Biographie

Drunkdriver

Mike Berdan (Chant)
Kristy Greene (Guitare)
Jeremy Villabolos (Batterie)

Originaire de New York, Drunkdriver sort un premier album, Born Pregnant, en 2008 sur Parts Unknown Records. Hystérique, le trio fleure déjà très bon la noise ravagée qui blesse les chairs autant que les âmes. Après une poignée de 7", Drunkdriver enregistre un second full-length qui pousse encore plus loin leur noise punk dans l'extrême. Ce dernier devait à l'origine sortir en 2010 sur Load Records. Malheuresement, le groupe ne résiste pas à l'affaire de moeurs dans laquelle le batteur (celui qui joue aussi dans Pygmy Shrews) est impliqué et se sépare en mars 2010. Il en résulte l'annulation de la sortie du disque sur label de Lightning Bolt et Coughs, ainsi que l'annulation de la tournée qui devait passer par l'Europe.

Chronique

16 / 20
2 commentaires (15.5/20).

Drunkdriver ( 2010 )

Du feu rouge dans une nuit noire. Je crois que rarement, une pochette aura aussi simplement et justement synthétisée le contenu d'un disque. Ce deuxième LP de Drunkdriver fait suite à Born Pregnant, premier album sorti sur Parts Unknown, label responsable de Homostupids ou encore Pissed Jeans. D'ailleurs, difficile de ne pas faire la corrélation avec la bien nommée mandale King Of Jeans de 2009. Le retour de baffe s'appelle Drunkdriver en 2010, et cela, même si l'approche des Pissed Jeans se veut légèrement moins virulente mais également davantage maîtrisée. Chez Drunkdriver, absolument tout avance à grand pas dans la même direction. Que ce soit le riffing toujours saturé et acéré comme du fil barbelé méchamment oxydé, le chant maladif et halluciné, ou ce batteur dont le but est de te tabasser au fond du garage, tous les éléments renvoient avec acharnement à une recherche perpétuelle de véhémence et de nihilisme. C'est cette attitude vierge du moindre compromis qui vaut à ce disque un feeling purement Hardcore ravagé et ravageur, complètement à la base de la personnalité tourmentée et malsaine de Drunkdriver. Une personnalité féroce et vampirisante catalysée par un chant littéralement vomitif, volontairement en retrait derrière le cisaillage, qui communique une viscosité dérangeante à l'ensemble des 9 morceaux, et cela même lorsque les guitares s'étirent pour mieux ramper ("Chocking Hazard").

"All The Dead Dogs", brûlot noise impitoyable, ainsi que la drastique conclusion de plus de 5 minutes ("Quality Of My Life"), jouxtent la stricte démence. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le trio, aujourd'hui séparé, a terminé sa course folle dans un fracas de taules froissées.  Ce disque aurait du sortir sur Load Records (Lightning Bolt, Vampire Can't, Landed, Shit And Shine), qui au dernier moment s'est rétracté, sans aucun doute la faute au split consécutif à cette très vieille histoire de viol dans laquelle le batteur est gravement impliqué. Réaction en chaîne oblige, c'est également leur venue sur le vieux continent qui est annulée. Ce disque sort donc tout droit des enfers.

Tracklist : 01 The Accident - 02 All The Dead Dogs - 03 Bad Year - 04 Choking Hazard - 05 Half Mast - 06 Haunting - 07 Network - 08 Prison Logic - 09 Quality Of My Life

Produit et distribué par le groupe lui-même, Drunkdriver est disponible sur leur site. Pressé à 1000 exemplaires seulement, il n'y aura pas de réédition.

A écouter : All The Dead Dogs - Quality Of My Life