rock, Taichi Nagura hurle (Heart Shaped Brain, Boy Meets Girl), gémit (Doubts as a source) et hulule (Lova amnesia). Que la six cordes bastonne façon Dictators (Final acting out), qu'elle s'émancipe de son avenir interdit sur des harmonies bluesy (Red shoes) ou qu'elle retrouve la voie de Bad Brains, de The Damned ou des Dead Kennedy's (Not for you), Taichi gueule à s'en démantibuler les mâchoires et les drums de Shin Yokota jouent le jeu du « proto-retro-post » (ouais, c'est vrai, ça pique aux yeux mais il y a de ça)... Les arrangements electro-indus confisquent l'air, aux confins du harsh noise (Born again) et invitent l'audace à cette cérémonie intime célébrant les noces de plutonium entre un embaumeur et une graine de coquelicot. Entre le vieux mort et le bientôt né. Les huit titres de Boy Meets Girl semblent enregistrés au fond d'une cuve de laminoir vidée depuis un siècle. Alors le résultat sonne comme il se doit, lorsque l'on revient de tout et que l'on file vers nulle part : un son raw, rêche, presque évanoui et pourtant si dense. Tellement sale que ça en devient beau, par irradiation.

Endon est un des groupes extrêmes les plus sous-estimés de ce siècle. Leurs trois albums sont indispensables. Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes…



PS : Endon en tournée européenne (leur première) ce printemps w/ Sumac et Baptists.

Endon

Style : Experimental noise
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Origine : Japon
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