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Biographie

Elliott

Chris Higdon: Chant/Guitare
Kevin Ratterman: Batterie/Clavier
Jason Skaggs: Basse
Benny Clark: Guitare

Elliott voit le jour en Automne '95 lorsque Jay Palumbo, bassiste de Empathy, se voit forcer de quitter le groupe pour cause de déménagement. Destination Louisville, dans le Kentucky. Il y rejoint Chris Higdon et Johnathan Mobley qui viennent tous deux de mettre un terme à leur précédente aventure: Falling Forward. Elliott enregistre un premier 7", bien distinct des productions hardcore de ses anciennes formations (Falling Forward, Empathy, By The Grace Of God et de Sunday Evening Diner Club), et se tourne vers une musique plus mélodique, aux accents à la fois rock et emo. Les contours de la musique d'Elliott se dessinent, et Kevin Ratterman, en poste à la batterie, se joint au reste du line-up un an plus tard précisément.
Le quatuor enchaine alors les tournées sur le continent Nord Américain, jouant aux côtés de groupes aux styles variés (Rock Alternatif, Metalcore), pour finalement se faire remarquer par l'écurie Revelation (Sense Field, Texas Is The Reason). Deux sessions d'enregistrements et US Songs, premier album du combo', paraît en 1998.
Dès lors, des formations telles Fugazi, Quicksand ou Radiohead, se feront de plus en plus présentes dans la musique d'Elliott, et même si quelques similarités avec l'oeuvre de Jimmy Eat World pointent, False Cathedrals marquera de son empreinte la scène rock indépendante, faisant figure de chef d'oeuvre pour de nombreuses personnes. Sombre, plaintif, corrosif, l'objectif du quartet est atteint puisque leur style unique est désormais reconnu. De plus, même s'il s'agit là de la première production de Tobias Miller, ce dernier avait eu l'occasion de travailler avec des artistes tels que Fiona Apple, The Wallflowers, ou bien encore Korn.
2000 et 20001 sont prompts à de nouvelles tournées, dont l'Europe, et en Juillet, Chris et ses comparses attaquent leur troisième opus: Song In The Air. A cette occasion, ils accueilleront deux nouveaux membres remplaçant les précédents, à savoir Benny Clark (Guitare) et Jason Skaggs (Basse). Annoncé comme un EP de courte durée, le processus de création se développera, pour prendre la forme qu'on lui connaît actuellement. Song In The Air verra également la participation d'une section de cordes instiguée par Christian Frederickson (The Rachel). A noter que Chris Higdon a pu faire une apparition sur Three Four ("We Start To Drift") de Shipping News, ainsi que sur l'album tribute à Weezer ("The World Has Turned And Left Me Here").
10 Août 2003: le groupe annonce sa séparation après 8 ans d'effort en commun. Deux ans plus tard, un album posthume verra le jour, retraçant ainsi les deux dernières années de tournées post-split: Photorecording.

Chronique

Photorecording ( 2005 )

Oeuvre de consolation pour certains, de souvenirs pour d'autres, Elliott dévoile un album posthume en guise de dernier adieu. Loin des Greatest Hits, et autres disques-hommages qui prolifèrent ces derniers temps, Photorecording relate l’histoire d’une décennie vouée à la musique. Portrait...

Un ciel ombrageux teinté de mauve, l'Artwork de ce Photorecording n'est pas sans évoquer l'atmosphère de cette œuvre délaissée qu'est False Cathedrals. Au grès des trente instantanés qui composent le livret, paysages, découvertes et rencontres imagent ces deux années passées à tourner au delà de frontières tant territoriales que musicales. Durant leur escapade au pays du Soleil Levant, les auteurs de Song In The Air se verront guidés par leurs compatriotes de Your Black Star, ainsi que des classieux nippons de Drum:kan, dont ils ne tarissent d'ailleurs pas d'éloges. Louanges que la musicalité d'Elliott a souvent suscité, tant sur le plan des compositions, que de leur interprétation en Live. Et c'est bien là l'objectif visé par Photorecording: retranscrire cette magie déclamée.

Visuellement, cette tâche incombe au DVD, qui, paré d'une interface minimaliste, propose un documentaire alternant titres live et entretiens: In Transition.
Durant 40 minutes, la caméra suit les pérégrinations du quartet, notamment lors d'un passage épique où Chris Higdon et Benny Clark copinent avec d’insolents pingeons, et ceci pour le plus grand malheur du guitariste. A côté de cela, ce documentaire livre les points de vue des membres sur leur carrière, ainsi que celui très intéressant d'Eva, leur manager, qui se questionne encore sur l'obscurité enveloppant la formation, restée indépendante à jamais. Quant aux concerts, lumière est faite sur l'ensemble de la discographie du combo: "Speed of Film", "Blessed By Your Own Ghost", "Believe", "Suitcase And Atoms". De quoi donner un large aperçu de leurs prestations sur des titres variés, dramatiques mais apaisants, sombres et sensuels. Chris Higdon vit ses mélodies, voix déchirante de fragilité, yeux clos, imprégné de sueur pour une interprétation éreintante ("Speed of Film"). Les autres membres ne sont pas pour autant en retrait, Benny Clark berce l'auditoire tant par ses notes que par ses mouvements chaloupés; de son côté Kevin Ratterman dynamise les morceaux de contre-temps percutants, tandis que Jason Skaggs semble somnoler, signe d'une emphase gestuelle. Un disque à la fois court et long, mais terriblement intense.

De quoi satisfaire les adeptes, mais il ne s'agissait là que d’une mise en bouche, le CD recelant de nombreux joyaux. Aux quarante précédentes minutes viennent ainsi s'ajouter soixante-dix minutes enregistrées par le groupe en Studio, mais dans des conditions Live. Les sept premières plages, emplies de nostalgie, distilleront les morceaux phares de False Cathedrals ("Drive Onto Me", "Calm Americans"), de Song In The Air ("Drag Like Pull", "Away We Drift"), une ellipse temporelle faisant place à leur premier opus ("Dionysus Burning"). La qualité, l'émotion répondent à l’appel, et la nouveauté vient leur emboîter le pas. Les sept pistes, faisant office de seconde partie, proposent des versions alternatives parfois Electro-Dance ("Drive"), ou des variantes obscurcies telle "Carry On". Elliott s'adonne également à l'expérimental avec ce titre évincé de False Cathedrals ("This Programm Is Not Responding"), ou par la version originelle, aux dissonances industrielles, de "Believe". Photorecording s'achève finalement sur ce qui aurait dû introduire False Cathedrals, et plus précisément "Calm Americans", durant de douces minutes. Sérénité angélique...

Mémorable, original, Photorecording met en lumière la carrière trop peu reconnue d'un groupe aussi influent que ceux précités en biographie. On regrettera toutefois la place minimaliste accordée aux commentaires figurant sur ce que l'on appelle une "J-Card", à savoir ce carton prenant place sur la tranche de la boîte. Il y aurait tant à dire, tant à découvrir, le temps de nous remettre de nos émotions en espérant un retour sur le devant de la scène de chacun des membres d'Elliott: '[...] I Believe In You[...]'.

A écouter : Tout...et voir.