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Biographie

Employed To Serve

Les Anglais originaires de Woking dans le Surrey pratiquent depuis 2012 un Hardcore multiple, d'abord très influencé par Converge, Botch ou les premiers Every Time I Die, puis intègrent rapidement des éléments plus Metal ou Screamo. Employed To Serve sort un premier EP en 2012 (Long Time Dead) suivi d'une démo en 2013. Mais les choses sérieuses commencent avec la sortie d'un autre EP plus abouti, Change Nothing Regret Everything, en 2014, qui orientera définitivement le quintet vers les chemins de la création. S'ensuit un split avec A Ghost Orchestra l'année d'après et surtout le premier album Greyer Than You Remember, bénéficiant d'une production aux petits oignons et abrité par Holy Roar Records. Le groupe continue d'évoluer en intégrant des parties post-punk à leurs compositions sur le deuxième album The Warmth Of A Dying Sun en 2017, puis en concrétisant la chose sur le long format suivant, Eternal Forward Motion, pondu en 2019 chez Spinefarm.

Chronique

16.5 / 20
1 commentaire (15.5/20).

Eternal Forward Motion ( 2019 )

Quintet anglais passé honteusement sous nos radars, Employed To Serve s’emploie (lol) à déboîter généreusement des mâchoires depuis 2012, quand même. Des débuts clairement influencés par le hardcore à la sauce Botch, Converge ou celui de leurs regrettés compatriotes d’Eden Maine, en particulier sur le premier EP Change Nothing Regret Everything de 2014, puis de manière plus étendue et personnalisée sur le premier album Greyer Than You Remember paru un an plus tard. Un objet qui posait les solides jalons d’une lourde correction aussi débridée que bigarrée dans son exécution. Rendu massif, écriture d’exception et profond sens du groove ont forcé l’admiration à l’époque, du moins au sein du monde anglo-saxon. Le deuxième et tout aussi excellent long format The Warmth Of A Dying Sun perfectionnait la formule en 2017, ouvrant davantage la voie au spleen post-punk tout en accentuant le gras.

Eternal Forward Motion sonne alors comme le disque de la "maturité", qu’on ne peut simplement réduire à cette formule usagée, car certes la spontanéité s’est légèrement effacée, mais pour mieux optimiser une écriture pourtant déjà tout à fait remarquable. Entre sévère défouraillage, quasi constant, et respirations ponctuelles ou plus étalées, l’équilibre est ici idéal. Le morceau éponyme exprime d’emblée l’ensemble des émotions qui parcourent l’album : gros riffs mutants, screams écorchés vifs de la hurleuse en forme olympique, rythmique ample et déconstruite, poussées mélodiques plus ou moins impromptues et incursions nauséeuses. La suite se déroule donc naturellement, accroche les conduits auditifs et s’agrippe aux viscères beaucoup trop facilement, comme sur le feeling possédé de Dull Ache Behind My Eyes ou le grain du maladif et (donc) formidable Harsh Truth pas très loin des intentions d’un Will Haven.

Environ à mi-parcours l’espace est un instant investi par de la mélodie fébrile (Sore Tooth Twin), afin de plus correctement nous péter les dents avec le tubesque Force Fed aux accents metalcore prononcés. Le genre de titre casse-gueule qui pourrait vite horripiler s’il n’était pas si magistralement écrit et interprété, notamment ces deux voix hurlée/claire, féminine/masculine, qui se renvoient la politesse non sans ironie. On pourrait aussi évoquer les montagnes russes du génial Suspended Emptiness à la basse craquelée, la machine à broyer des nuques Reality Filter alimentée en intraveineuse par un beatdown de première division, d’où quelques notes claires de six-cordes parviennent finalement à émerger, ou bien l’enchevêtrement instrumental euphorique de Owed Zero. Mais on s’attardera sur Bare Bones On A Blue Sky plus long que les autres, terminant les hostilités dans un bain de sang et d’os brisés suspendu, nos corps à la merci des coups, frappés par des forces invisibles et sournoises, pour finir étalés face contre bitume, laissés pour mort.

Troisième branlée en long format Eternal Forward Motion expose un contenu qui nous balade sans temps mort entre violence hardcore exacerbée, pulsations metalcore rondement menées et sensibilité screamo ébouriffante, modelé par une écriture irréprochable qui rend accro presque instantanément. Les Anglais définitivement Employé.e.s pour servir le bien commun de nos oreilles gourmandes, qui en redemandent.

Eternal Bandcamp Motion.

A écouter : facilement.