logo Endless Boogie

Biographie

Endless Boogie

Endless Boogie est un groupe de Blues Rock / Heavy américain, originaire de New York. Très discret, ne disposant pas de page wikipédia ou d'artifices médiatiques modernes, le groupe fait de la musique, et c'est à peu près tout ce qu'on leur demande. Venant de la scène underground new new-yorkaise, ces musiciens de jam exercent depuis la fin des années 90 un Blues Rock comme on en fait plus beaucoup aujourd'hui. Ces musiciens expérimentés (dont le chanteur a tout de même 58 ans), ont un son caractéristique, très proche d'un Fleetwood Mac, de The Stooges, Hawkwind, Blue Oyster Cult ou encore AC/DC. Avec des morceaux d'une longueur moyenne de 10 minutes, le groupe s'amuse à nous asséner ses riffs psychédéliques, souvent malsains, en boucle, avec en arrière plan une section basse batterie au groove charismatique, et au premier plan des guitares d'une qualité et d'une profondeur assez hallucinantes.

Après deux premiers LP en 2005 (Volume 1 Volume 2), ils sortent Focus Level en 2008 puis Full House Head en 2010, tous deux acclamés par la critique. Puis viendra le tour de Long Island, qu'ils produisent et sortent en 2013. Très difficile à capter, ils se produisent à l'occasion dans des bars, et jouent longtemps et très fort ! Très peu vivant sur le net, le groupe sort de plus en plus de l'ombre et bénéficie d'une certaine renommée. Ce qui est sûr, c'est que le groupe n'a pas inventé le genre, loin de là, mais l'a en quelque sorte ressuscité, et remis au goût du jour, et ça, ça fait vachement plaisir!

Line up :

Mark Ohe : : Basse
Harry Druzd : Batterie
Jesper Eklow : Guitare
Paul Major : Chant, Guitare

Chronique

16 / 20
6 commentaires (16/20).
logo amazon

Long Island ( 2013 )

Endless Boogie, comme son nom semble l'indiquer, propose à nos oreilles avides de sensations fortes une musique au principe simple, mais à l’exécution complexe ; un boogie groovy (ou l'inverse) reposant sur une basse / batterie monotone mais hypnotique qui s'étale à l'infini, avec, planant au dessus de ce ciment monolithique, une surenchère de guitares aériennes, à la limite de l'impro, pour un résultat psychédélique et ultra groovy qui fleure bon les 70's.
Avec un son au premier abord très blues, le groupe nous emmène très rapidement sur des sentiers atypiques (de nos jours) où guitares old school, rythmiques binaires et escapades psychédéliques à base de bottle-necks se mêlent (The Artemus Ward), aux pieds d'un front man à la voix fiévreuse et charismatique, qui ne cessera de mystifier un peu plus cette musique étrange de ses paroles endiablées.

Avec ses nuances stoner très subtiles, un front man caméléon et la superposition d'une quantité astronomique de nappes de guitares électriques, Endless Boogie possède un charme fou, un charme qui opère très vite, une fois assimilé le style. Non, ici pas de stoner burné, de riffs en cascade ou de batterie endiablée, la base de leur son est définitivement blues, le rendu parfois hard rock, et les inspirations autant 70's (British Blues Bloom, Ten Years After, un peu des Doors, d'Hawkwind, de Can et un peu des Stones) que 80's (AC/DC). Endless Boogie joue de la musique d'avant, une musique mystique, aux accents sauvages, aussi suave que dangereuse, subversive et sombre.
Répétitif à en devenir fou, les compositions très longues de Long Island (dix minutes en moyenne) sentent le souffre, suintent la malignité et participent, une fois l'écoute terminée, au sentiment d'avoir entre les mains un objet unique, à l'ambiance vraiment particulière. Ce genre d'ambiance où, à chaque instant, tout est possible. Ce genre d'ambiance qui laisse bouche bée parce qu'on ne sait pas trop sur quel pied danser. Impossible à la première écoute d'être certain d'avoir apprécié, il faudra plusieurs écoutes, du temps et une ouverture d'esprit assez large pour faire rentrer cette musique de sorcier dans nos esprits. Car ce sont bien des sorciers ces gens là. Pour réussir à faire sonner aussi bien ce genre de riffs répétitifs (The Montgomery Manuscript / The Savagist), nous mettre dans la tête ces ambiances si particulières, il faut au moins être magicien, et sorcier si vous prévoyez de rendre les gens marteau. Difficile justement de mettre le doigt sur ce qui est plaisant dans leurs compositions qui bouclent indéfiniment : des nuances bien senties, une mécanique bien huilée, ce petit côté malsain, c'est à vous de juger mais le fait est que cela fonctionne vraiment bien. Et dans le genre musiciens aguerris, généreux et couillus (pas évident j'imagine de s'en sortir avec ce genre de style qui ne se ballade pas vraiment dans son époque), Long Island est à ce niveau un délice...

Alors si tu n'en as rien à secouer du dernier méfait hardcore progressif post apocalyptique en short (avec des mèches), que le stoner classique t'ennuie (bah oui à force hein...), que tu préfères les guitares blues heavy façon magie noire à la Hawkwind Blue Oyster Cult, cet album de vieux sorciers, concocté par d’authentiques adeptes d'une époque lointaine est fait pour toi.

A écouter : Avec des amis docteur en voodoo...