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Biographie

Drum:kan

Akinori Hirao: Guitare/Chant
Hideyuki Sunaga: Basse
Satoshi Tsugahara: Chant/Guitare
Naoki Kojima: Batterie

Drum:kan se forme en 1995, sous l'impulsion de Satoshi Tsugahara, leur chanteur, mais également manager de leur label, Waver Waver. Deux ans plus tard, le quatuor éditera son premier album, Nimbus, qui lui permettra de se rendre à Los Angeles pour quelques dates. Début '99 sort leur second effort, Blend, et à peine quelques mois plus tard, Drum:kan se verra partager l'affiche avec Sunny Day Real Estate, Snapcase ou bien encore Feeder. Fin 2001, Satoshi et ses comparses sortiront leur troisième opus, Faze, précédé d'une date avec Grade. Fort de cette expérience de scène, Drum:kan s'engagera sur une tournée américaine avec Elliott, dont suivra l'édition d'un DVD live: Last Realize. Ce dernier coincidera avec la sortie de leur quatrième album, Louisville. Leur label, Waver Waver, décide alors de mettre en place un festival, Ex-Hivision, qui offrira, aux quatres Nippons, la possibilité de tourner avec Mae, Sense Field et Further Seems Forever en 2005. Cette même année vera la sortie de leur cinquième album : Save The World. Et voilà déjà le sixième qui s'intitule As Life, et qui bénéficie des mêmes atouts de production que son prédécesseur.

13 / 20
1 commentaire (17/20).

Save The World ( 2005 )

Après dix années passées sur scène, quand ce n’est pas en Studio, Drum:kan souligne cet anniversaire en éditant son cinquième album, Save The World, toujours via Waver Waver (On Fire, Garrison). Kevin Ratterman (Elliott) conserve sa casquette de producteur, voire un peu plus, pour ce second opus anglophone, enregistré une nouvelle fois dans son Studio de Louisville.

Sans surprise notable, cet album suit les traces de son prédécesseur, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Malgré l’effort réel de Satoshi, que l’on peut souligner/saluer lorsque l’on prend le temps de faire la comparaison avec certaines formations anglo-saxonnes, les textes de Save The World continuent d’être axés sur les relations amoureuses, avec tout la souffrance et la déception que cela implique ("I Believe", etc.). La prononciation demeure approximative comme en témoigne "Keep Away" ; quant au chant, les paroles dans sa langue natale ayant totalement disparu, celui-ci perd largement en efficacité, en émotivité. De plus, son aspect lissé et clair prédomine, et des titres Pop Punk tel "I Promise You" ou  "Do You Know…" auraient incontestablement gagné en intensité avec ce chant éraillé si déchirant sur "Cat" (Faze). Save The World maintient ainsi certains travers, et un morceau comme "Shame On You", très représentatif, en devient exécrable.

Mais la force de Drum:kan réside toujours dans cette énergie, ainsi que cette capacité à dénicher des airs accrocheurs. La majorité des titres débute sur de belles introductions où la second ligne de guitare, tout en arpèges, dégage une vraie pureté. Innocence. L’objectif étant de contrebalancer celle-ci par une puissance qui emprunte sa musicalité aux scènes Pop-Punk ("Fed Up"), ou Power-Pop à l’image de "Out Of My Hand", ou "Spread Wing". Cette dernière alternance est assez flagrante, la rapprochant d’un morceau tel "Sweetness" de Jimmy Eat World. Au delà de cette mixité, le point fort de ce disque se matérialise par les lignes de batterie écrites par Kevin Ratterman ; sa griffe inimitable, et si jouissive, transpire sur "I Believe", "Out Of My Hand", et "Who Saves The World". Morceau le plus abouti de l’album, à l’Artwork signé par Naoki Kojima (Batteur), dont voici un extrait; cette piste bénéficie de vocalises de Chris Higdon (Elliott), malheureusement trop peu discernables, et c'est bien dommage lorsque l'on en saisit toute la portée. Malgré tout, certains ajouts contribuent à enrichir, voire sauver certains titres : les chœurs angéliques d’Akane Iwamoto ("Spread Wing", "I Can Feel You"), le clavier de Danny Cash (My Morning Jacket) sur "Keep Away", ou bien encore "Out Of My Hand" et ses sonorités sorties tout droit de Yoshimi Battles The Pink Robot (The Flaming Lips).

Deuxième essai pour Drum:kan et Ratterman, qui livrent une nouvelle fois un album en demi-teinte, légèrement en deçà de Louisville. La disparition du chant nippon dessert les mélodies, c’est encore une fois dommage lorsque l’on considère son impact sur un album comme Faze. Pour terminer, Drum:kan sera à l’affiche de la septième édition du Ex-Hivision en compagnie de Daphne Loves Derby. ‘Stay Tuned’.

Ecouter sur PureVolume: "I Believe"; "Who Saves The World"

A écouter : Who Saves The World; I Believe; Out Of My Hand; Spread Wing

Last Realize ( 2004 )

Ce Last Realize fait donc office de ‘split DVD’, retraçant la tournée 2003 Japon/USA, entre Elliott et Drum:kan ; "Suitcase and Atoms" (Elliott) en guise de générique d’ouverture, sur des images des musiciens arpentant les rues, faisant leurs emplettes dans des shops, ou s’adonnant au karaoké. Le décor est planté et la bonne humeur de rigueur.

Soyons honnête, à moins d’être réellement insatiables, les fans d’Elliott, qui se sont procurés Photorecording, n’ont pas de raison d’acquérir ce Last Realize. Pourquoi? La setlist tout d’abord qui est en tout point identique : "Away We Drift", "Drive on to me", "Dionysus Burning", "Blessed by your Own Ghost" (et non "Believe" comme affiché durant le set), "Calm Americans", "Shallow Like Your Breath", "Drag Like Pull" et "Speed of Film". Ce dernier morceau est d’ailleurs tout simplement le bonus présent sur Photorecording. Autre point litigieux : la qualité d’enregistrement. Que cela concerne les prises de vue, ou de son, le tout laisse à désirer : flou, contre-jour, optiques sales, faux-raccords. Différents shows sont en effet montés, les membres ne faisant pas montre de la même énergie sur le même titre, très flagrant sur les prestations de Drum:kan. Seul le bassiste d’Elliott parvient à nous tromper avec son indémodable t-shirt de Hot Snakes. Quant à l’enregistrement sonore, celui-ci a vraisemblablement été réalisé en prise directe avec le micro-caméra. On vous laisse imaginer le rendu, audible bien sûr, mais loin d’égaler celui de Photorecording. Malgré ces problèmes techniques, la magie et le savoir-faire d’Elliott tiennent en haleine, au summum de leur art, suant, dansant, gueulant...en transe. Une ambiance renforcée par la multiplicité des caméras, au nombre de 5. Bon point pour le coup, surtout lorsque l’on veut observer dans les moindres détails le jeu de Ratterman.

Un interlude précède la performance d’Elliott sur "Speed of Film", et montre leurs balances, sur les conseils avisés de Drum:kan. De même, à la fin de ce set de 45 minutes, caméra au poing, on suit les deux formations sur les routes US, dans l’Indiana plus précisément, pour un concert dans une salle accueillant la même semaine : The Slackers, Unsane et Q and Not U. Bref, de quoi saliver.

Débute alors le set de Drum:kan, l’occasion pour le spectateur de découvrir les performances live des Japonais. Malheureusement, outre les problèmes techniques présentés ci-dessus, le nombre trop restreint de titres joués s’ajoute à l’ensemble. A peine quatre titres (!) Alors que ces derniers en étaient à leur troisième opus. Le groupe s’en tire tout de même bien en terme de prestation devant ces demoiselles en chemisette : cuuuuuute ; Satoshi et Naoki ont la patate, ça se voit et ça s’entend, notamment sur les titres chantés en japonais (cf. chronique de Louisville). Au bout de trois titres, à savoir "I Know", "Tomorrow" et "Something", on a le droit à un nouvel interlude placé sous le signe de la convivialité, et se déroulant dans le studio de Ratterman à Louisville. On assiste d’ailleurs à la dernière prise, celle des chœurs de la piste cachée de Louisville, où tout le monde a bien du mal à garder son sérieux. Retour au show avec "Last Time", et Ratterman une nouvelle fois à l’honneur, mais cette fois-ci à la basse. Le générique de fin, sur fond de karaoké, vient alors clôturer ce Last Realize, avec en prime le clip de "Something" (Drum:kan).

Last Realize ou un DVD à posséder…en 2004, et qui subit incontestablement l’ombre de Photorecording. On regrettera finalement le set bien trop court de Drum:kan ; "Away", "Throw", "Alive in You" aux abonnés absents. Mais la bonne humeur, la musique, et l’énergie dégagées par les deux combos rendent la pilule bien plus facile à avaler.

A écouter : et voir.
13.5 / 20
0 commentaire

Louisville ( 2004 )

Clin d’œil au lieu d'enregistrement de cet album paru en 2004, Louisville marquait la rencontre de Drum:kan et de Kevin Ratterman, batteur de feu Elliott. Ce dernier leurs proposera par la suite une tournée sur la côté Ouest américaine, avant de prendre les commandes de leur cinquième opus. Pour l'heure, voyons si le frontman d'Elliott, Chris Higdon, avait raison de tant mettre en avant ses jeunes protégés sur Photorecording.

Si l'on en croit la biographie des Japonais, Drum:kan se plait à diversifier les genres, tant en tournée que sur ses disques, le tout avec bien évidemment plus ou moins de réussite. Louisville se pare ainsi de 11 titres d'un rock furieux, qui emprunte tant à la power pop qu'au punk rock, en passant bien entendu par l'emo. Les morceaux les plus attrayants disposent d'un format court ne dépassant pas les 3 minutes, aux refrains accrocheurs, et développent des sonorités indie rock alliées à la puissance du punk rock. Des titres tels que "Throw", ou "Alive In You" imagent cet état de fait, la voix éraillée de Satoshi venant durcir le ton, et quelques soli aérer les compos. Drum:kan intègre également des éléments emoïques, notamment des breaks plein d'arpèges ("Last Time"), ou bien à deux reprises un piano ("Crying More", piste cachée de "Away"). Une alchimie qui atteint son apogée avec "Away" justement, et déjà présente sur Blend, piste clôturant l'album, où chant écorché, riff hypnotique, batterie au tempo varié servent un rock agressif poignant, que l'on se passerait en boucle. L'énergie est sans conteste le moteur des compositions de Drum:kan, mais ce n'est malheureusement pas le cas sur la majeure partie de l'album. Des titres comme "Nothing Left In Me", et son riff rappelant "All My Life" des Foo Figthers, les popisantes rock ("So Long") et punk ("Tomorrow") sentent le réchauffé, et à la longue (trop longue?) en viennent à lasser.

Autre point sujet à polémique, les paroles de Louisville. Celles-ci abordent des thèmes comme la souffrance, le rêve, les promesses, ou bien encore la séparation, en résumé, la sensibilité emo du groupe. Le problème vient du fait que le combo a pris le parti de les chanter en anglais. Certes, l'auditeur se retrouve face à des refrains accrocheurs, c'est là le bon point, mais avec une approche de ces thèmes bien trop futile, survolée. La prononciation s'avère approximative, et Satoshi semble tellement porté sur celle-ci qu’il ne peut en aucun cas donner la pleine mesure de son interprétation. La solution se situe au sein de deux titres parmi les plus aboutis de Louisville, "Away" et "Alive In You", qui différencient les refrains dans la langue de Shakespeare, des couplets dans celle de Kurosawa. Conséquence: la sincérité des propos est alors au rendez-vous, et ce en temps voulu.

En définitive, Drum:kan et Ratterman livrent ici un album 'bancal', mais qui, sur sa conclusion, laisse présager d'excellentes choses quant à la suite. On pense bien entendu à Save The World, paru cette année, espérons seulement qu'ils auront su faire les bons choix. To be continued...pardon, à suivre.

Télécharger des samples: "I Know", "Last Time"
Télécharger: "Away" sur PureVolume.

A écouter : Away; Alive In You; Throw; I Know; Crying More